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Archives de sciences sociales des religions N° 210-211, avril-septembre 2025 : Nationalismes et reli
Mohammad-Arif Aminah ; Zawadzki Paul ; Hille Marie
EHESS
39,00 €
Épuisé
EAN :9782713234095
Ce volume présente des recherches qui s'attachent à analyser les recompositions sociopolitiques produites par l'entrelacement entre nationalismes et religions. Il entend ainsi contribuer à l'intelligibilité d'un présent mondial marqué par les réactivations du religieux - souvent décliné sous ses formes fondamentalistes, ethnicistes ou suprémacistes - dans le champ politique. Perriére Portant sur des configurations sociohistoriques variées, allant des Etats-Unis au Japon en passant par Israël et l'Irak, les études réunies ici montrent que ces réactivations s'inscrivent dans des conflictualités qui traversent tous les systèmes politiques et religieux, et dont l'enjeu central concerne les différentes manières de penser la nation. Le défi de l'analyse est double : comprendre ce que recouvrent les notions de "religion", "nation" et "nationalisme" selon les sociétés ; prendre acte du fait que ces notions - songeons par exemple à celle de "nationalisme religieux" - font l'objet d'une surcharge sémantique au sein de la communauté savante, en révélant la situation éclatée des sciences sociales en contextes mondialisés. A travers la diversité des configurations explorées, les enquêtes du volume réinterrogent la portée heuristique de ces notions.
La maison a beaucoup changé / après ton départ / J'ai changé / La Syrie a changé... " Les mots par lesquels s'ouvre le recueil d'Hala Mohammad laissent entendre qu'il y a un avant et un après, un ici et un ailleurs... Plus encore, un billet aller qui ne laisse à l'exilée que peu d'espoir de retrouver indemne le pays qu'elle a laissé. De poème en poème, l'auteure cartographie l'absence et son cortège de chagrins. Une révolution avortée, la guerre, les routes de l'exil, les dures conditions de vie des gens qui ont parfois tout perdu mais qui continuent à vivre et à aimer. Car ce sont eux qui intéressent la poète-documentariste, qui progresse caméra au poing. Avec un sens inné du court-métrage, elle défie la peur et nous livre un texte d'une force rare " contre la géographie de la tyrannie ".
Islam et intégration sont fréquemment considérés en France, voire en Europe, comme antinomiques. Aux Etats-Unis, les musulmans du sous-continent indien (Inde, Pakistan, Bangladesh) offrent pourtant l'exemple d'une population qui semble avoir bien réussi son intégration structurelle. Celle-ci a été assurée grâce à des niveaux élevés d'instruction et de réussite économique qui font de cette population l'une des minorités les plus prospères en Amérique. Phénomène migratoire encore peu étudié, la diaspora originaire d'Asie du Sud est riche de nombreux enseignements quant à la recomposition du religieux et à la réinvention des identités collectives en situation d'immigration, dans la première comme dans la deuxième génération. En implantant de nombreuses institutions aux États-Unis, à New York tout particulièrement, les immigrants musulmans sont parvenus à inscrire progressivement leur présence dans le paysage américain, sans susciter d'inquiétude significative dans la société-hâte. Cette étude souligne qu'en dépit des stéréotypes accolés à l'islam - aussi prégnants aux Etats-Unis qu'en Europe et sources périodiques de réactions identitaires chez les musulmans - la religion islamique peut jouer un rôle stabilisateur, à l'égal d'autres religions minoritaires (catholicisme et judaïsme notamment, plus récemment hindouisme), et ne semble pas compromettre la participation de l'immigrant à la société américaine.
L 'Asie du Sud - l'Inde en tête - a réinventé le sécularisme, en l'adaptant à l 'immense diversité religieuse de la région. Mais les dernières décennies ont vu cette réinvention subir, dans chaque pays, de sérieux coups de boutoir - indépendamment de la religion dominante (hindouisme, islam ou bouddhisme) et des régimes politiques (démocratiques ou autoritaires). C'est ce processus que ce volume entend analyser à travers l'étude des dynamiques à l'oeuvre dans chacun des pays concernés, de 1'Inde à l'Afghanistan, en passant par le Pakistan, le Bangladesh, Sri Lanka et le Népal. Partout, la tendance est à une identification de l'État à la religion majoritaire qui, certes, varie beaucoup selon les pays. Les minorités religieuses sont naturellement les premières à ressentir l'influence de ce déclin du sécularisme, là encore, certaines convergences apparaissent, se lisant en tout premier lieu dans la morphologie de la violence. Mais si le constat de cette évolution fait l'objet d'un consensus, sa nature et son ampleur restent largement débattues, comme le montrent les différentes tonalités des contributions ici réunies. Au-delà du sécularisme, ce numéro s 'attache aussi à déconstruire le couple religion-politique à travers des études de cas où le lien de causalité est loin d'être systématique, même lorsqu'il est attendu, et où la relation entre les champs connaît des transformations inédites.
Mohammad-Reza Djalili est docteur en science politique et diplomatique de l'Université Libre de Bruxelles. Il a enseigné à la Faculté de droit et des sciences politiques de l'Université de Téhéran et à l'Université Paris II. Il est professeur émérite de l?Institut Universitaire des hautes études internationales et du développement (IHEID) de Genève. Thierry Kellner est docteur en relations internationales à l?Institut Universitaire de hautes études internationales de Genève. Il enseigne au département de sciences politiques de l'Université Libre de Bruxelles et est l?auteur de nombreuses études. Auteurs de nombreux ouvrages, ils ont signé en commun l?Histoire de l?Iran contemporain (la Découverte) et L?Iran et la Turquie face au printemps Arabe (GRIP).
Dans une Italie communale qui bénéficie, au cours des XIIe et XIIIe siècles d'un essor sans précédent de la production et des échanges, le paysage urbain se hérisse de tours, tandis que les rues résonnent en permanence du pas de ces puissants chevaux de guerre qui peuplent tant de fresques et de tableaux de la première Renaissance. Tours et chevaux symbolisent la supériorité d'une classe sociale, la militia, qui pendant longtemps restera ouverte à tous ceux qui ont les moyens d'acheter un cheval de guerre et de s'entraîner pour le combat monté. Composée pour l'essentiel de propriétaires fonciers, la militia n'en présente pas moins une grande diversité de conditions sociales qu'accentue encore la participation plus ou moins active de ses membres aux secteurs les plus dynamiques de l'économie marchande. Seuls en fait les profits tirés de la guerre et la défense des privilèges qui lui sont reconnus en échange de ses prestations militaires expliquent l'étonnante cohésion de cette classe et sa capacité à perpétuer un système de domination qui s'identifie, jusqu'au début du XIIIe siècle, avec le régime des consuls. Et pourtant, la militia se verra contrainte, en l'espace de quelques décennies, de renoncer à ses privilèges et d'abandonner le pouvoir à de nouvelles catégories de la population regroupées sous la bannière du popolo. Comment expliquer une débâcle aussi rapide ? Par l'irrésistible montée en puissance du popolo, sans aucun doute, et par les décisions internes de la militia. Mais elle apparaît plus encore comme la conséquence inévitable d'une culture de la haine qui, malgré tous les mécanismes destinés à en limiter les effets, conduit à l'implosion d'un tel système de domination.
Georges Guille-Escuret bouscule un des tabous de la civilisation: le cannibalisme. II soumet au crible d'une analyse incisive le regard porté par les sciences sociales sur l'anthropophagie. Entre les récits d'explorateurs, les témoignages de missionnaires et les commentaires de savants, se dessine une épistémologie à double sens, portant sur la confrontation entre la culture des peuples observés et celle des observateurs. Le cannibalisme se révèle une formidable loupe pour observer les antagonismes de pensée autour du rapport nature/culture. Il permet aussi de mettre au jour la dimension historique de l'exotisme. Ce livre, tout en réinsérant le cannibalisme parmi les sujets anthropologiques, prétend combattre efficacement l'ethnocentrisme et le mépris du "sauvage" dans la "civilisation".
Observer, participer, comprendre, décrire sont les étapes clés du travail de l'ethnographe. Elles ont donné lieu à de véritables controverses, d'autant plus intenses que s'est accru l'engagement du chercheur dans la cité. Présentant des textes récents, mais déjà classiques, L'engagement ethnographique se lit comme une anthologie de réflexions sur le travail de terrain. Enquêter, c'est s'engager dans des activités, s'impliquer dans des échanges, collecter des informations et, dans le même mouvement, transformer des savoirs et se transformer soi-même. L'expérience du terrain est ici irremplaçable: elle permet une pensée en prise sur le concret. Et contre tout dogmatisme, elle aide à trouver de nouvelles solutions à des problèmes éthiques et politiques. Du terrain aux comptes rendus de situations sociales, l'ethnographie est, plus qu'une méthode, un art de mener l'enquête. Ses pratiques ont connu de grandes transformations, à l'épreuve de la mondialisation. Elles s'enrichissent des apports de l'histoire et de l'analyse de réseaux. De territoire circonscrit, le terrain devient flux. La tâche de l'ethnographe est désormais de suivre de site en site des personnes, des capitaux, des marchandises, des techniques, des histoires, des conflits... Il se retrouve aux avant-postes de la réflexion sur la globalisation.