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Musica rhetoricans
Durosoir Georgie ; Malhomme Florence
SUP
13,00 €
Épuisé
EAN :9782840502272
Si la musique, placée sous l'autorité de Pythagore, fait partie en tant que science théorétique du quadrivium, elle est pourtant dès l'origine également liée aux artes sermonicales, comme le montre l'étude des textes fondateurs de la musique et de la rhétorique, tels que les ont établis de façon diverse Platon, Aristote, Aristoxène, Quintilien, Cicéron, Saint Augustin, Zarlino, jusqu'à Kircher même. Mais cette tension entre nombre et verbe n'est qu'apparente car la musique, de la paideia aux studia humanitis, placée sous l'égide de la ratio, n'est qu'une propédeutique aux sciences suprêmes que sont Philosophie et Théologie. La mosaïque complexe de l'image que la musique donne d'elle-même de l'Antiquité à la Renaissance est ainsi unifiée par un lien très fort : celui de l'excellence et de la très haute place au sein de la culture humaine que lui donna en ses commencements l'humanisme classique. Non autonome, et tirant son plus haut prestige de cette non autonomie, la musique n'est pas le règne du virtuose mais de l'homo cantans ; non pas une technique, mais un art de vivre. C'est ce dont voudrait témoigner le présent ouvrage.
Résumé : " Ère du style concertant " ou " temps de la basse continue ", le baroque musical s'est signalé par la recherche de la grandeur, par l'amour de l'apparence et de l'éloquence. Ces caractères se sont illustrés dans les grandes machines de l'opéra romain et du ballet de cour à la française, comme dans l'apparat de la tragédie en musique conçue pour Louis XIV. Au coeur des nouvelles inventions musicales, le rapport du texte et de la musique : on espère retrouver le modèle du chant orphique, restaurer la tragédie des Grecs et, surtout, atteindre la juste expression des passions humaines. Pour cela, on passera de la musique vocale polyphonique, qui néglige nécessairement le texte, à l'expression soliste, qui le magnifie. En France particulièrement, ce sont des considérations dramatiques qui orienteront la musique vocale. Évoquant les pays où le baroque s'est diversement traduit, s'appuyant sur les partitions comme sur les écrits esthétiques, cet essai permet de pénétrer la sensibilité musicale d'une époque foisonnant de riches réflexions et de chefs-d'oeuvre admirables.
En 1995, Paroles de poilus avait révélé la vibration de l'âtre de ces combattants de 14-18 que furent nos hères, nos grands-pères, nos arrière-grands-pères lorsqu'ils prenaient la Plume pour exprimer leurs frayeurs, leur désespoir, leurs états d'âme... Parmi eux, Maurice Maréchal, le plus grand violoncelliste de la première moitié du XXe siècle, qui, dans le présent recueil, unit sa voix à celle de son ami le violoniste Lucien Durosoir. Ces deux virtuoses, plongés au c?ur des plus grandes tueries de la Première Guerre mondiale, auraient pu être poètes, peintres ou écrivains. Ils ont l'âme à fleur de peau. C'est tout l'intérêt des lettres de Durosoir à sa mère comme celui des carnets intimes de Maréchal. La boue, les rats, le froid, les gaz, la peur, la bêtise humaine, la camaraderie aussi... Ces deux textes, dont chacun suffirait à tout révéler, entrent dans une puissante synergie parce que leurs auteurs firent cette guerre ensemble, la vécurent dans une proximité quotidienne, rejoignant entre deus assauts le quatuor créé par le général Mangin. Pendant que le canon continuait à répandre sur les tranchées sa mélodie funèbre.
Résumé : Cet essai porte sur les romans écrits par Georges Simenon au cours des années trente, aussi bien les " romans durs " que les " Maigret ", et en renouvelle profondément la lecture. Il y décèle un scénario latent. Hanté par le " vertige de la perte " qui le pousse à un retour fusionnel dans le Monde-Mère sous les espèces du rien, voire de la mort, l'écrivain l'exorcise en se réfugiant dans le contre-monde du Livre, par instinct de conservation, en " avare " de son désir. Mais il en conçoit de la mauvaise conscience, car il s'éprouve alors comme un escroc, ou un faussaire : c'est donner en effet pour réels, dans ses livres, des êtres et un monde de papier, sans vraie consistance. Pour se laver de ce péché d'escroquerie, il place dans ses romans des personnages qui sont ses doubles, assignés à des espaces mettant en abyme le Livre. Ce sont des boucs émissaires, car ils endossent la faute et, d'une façon ou d'une autre - en mourant, dans bien des cas -, l'expient, ce qui permet d'en dédouaner l'écrivain. Cependant, il n'y a là qu'un subterfuge puisque, en réalité, ce sacrifice expiatoire du Livre et de son démiurge se produit... dans un livre. C'est pourquoi, un roman terminé, Simenon n'a d'autre choix que d'en entreprendre un autre.
Tabeaud Martine ; Browaeys Xavier ; des Gachons An
Des centaines d'aquarelles. Un seul et même motif : le ciel de la Champagne. André des Gachons (1871-1951), artiste peintre, météorologue bénévole, a saisi presque chaque jour, pendant près de quarante ans, des instantanés du paysage céleste. Il les a associés à des relevés météorologiques. A l'état de l'air, il a ajouté un tableau du ciel, dont les couleurs et les formes changeantes devaient permettre de prévoir le temps du lendemain. Au temps de la Grande Guerre, ces oeuvres sont des documents de premier ordre, lorsqu'on les met en regard des témoignages des soldats et des officiers, qui étaient dans la boue des tranchées, les nacelles des ballons, à bord des avions ou derrière les canons. La "météo" était l'une de leurs préoccupations quotidiennes. Chaque jour, André des Gachons a donné des couleurs au temps. Il nous a laissé des ciels de Champagne qui entrent ainsi dans l'histoire de la guerre 1914-1918.