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Les Cahiers de Tinbad N° 13, automne 2022
Basquin Guillaume
TINBAD
16,00 €
Épuisé
EAN :9791096415496
Dans ce 13e numéro, nous prolongeons encore une fois nos réflexions sur la crise largement politique que constitue la Covid-19 ; nous y ajoutons tout un ensemble de réflexions sur le nouveau totalitarisme, numérique : il apparaît de plus en plus qu'un coup d'état numérique, opportuniste, a eu lieu à l'occasion de cette crise totale. Un ensemble de textes de Giorgio Agamben, Guillaume Basquin, Michel Rosenzweig, Michel Weber et Ariane Bilheran développe cette réflexion. Olivier Rachet, quant à lui, s'attaque à la "culture Woke" dans un réjouissant petit pamphlet. Par ailleurs, nous republions un texte méconnu de Bernard Noël sur la catastrophe que constitue le numérique pour la lecture, Le cerveau disponible, ainsi que les Notes en vue d'une psycho-dialectique de René Crevel. Enfin, nous donnons à lire une version intégrale de la préface de Pierre Guglielmina au premier roman de Jack Kerouac, L'océan est mon frère, récemment paru en traduction française chez Gallimard. A noter que la "politique" fait son apparition dans le sous-titre de la revue, et que le point après "littérature" a été enlevé.
Après un long voyage en Méhari sur les routes et les pistes de la Provence au Népal, la famille Eriksen découvre Katmandou. En l'absence de ses parents, Martha, adolescente aventureuse, se lie avec un jeune Tibétain qui, ami fidèle et voyou, l'entraîne dans un trek vers une haute vallée himalayenne entre l'Annapurna et le Daulaghiri. Leur rencontre génèrera l'histoire de leur vie.
L'auteur, lecteur assidu de textes théoriques et poétiques sur l'art et le cinéma, a été frappé par la perte soudaine de plasticité du médium cinématographique suite à la numérisation des films. Il s'est aperçu que les fameuses Histoire(s) du cinéma de Jean-Luc Godard, comme La Divine Comédie de Dante sept siècles auparavant, contenaient tout le savoir du temps présent, en particulier celui nécessaire pour penser ontologiquement et métaphysiquement la mutation, semble-t-il irréversible, des "spectacles d'ombres en mouvement" en "images mouvantes calculées en pixels". Alors même que l'écrivain et théoricien de la crise des avant-gardes littéraires Philippe Sollers envisageait son Paradis comme un équivalent littéraire des Histoire(s), il a eu l'idée de faire dialoguer, littéralement et dans tous les sens, ces deux sommets de l'art du "montage". Enfin, l'auteur a essayé de "sauver", au sens benjaminien, tels de vieux chiffons, tout ce qui va disparaître avec la perte d'aura définitive de toute oeuvre cinématographique.
Qui dira la mélancolie de Tolstoï, quand on le loue d'avoir écrit les plus beaux romans du monde ? " André Suarès, le premier, dès 1910, l'a fait dans ce livre, introuvable en librairie depuis 1938 et véritable tombeau pour Léon, où il qualifie le maître russe d'"Homère et de Luther du monde Slave". Avec une postface de Guillaume Basquin.
L'Histoire splendide est le titre d'un projet de livre abandonné d'Arthur Rimbaud. Dans une lettre du 16 avril 1874 dans laquelle Rimbaud faisait part à un communard exilé à Londres de son projet d'entreprendre un ouvrage en livraisons, avec ce titre. Le plus grand poète français, qui passait ses journées à Londres à lire et écrire au British Museum, avait tenu à préciser que ce livre serait écrit en anglais et que ce serait enfin "la véritable Histoire, littéralement et dans tous les sens" . Je me suis donc tenu à ce strict programmeâ : raconter de façon la plus polyphonique possible les dessous réels de l'Histoire, sur plus de quarante siècles, jusqu'à l'accident global des communications instantanées que fut la crise du coronavirus, tout en mélangeant les langues de façon babélienne. L'Histoire splendide est aussi le récit d'une créature, le narrateur du livre, qui refuse à tout prix la Terreur sanitaire née de la crise du Covid-19, bientôt muée en Terreur politique tout court.
A l'heure de la plus grande folie technologique, un narrateur lit, regarde des oeuvres d'art, visionne des films avant disparition, écoute des musiques, se déplace très vite dans le temps et dans l'espace réel. Il nous livre ses pensées, résultat de ses voyages. Puisque les hommes marchent presque toujours dans les voies frayées par d'autres, et procèdent dans leurs actes par imitation, un jeune écrivain prudent doit toujours commencer par des voies frayées par de grands auteurs, et imiter ceux qui ont été excellents, afin que, si son talent n'y parvient pas, il en garde au moins quelque odeur : "Nos styles sont désormais des réminiscences." Tout est représenté en grand style, mais sans quitter le réel authentique. Rien d'inventé ou bien d'imaginaire, de refait afin de vous mieux plaire. Ce que je vous montre est partout à l'oeuvre : le drame de l'imprimé qui a vécu ! G.B.
Je ne suis pas votre homme. Vous êtes beaucoup trop génial pour moi. Vraiment. Voyez Sollers, je vous l'ai dit cent fois ! Sollers aussi est génial. C'est lui votre interlocuteur. Je vous l'assure." C'est par ces mots que Gérard Bourgadier refusa ce manuscrit pour L'Arpenteur en 1995. Sollers ne le publia pas non plus... Plus de 20 ans après, voici enfin publié ce roman que l'auteur présente comme son chef-d'oeuvre, en tout cas une oeuvre propre à le faire rentrer dans la catégorie somme toute assez restreinte des "fous littéraires". Voici un extrait de la lettre de présentation de l'auteur aux éditions Tinbad en 2015 : "Excentrique, étrange, irréel. [...] structuré comme un solo d'Albert Ayler ou Ornette Coleman. Jazz. Il est écrit sur les harmoniques. Vertical, pointé vers le soleil, à la manière d'un nouage indéfini du langage sur lui-même tournant dans une structure en spirale. [...] L'intrigue (le squelette) y est simple : deux jumeaux foetus dans le ventre de leur mère décident de ne pas sortir par la voie naturelle mais par l'oreille de la parturiente (Rabelais, n'est-ce pas...) Avant leur ascension, ils cousent (nous y voici), ils cousent son vagin, crimen amoris (aidés par le lecteur). Ensuite, ils causent. Ils causent littérature, philosophie, théologie... Comilédie s'inscrit dans la ligne tracée par Raymond Roussel, Artaud, Joyce (cher Tinbad le Tailleur), Jarry, Queneau, ou encore Dubuffet, agitateurs de folies littéraires. Il est à lire comme l'urinoir de Duchamp se regardait : comme une entreprise de démolition de la littérature, un éloge du mauvais goût."
Choisir quatre des cinq questions posées à des écrivains par André Breton, parfois avec Paul Eluard, dans une série d'enquêtes surréalistes publiées dans trois revues ?: Littérature (1919), La Révolution surréaliste (1925) et Minotaure (1933). Répondre, en incluant quarante huit textes visuels. Ce livre est un hommage à la dramaturge anglaise Sarah Kane et à son sublime 4.48 Psychose (L'Arche, 2001).
J'essaye d'écrire le plus convenablement possible. Dès les premiers mots vous n'avez pu vous détacher de moi. Je le sais. Vous êtes en train de me lire jusqu'au bout et c'est ma seule force. J'ai un vocabulaire très limité (vous avez dû le remarquer mais cela ne veut pas dire non recherché). Tout simplement je manipule un ensemble restreint de mots. Et je suis à l'aise avec eux, il n'y a rien à changer. J'ai dû de temps en temps vous ennuyer. Et vous n'avez pas cessé de lire. Personne ne vous y obligeait. Personne d'autre que moi. Ah au fait, sans moi vous n'êtes rien.