Il s?agit aujourd?hui de préserver l?héritage de nos prédécesseurs, et on trouvera dans cet ouvrage des témoignages directs de celles et ceux qui ont connu René Diatkine, ainsi qu?une étude et réflexion sur l?ensemble de son oeuvre. Plus encore, il s?agit de transmettre cet héritage sous une forme actualisée : l?élan psychanalytique donné à l?époque par René Diatkine et nombre de ses contemporains peut continuer à irriguer la psychiatrie contemporaine puisque loin d?être obsolète, la démarche psychanalytique s?inscrit dans le renouveau de la démarche clinique qui se fait sentir dans de nombreux domaines de la médecine. Tous les auteurs sont engagés dans la pratique institutionnelle : ils ont contribué ou contribuent encore à faire évoluer les pratiques et les concepts. Ils travaillent à articuler psychiatrie et psychanalyse en vue d?offrir à chaque patient, quelle que soit la gravité de sa pathologie, des soins dans lesquels la relation avec un ou des professionnels constitue un pivot thérapeutique essentiel. C?est là une part très importante de l?héritage de René Diatkine.
Quartier Florence ; Chaltiel Patrick ; Karavokyros
L'accueil existe désormais presque partout : c'est l'entrée à l'hôpital, c'est une unité de triage ou bien c'est le lieu dévolu à l'arrivée administrative du patient. Au-delà de cette hétérogénéité, de cette banalisation, nous avons voulu (re)trouver l'accueil comme démarche de soins bien particulière, en partie propre à la psychiatrie, et dans laquelle les infirmiers sont en première ligne en même temps que tous les intervenants sont concernés : médecins, psychologues, assistants sociaux. L'accueil est donné ici comme une intervention soignante à part entière, utile à proposer dans toutes les phases du traitement. Et pour donner force et concrétude à cette proposition, les auteurs sont allés sur le terrain et ont donné la parole à des infirmiers, infirmières, à des équipes, à celles et ceux qui sont en première ligne dans ce travail d'accueil. Nous sommes allés à Bondy, en Seine-Saint-Denis. C'est un des berceaux de l'accueil en France : dans les années 1980, Guy Bâillon et d'autres avec lui transforment la conception même du soin en psychiatrie. Nous sommes allés à Malévoz, en Suisse, où l'institution psychiatrique accueille le patient et sa famille dans un hôpital qui vit en osmose avec l'environnement urbain. Là aussi, des équipes multidisciplinaires, et en particulier les infirmiers, ouvrent de nouvelles voies, pensent le soin, sans se laisser démotiver par le contexte tendu ou les restrictions imposées. La démarche "accueil" peut être le moment où se redécouvre la liberté perdue.
Les soignants, les infirmiers, les médecins n'en peuvent plus ? C'est vrai. Le service public et le secteur psychiatrique avec lui sont en train de sombrer ? Peut-être. Inutile d'en rester à ces tristes constats. Sans gémissements ni polémique, la réflexion de Florence Quartier porte sur le travail clinique qui, de toutes façons, finit par s'effectuer, contre vents administratifs contraires et marée humaine envahissant les services de psychiatrie et de médecine... N'importe quel entretien avec un patient qui demande de l'aide recèle des potentialités thérapeutiques qu'il faut savoir déceler puis utiliser. Une écoute attentive, une théorisation souplement utilisée améliorent l'ordinaire des soins, apportent une bouffée d'oxygène aux soignants, aux médecins, aux psychiatres, trop souvent asphyxiés par des contraintes diverses... et surtout leur donnent les moyens de définir leur action, de délimiter leur rôle et s'ils le souhaitent, de faire entendre leur voix. Cet ouvrage, fruit d'une expérience de terrain, est écrit à partir de là où se fabrique - et se transforme ? - la médecine et la psychiatrie publiques d'aujourd'hui, où s'inventent des pratiques cliniques contemporaines. Il est destiné à tous les praticiens soucieux de soumettre leur pratique quotidienne à un vrai questionnement sur sa nature et ses fins.
La cloche est l'un des plus vieux instruments sonores que nous connaissions. Dans les territoires où les troupeaux d'élevage sont conduits dans des pâturages collectifs, les paysans attachent des cloches au cou des animaux: elles servent à l'identification des individus appartenant à un troupeau particulier, à la localisation des bêtes et à la cohésion du troupeau. C'est sur ce type de cloches destinées au bétail, aussi appelées sonnailles, que se concentre ce livre. Pour raconter leur histoire, remontant à l'Antiquité, leur fonction utilitaire et sociale, la diversité de leurs formes et des motifs qui y sont représentés, Claude Quartier est allé à la rencontre d'éleveurs, mais aussi des artisans du feu, des forgerons et des fondeurs, des sociologues et des historiens. Sonnailles paysannes, cloches en bronze et toupins d'apparat... L'auteur nous conte les cloches par région, de la Suisse romande à la Suisse alémanique et italienne, jusqu'aux terres environnantes. Il analyse la présence des cloches dans l'art et les histoires populaires, les proverbes, sans oublier leur importance dans les poyas ou les désalpes. Les collectionneurs et musées ont mis à disposition leurs plus beaux objets et des images rares pour illustrer cet ouvrage. Celui-ci débouche sur le présent en s'intéressant aux cloches modernes et à la place de la cloche dans la "suissitude". Bel exemple de la culture paysanne et alpine, les cloches sont devenues un véritable symbole de la tradition helvétique, d'où leur extraordinaire popularité, en Suisse mais aussi au niveau international.
Giannakopoulos Panteleimon ; Quartier Florence ; K
En ce début du XXIe siècle, le spectre du vieillissement des sociétés occidentales est de plus en plus présent. La crainte d'y penser peut conduire à des scénarios catastrophes ou, pire, à délaisser les personnes âgées. Rien de tel: vieillir n'est pas synonyme que de pertes et de défaillances. Vieillir, c'est tout un processus dont on commence seulement à voir la très riche complexité. Les familles, les aidants, les psychiatres, les infirmiers, les généralistes, les neurobiologistes mais aussi celles et ceux qui définissent les politiques de soins, tous sont concernés. La vieillesse a de l'avenir! Ce livre veut rester au plus près des réalités actuelles tout en ouvrant grand la porte sur les perspectives du futur. Nos pratiques témoignent de la richesse du processus de vieillissement, des inquiétudes et des espoirs des intervenants et de l'attention qu'il s'agit de garder sur l'évolution des connaissances. L'équilibrage entre ces différents éléments se retrouve dans tout le champ de la santé mentale et, en cela, la psychiatrie de la personne âgée peut être un modèle d'avenir pour toute la psychiatrie. On est obligé de trouver de nouvelles articulations entre neurobiologie, histoire intime, expression des affects, dynamique relationnelle et familiale, entre recherches et psychothérapie. Le questionnement sur la fragilité des connaissances devient une aventure quotidienne. Au moment où la psychiatrie dans son ensemble s'interroge, s'inquiète ou flanche sous le poids des contraintes institutionnelles et politiques, ce sont des propositions claires et déterminées qui sont faites ici en vue de donner aux psychiatres ainsi qu'à tous les intervenants en psychiatrie et en médecine une identité forte et le désir de poursuivre leur action.
Dans ce second volume d'Attachement et perte, John Bowlby poursuit son travail sur l'importance de la relation parentale et le rôle qu'elle joue dans la santé mentale. Il étudie la séparation et l'angoisse concomitante: la peur d'une séparation imminente ou imaginée, la peur induite par les menaces parentales de séparation et l'inversion de la relation parent-enfant. John Bowlby réexamine les situations qui causent en nous un sentiment de peur et les compare à des observations du même ordre chez les animaux. Il conclut en montrant que la peur est suscitée le plus souvent par des situations inoffensives en soi mais qui servent à signaler l'accroissement du risque de danger.
Les enseignants et formateurs du XXIe siècle peuvent-ils espérer que la psychologie scientifique les aide dans leur pratique? Cet ouvrage prend le parti d'affirmer que, même si la science ne peut apporter toutes les réponses attendues, elle peut identifier des conditions nécessaires mais non suffisantes! pour « apprendre et faire apprendre »: des conditions liées aux caractéristiques des apprenants en interaction avec celles de leur environnement d'apprentissage. Les psychologues d'aujourd hui n'étudient plus l"« Apprentissage » avec un grand « A », comme s'il s'agissait d'un objet défini et statique. Ils préfèrent en décrypter les mécanismes et les dynamiques spécifiques. Leur objet est donc moins « l'apprentissage » qu" « apprendre », verbe d'action qui permet d'intégrer les facettes cognitives, affectives et sociales en jeu. L'expression « faire apprendre » rappelle par ailleurs que l'action ne se déclenche pas nécessairement d'elle-même. Elle nécessite une implication de l'apprenant lui-même, mais aussi de celui qui lui transmet connaissances et compétences: l'enseignant, le formateur ou tout autre éducateur. Les auteurs ont dès lors choisi de convoquer les sous-disciplines de la psychologie qui, en 2006, peuvent l'éclairer: les neurosciences cognitives, dont fait partie la psychologie cognitive, la psychologie différentielle, qui cherche à comprendre les spécificités individuelles, la psychologie du développement, mais aussi la psychologie sociale et la psychologie de la motivation. En plus d'être collectif, cet ouvrage est donc pluridisciplinaire et fondé sur les travaux de recherche les plus récents, tout particulièrement dans les différents pays francophones.
Héraclès, Thésée, Jason, Athéna, Zeus... Tous ces héros et ces dieux nous sont familiers, mais connaît-on véritablement les mythes qui s'attachent à leurs noms? Pourtant, Ceux-ci revêtent une importance considérable pour qui se passionne pour l'histoire de la pensée humaine. Mais l'intérêt de les connaître concerne aussi chacun d'entre nous. Constamment repris, réutilisés dans la littérature antique, médiévale, mais également contemporaine, ils sont devenus des références que nul ne peut ignorer, un patrimoine que chacun se doit de connaître. Pierre Grimal, grand spécialiste des études latines, n'a pas eu pour objectif de proposer un système explicatif de ces mythes, mais de les faire connaître et d'apporter ainsi des éléments indispensables à la compréhension de nombreux textes et oeuvres d'art. Fruit d'un colossal travail d'inventaire et de classement des textes, ce dictionnaire est d'un abord simple, clair et précis. Classés par ordre alphabétique, les mythes sont accompagnés des références des textes qui en font mention. Complet et pratique, cet ouvrage publié en 1951, réédité de très nombreuses fois, est toujours précieux.
Ce vocabulaire est un succès inégalé depuis sa première édition en fascicules dans le Bulletin de la Société française de philosophie, de 1902 à 1923 puis en volume (18 éditions reliées, 2 éditions en poche). Le but originel de l'auteur était de contribuer à l'unité de la philosophie à travers la définition d'un langage philosophique commun, ce vocabulaire est ainsi devenu un manuel du « bon usage du langage philosophique permettant l'accord des esprits ».