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Le regard dans les arts plastiques et la littérature (Angleterre, Etats-Unis)
Angel-Perez Elisabeth
SUP
19,00 €
Épuisé
EAN :9782840502968
Du coup de foudre au regard hypnotique quinstrumentalise celui sur qui il se porte, du regard désirant (ou dévorant) au regard envieux qui trahit l'absence de cette complétude que l'observateur soupçonne chez l'autre mais dont il est lui-même dépourvu, le regard semble paradoxalement toujours dire le creux, la béance. Le regard inscrit presque à coup sûr des problématiques violentes: parce qu'il circonscrit le visible, il donne à penser l'immensité de ce qui ne l'est pas. La tragédie du perdre de vue menace sans doute toute opération du regard. Le regard ne se contente pas de rendre l'?uvre et le spectateur visibles, ce faisant, il les crée ou les fonde. Ancré dans la gestuelle, le regard se lit, pourtant, se déchiffre, s'inscrit comme si lui était attachée une véritable grammaire. Le langage des yeux, comme l'énonciation, dit le rapport au monde de celui qui le porte. Fenêtre de l'?uvre, comme il est la "fenêtre de l'âme", le regard, signe de l'échange pré-ou post-verbal, s'inscrit dans un ailleurs de la parole: absente, la parolest "fantomisée" par le regard qui la dit de façon muette (celui du peintre et de ses sujets); pleine, la parole - celle de l'écrivain cette fois - se construit autour de cette relation que tisse le regard et qui toujours lui échappe, et la gageure du poète consiste alors à trouver les mots pour décrire/d'écrire/décrire ce qui ce qui ne peut se dire. C'est autour de ces deux axes que s'articule ce numéro de Sillages Critiques, né des travaux du groupe de recherches sur la littérature de langue anglaise de PariIV-Sorbonne. Texte et Critique du Texte
Liliane Campos est maître de conférences en études anglophones et théâtrales à l'université de la Sorbonne Nouvelle. Ses recherches portent sur les rapports entre la littérature contemporaine et les sciences. Elle est l'auteur de The Dialogue of Art and Science in Tom Stoppard's Arcadia (2011), et a dirigé un numéro spécial d'Alternatives théâtrales intitulé Côté sciences (2009) et co-dirigé, avec Julie Vatain, Lectures de Tom Stoppard: Arcadia (2011).
Prologues au Brexit et à la crise de la mondialisation, les deux pièces de ce volume témoignent de l'état de l'Angleterre et du monde. Mirror Teeth est une comédie grinçante en trois actes. A force d'expressions fossilisées et de situations stéréotypées tirées du quotidien de " la petite Angleterre ", la langue acerbe de Gill invente du neuf et surtout du vrai sur le monde globalisé, la famille, la xénophobie. Le premier acte se passe chez les Jones, une famille typiquement anglaise, structurée par le machisme du père, le racisme de la mère, la frustration sexuelle de la fille et le pédantisme du fils, jeune étudiant. Le deuxième acte entraîne la famille au Moyen-Orient. Curieusement, la maison n'a pas changé, et les préjugés non plus. Le troisième acte se déroule dans le même pays et démarre par le récit cocasse du camouflage d'un cadavre. Entre jusqu'au-boutisme colonisateur et freudisme caricatural, la comédie se fait forme par excellence du tragique. Sand, pièce inédite jusqu'ici, prend le contrepied de cette mécanique comique bien huilée et s'attaque à la prolifération de l'arme atomique. L'action, portée par une narratrice, circule entre époques et lieux divers (Corée du Nord, Hiroshima, Newcastle) concernés par la problématique de l'arme nucléaire jusqu'à ce que le texte, comme le monde, se pulvérise en un sable apocalyptique.
La scène anglaise contemporaine est le témoin d'une radicalisation des partis pris, esthétiques comme politiques. Sous la plume inspirée d'artistes visionnaires et de poètes-dramaturges, le " New brutalism " et les " In-Yer-Face " côtoient ainsi le minimalisme intimiste d'un Pinter ou d'un Crimp, le " docu-drama " et le réalisme féministe, la comédie brillante d'un Stoppard. Fatigué de l'impasse postmoderne, le millénaire naissant invente de nouvelles formes dramatiques et s'emploie repenser les genres. Les textes réunis ici cernent les contours de ces dramaturgies novatrices qui célèbrent, chacune à sa manière, un théâtre transgressif et nécessaire. Consensuelles dans la subversion, les grandes voix du théâtre contemporain ont leur place dans ce panorama. Harold Pinter, Edward Bond, Tom Stoppard, Caryl Churchill, Sarah Daniels, David Hare, David Edgar, Peter Barnes, Howard Barker, Martin Crimp et Sarah Kane explorent la complexité de notre société et mettent en garde contre ses funestes dérives. Le volume se conclut sur un texte important et inédit d'Edward Bond.
Résumé : Cet essai porte sur les romans écrits par Georges Simenon au cours des années trente, aussi bien les " romans durs " que les " Maigret ", et en renouvelle profondément la lecture. Il y décèle un scénario latent. Hanté par le " vertige de la perte " qui le pousse à un retour fusionnel dans le Monde-Mère sous les espèces du rien, voire de la mort, l'écrivain l'exorcise en se réfugiant dans le contre-monde du Livre, par instinct de conservation, en " avare " de son désir. Mais il en conçoit de la mauvaise conscience, car il s'éprouve alors comme un escroc, ou un faussaire : c'est donner en effet pour réels, dans ses livres, des êtres et un monde de papier, sans vraie consistance. Pour se laver de ce péché d'escroquerie, il place dans ses romans des personnages qui sont ses doubles, assignés à des espaces mettant en abyme le Livre. Ce sont des boucs émissaires, car ils endossent la faute et, d'une façon ou d'une autre - en mourant, dans bien des cas -, l'expient, ce qui permet d'en dédouaner l'écrivain. Cependant, il n'y a là qu'un subterfuge puisque, en réalité, ce sacrifice expiatoire du Livre et de son démiurge se produit... dans un livre. C'est pourquoi, un roman terminé, Simenon n'a d'autre choix que d'en entreprendre un autre.
Le premier 19e siècle, dans l'immédiat héritage, problématique, de la Révolution française, est un moment décisif où se reconfigurent les rapports de la littérature et de la morale. Préparée en cela par le rationalisme des Lumières, la Révolution a mis à bas un système social et moral hiérarchisé ; désormais l'individu, promu sujet raisonnable et responsable, se voit imposer de redéfinir son identité, sa place et sa fonction. L'ouvrage se propose de brosser un panorama de la reconfiguration de la question morale dans cette période charnière, particulièrement riche et complexe.
Carraud Vincent ; Bayle Claire ; Meyer-Bisch Gabri
L'un des traits caractéristiques de Leibniz est son rapport, positif, érudit et essentiel à toute la tradition philosophique antérieure. Le rapport qu'il assume à celle-ci peut s'entendre par analogie avec les parties célèbres où les joueurs d'échec apprennent leur art : un bon joueur, instruit de l'histoire des échecs, reconnaît aux premiers coups l'ouverture choisie par son adversaire. Il s'épargne ainsi supputations et hypothèses. Se trouvent ici non seulement restitué ce que Leibniz a pensé des auteurs antiques et médiévaux mais encore analysé son bon usage de l'histoire de la philosophie. "