Ce livre est la première synthèse sur Bossuet depuis quarante ans - exactement depuis le Bossuet de Jean Calvet mis à jour par Jacques Truchet en 1968. Cet anniversaire a valeur de symbole : après la contestation, prélude à l'oubli, de nombre de nos gloires patrimoniales, il importait de redécouvrir une figure majeure qui peut à elle seule emblématiser la religion, la pensée politique et la littérature de l'âge classique en France. Une telle entreprise exigeait que, dans un style clair et accessible, il fût rendu compte de la vie de Bossuet et de ses ouvrages essentiels avec toute l'objectivité de la distance qui nous sépare de lui et l'éclairage des travaux critiques des dernières décennies. C'est à quoi se sont attachés, en examinant successivement Bossuet en son temps, Bossuet historien, Bossuet politique et Bossuet orateur, quatre spécialistes du XVIIe siècle ; Jean-Louis Quantin, directeur d'études à l'École pratique des Hautes Études (section des Sciences historiques et philologiques) ; Béatrice Guion, maître de conférences à l'Université Toulouse II ; Gérard Ferreyrolles, professeur à l'Université Paris-Sorbonne, président de l'association " Les Amis de Bossuet " ; Emmanuel Bury, professeur à l'Université de Versailles-Saint-Quentin, membre de l'Institut universitaire de France.
Justice, force : c'est dans ces termes et leur dialectique (fortifier la justice, justifier la force) que Pascal pose la question du politique et qu'elle continue de se poser nous. Aussi bien vit-il la naissance de l'tat moderne, et le heurt de la tradition humaniste et chrtienne avec l'idologie du monstre froid qui n'aspire qu' sa propre perptuation et transcendance. Faut-il renoncer incarner les valeurs ? Faut-il les imposer par la violence la violence dguise du pouvoir ? Pascal ne laisse pas la vrit sans force devant la force, mais il sait aussi l'injustice de la justice rebelle. Raliste sans machiavlisme, augustinien mais non augustiniste, il n'avance point tant une politique chrtienne qu'un usage chrtien du politique.
Résumé : Cet ouvrage propose un parcours critique de la pièce, à la fois précis et complet, qui s'attache à inscrire son processus de création dans l'histoire des formes et des idées sans négliger ses déterminations biographiques ; à décrire les conditions et les étapes de sa rédaction ; à définir sa spécificité textuelle par l'analyse de sa structure, de ses thèmes, de son écriture ; à rendre compte de son retentissement culturel. Précieux instrument de travail pour l'étudiant, qui trouvera en outre dans ce volume un ou plusieurs exercices d'application ainsi qu'une bibliographie commentée et un index thématique, ce livre s'adresse également à un public cultivé, désireux de parfaire sa connaissance de cette pièce.
Tout en montrant la nouveauté radicale du bolchevisme, et les techniques de Staline pour faire régner sa tyrannie, ce livre fait ressortir les continuités de l'histoire russe et ses constantes (idéologie, pratiques du pouvoir, place et influence de l'empire, conceptions et méthodes de politique étrangère, utilisation de la propagande). L'ouverture des archives de l'URSS et leur abondance a enrichi la connaissance de ce monde autrefois fermé et rend indispensables certaines clés de compréhension : elles faciliteront aussi l'abord de la Russie post-communiste et son passé difficile à surmonter.
Résumé : Cet essai porte sur les romans écrits par Georges Simenon au cours des années trente, aussi bien les " romans durs " que les " Maigret ", et en renouvelle profondément la lecture. Il y décèle un scénario latent. Hanté par le " vertige de la perte " qui le pousse à un retour fusionnel dans le Monde-Mère sous les espèces du rien, voire de la mort, l'écrivain l'exorcise en se réfugiant dans le contre-monde du Livre, par instinct de conservation, en " avare " de son désir. Mais il en conçoit de la mauvaise conscience, car il s'éprouve alors comme un escroc, ou un faussaire : c'est donner en effet pour réels, dans ses livres, des êtres et un monde de papier, sans vraie consistance. Pour se laver de ce péché d'escroquerie, il place dans ses romans des personnages qui sont ses doubles, assignés à des espaces mettant en abyme le Livre. Ce sont des boucs émissaires, car ils endossent la faute et, d'une façon ou d'une autre - en mourant, dans bien des cas -, l'expient, ce qui permet d'en dédouaner l'écrivain. Cependant, il n'y a là qu'un subterfuge puisque, en réalité, ce sacrifice expiatoire du Livre et de son démiurge se produit... dans un livre. C'est pourquoi, un roman terminé, Simenon n'a d'autre choix que d'en entreprendre un autre.
Le premier 19e siècle, dans l'immédiat héritage, problématique, de la Révolution française, est un moment décisif où se reconfigurent les rapports de la littérature et de la morale. Préparée en cela par le rationalisme des Lumières, la Révolution a mis à bas un système social et moral hiérarchisé ; désormais l'individu, promu sujet raisonnable et responsable, se voit imposer de redéfinir son identité, sa place et sa fonction. L'ouvrage se propose de brosser un panorama de la reconfiguration de la question morale dans cette période charnière, particulièrement riche et complexe.
Carraud Vincent ; Bayle Claire ; Meyer-Bisch Gabri
L'un des traits caractéristiques de Leibniz est son rapport, positif, érudit et essentiel à toute la tradition philosophique antérieure. Le rapport qu'il assume à celle-ci peut s'entendre par analogie avec les parties célèbres où les joueurs d'échec apprennent leur art : un bon joueur, instruit de l'histoire des échecs, reconnaît aux premiers coups l'ouverture choisie par son adversaire. Il s'épargne ainsi supputations et hypothèses. Se trouvent ici non seulement restitué ce que Leibniz a pensé des auteurs antiques et médiévaux mais encore analysé son bon usage de l'histoire de la philosophie. "