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Connaissance des Pères de l'Eglise N° 91 Septembre 2003 : L'apport des Pères à la catéchèse d'aujour
Dupleix André ; Maraval Pierre ; Winling Raymond ;
NOUVELLE CITE
16,85 €
Épuisé
EAN :3260050386173
Le terme de catéchèse produit en moi une grande frayeur, et à très juste titre. En effet, je considère en moi-même, non pas tant ce qu'il faut dire, que ce qu'il faut taire; et je ne me fierai pas à tes oreilles nouvelles, qui ne sont pas exercées à l'audition des dogmes divins et qui " ont encore besoin de lait et non d'une nourriture solide ", ainsi que le dit le sage Paul. C'est pourquoi, en effet, cette sorte même d'enseignement est dite catéchèse, ou résonance; car elle habitue les oreilles mêmes des auditeurs par une sonnerie, c'est-à-dire par le son de la trompe qui introduit les paroles, de peur que, en s'approchant de la théologie sans avoir été exercées, et étant encore plus ébranlées par cette voix qui s'exprime ainsi, sans pouvoir encore en supporter l'intensité, elles ne soient troublées et bouleversées [...]. Il nous faut donc d'abord sonner de la trompe, ensuite forcer la puissance du souffle et ainsi interroger Dieu, lui parler et entendre ce qui vient de lui, transmettre et faire passer les paroles à autrui. Mais parce que je ne suffis plus à sonner de la trompe, à plus forte raison à parler de Dieu, à être le ministre de ses paroles, je me sers de la trompe pastorale des Pères et des docteurs de l'Eglise, à la façon du fils d'un berger expérimenté, qui est très loin au-dessus de l'habileté de son père et qui a hérité des instruments du métier : ceux-là vivaient pour Dieu quand ils sont partis d'ici-bas et maintenant se tiennent autour de nous et nous regardent. Et c'est à partir de ces doctrines auxquelles ils ont travaillé que je sonnerai de la trompe et que je dirai ce qui leur a été dit par Dieu.
Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955) est connu à la fois comme théologien et comme paléontologue. Il avança des idées novatrices sur l'histoire de l'univers et l'évolution de l'homme. Mais c'est une vie intérieure très intense qui a permis à ce jésuite fidèle d'affronter les risques de sa recherche et les souffrances qu'il a endurées. Prier avec Pierre Teilhard de Chardin, c'est se situer au croisement de la Révélation et des croissances du monde, de l'unique parole de Dieu et des appels ou des cris des hommes. C'est rencontrer un homme de chair et de sang, d'intelligence et de coeur, un savant et un mystique, un actif et un contemplatif, un souffrant et un confiant. Pour nous faire découvrir le priant que fut Teilhard, Mgr André Dupleix aborde cinq grands thèmes : Révélation, Mystique, Agir, Présence, Espérance. André Dupleix est docteur en théologie et ancien recteur de l'Institut catholique de Toulouse. Musicien, conférencier, il a publié plusieurs ouvrages sur Teilhard de Chardin. Il est aussi l'auteur de Prier 15 jours avec le concile Vatican II.
Les paroles et le témoignage de Jean-Marie Vianney, "le saint curé d'Ars", ont-ils encore quelque chose à dire à notre temps? Assurément répond l'auteur, qui situe ce visage de sainteté, hors du commun, dans la grande tradition mystique et pastorale du christianisme et de l'Eglise. Ce passionné de Dieu, totalement donné à sa mission apostolique, échappe à toute réduction ou récupération. II est un appel vivant à la conversion, à l'Amour et à la lumière. II indique à nos sociétés assoiffées de sens, une voie de liberté intérieure et de réconciliation. Il est le témoin de l'insistance de Dieu - d'où le titre du livre - à conduire l'homme au bonheur, hors des fausses pistes ou des illusions. Le message d'Ars est résolument positif et dynamique. Cet ouvrage, remarquablement documenté, permet d'allier la méditation et une bonne connaissance du saint curé à travers les différents aspects de sa vie. Le curé d'Ars, dont on a fêté le 150e anniversaire de la mort le 4 août 2009, est la figure centrale de l'Année Sacerdotale voulue par Benoît XVI. Déjà reconnu comme saint patron de tous les curés du monde, il devient aussi "patron de tous les prêtres du monde".
Est-il possible de prier avec le concile Vatican II, à partir desconstitutions, décrets et déclarations qui en constituent le fond? Assurément. En raison de ce qui fait l'unité de tous lesconciles dans la longue histoire de l'Eglise: le soufflepermanent de l'Esprit de Dieu. Mais aussi parce que les Pèresconciliaires n'ont jamais dissocié leurs débats, aussi rudessoient-ils, de la prière et de la liturgie. Nous serons ainsiconduits, en tenant compte de la totalité des documentsconciliaires, sans omettre les messages adressés au monde, àmieux percevoir combien ce Concile, expression de la foi detout le peuple de Dieu, peut aujourd'hui conforter et nourrirnotre vie spirituelle et notre responsabilité de baptisés. Et cela,en lien et en continuité avec la plus solide tradition duchristianisme et de l'Eglise.
Au temps de l'empire romain, il y eut dans la Province d'Afrique des Pères latins prestigieux. On pense tout de suite à Augustin, et c'est justice. Mais cette Province a également été le berceau de notre tradition théologique latine. C'est en Afrique, en effet, que furent faites les premières traductions de la Bible en latin dès la fin du deuxième siècle. C'est en Afrique aussi que l'on a commencé à faire de la théologie en latin, tout simplement parce que les gens parlaient cette langue. C'est dans cette Eglise enfin que saint Cyprien devient évêque de Carthage en 249. Ce numéro de Connaissance des Pères lui est consacré. On y voit comment un évêque a réagi dans une situation difficile. Cyprien se trouve, en effet, confronté à deux graves questions. Il y a d'abord la conséquence des persécutions très violentes que l'Eglise dut subir à cette époque. Beaucoup de chrétiens cèdent au pouvoir civil, mais veulent revenir dans l'Eglise. Comment les recevoir ? Le peut-on même, car une fraction rigoriste voudrait les exclure à jamais de l'Eglise qu'ils ont reniée ? Il y a ensuite les divisions dues au schisme de Novatien, un antipape qui a réussi à établir une Eglise dotée d'un clergé propre, d abord en Italie, puis en Afrique. Que faire des gens baptisés par eux mais qui passent à la grande Eglise ? La coutume en Afrique est de les rebaptiser , à Rome on leur impose la main, mais on reconnaît le baptême reçu. Un grave conflit va éclater entre le pape Etienne et Cyprien. On sera à deux doigts de la rupture , elle sera évitée. C'est donc à une réflexion sur l'Eglise que nous invite, en particulier, la lecture de Cyprien. J. FANTINO, o. p.
Alexandrie, capitale de d'Egypte, est plus qu'une ville , comme Rome elle représente tout un monde, une culture, une histoire. Alexandrie frappe tout d'abord par son caractère cosmopolite , païens, juifs et chrétiens s'y côtoient. Alexandrie est le siège d'une forte communauté juive. L'un de ses membres, Philon, se servit de la pensée hellénistique pour exprimer sa foi. C'est également le lieu d'une communauté chrétienne très brillante où existe dès la fin du deuxième siècle une école de théologie qui est marquée par des noms célèbres : Clément et surtout Origène. Au carrefour de toutes les cultures qui le côtoient, le christianisme bénéficie de leurs influences, notamment juive. Cette rencontre du christianisme avec le judaïsme et l'hellénisme provoque l'émergence d'une réflexion chrétienne originale. Alexandrie est aussi une capitale. Le contraste est grand entre le pays et sa capitale. D'un côté il y a la grande ville, commerçant grâce à son port, de l'autre le pays d'Egypte uniquement agricole. Contraste encore par la langue. D'une part le grec, la langue officielle, celle des commerçants, des fonctionnaires, des lettrés et, d'autre part, la langue du peuple, le copte. Pourtant, malgré ce contraste le pays et sa capitale constituent une réalité profondément une. C'est particulièrement vrai de l'Eglise. Ainsi, par exemple, le peuple chrétien fait corps avec son patriarche, le "pape" d'Alexandrie. Parmi les plus illustres citons Athanase et Cyrille. C'est aussi de cette Eglise et de ce peuple que viennent la plupart de ceux et celles qui vont se retirer au désert pour mener la vie monacale. Et il faut évoquer ici la figure d'Antoine le "Père des moines" . Ce numéro veut vous faire découvrir ou retrouver quelques aspects de ce monde constitué par Alexandrie et le pays d'Egypte au temps des Pères. J. FANTINO, o. p.
Le Christianisme a commencé en Terre Sainte, et on sait qu'il s'est répandu très rapidement. Mais, sait-on qu'il fut très tôt présent dans le monde syro-palestinien qui recouvre les pays qui vont d'Israël et de la Jordanie jusqu'à la Turquie et à l'Iran actuels. Ainsi une Communauté chrétienne existe à Damas dès les années 35-36 : c'est elle qui accueille Paul lors de sa conversion. Il y a aussi Antioche où les croyants reçoivent pour la première fois le nom de chrétiens (Ac 11, 26). Le monde syro-palestinien a donc été très tôt gagné par la foi au Christ. Mais il possède également une autre caractéristique très importante. En effet, dans ces contrées les gens sont en général de langue araméenne. C'est une langue de cette famille que parlaient Jésus et ses disciples. L'araméen est davantage un ensemble de dialectes plutôt qu'une langue unique et uniforme. Toujours est-il que c'est dans cette culture araméenne, et donc sémite, que se fait dès les débuts du christianisme l'évangélisation des contrées du Proche-Orient. Ainsi dès le début il y eut des Eglises de culture araméenne qui parlent cette langue et célèbrent leur foi avec elle. Ephrem est un Père du IVe siècle appartenant à l'une de ces Eglises. C'est par lui que nous avons choisi de vous présenter les Eglises de langue araméenne. Peut-être le connaissez-vous déjà ou avez-vous entendu parler de lui. Ce numéro lui est consacré et commence par une introduction à la culture araméenne, avant de présenter Ephrem et son oeuvre.
Chaque année, nous consacrons un numéro de Connaissance des Pères à un lieu géographique : une ville, une région, une province... Montrer le monde dans lequel ils vivaient aide à mieux comprendre les Pères et leurs écrits. L'an dernier nous vous présentions Alexandrie et l'Egypte (n °33) , cette année nous avons choisi la Syrie. Province dont la capitale est Antioche, la Syrie est un pays à double culture comme souvent dans le monde méditerranéen. La côte est plutôt de langue et de culture grecques, tandis que l'intérieur est davantage de langue et de culture syriaques. Mais le fond sémitique l'emporte, comme nous l'avions vu dans le numéro consacré à saint Ephrem (n°26). Il y a beaucoup à dire sur le monde syrien. Deux aspects marquant la vie des communautés chrétiennes aux IVe et V° siècles ont été retenus. Ils constituent les deux volets de ce numéro. L'un présente la liturgie syrienne, notamment l'Eucharistie. L'autre traite de la tradition ascétique et du monachisme qui sont inséparables. J. FANTINO, o. p.