Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
La forme empreinte
Coher Sylvain
JOCA SERIA
11,00 €
Épuisé
EAN :9782848092300
Le lac de Grandlieu couve sa ville maudite et quelques miracles dérisoires. Même lorsque les marais sont à sec on retient son souffle, les jambes légères pour que le pied n'y pénètre pas. L'eau tranquille ne s'endort jamais vraiment. On a vu l'Enfant d'Herbauges du côté de la Malsaine, toujours à l'aube ou au crépuscule. C'est ce que le vieux Malgogne raconte du bout des lèvres à qui veut bien l'entendre, avant de partir à la maison de retraite. Et sa main dessine dans l'espace une silhouette en bord de flamme pour décrire le velours rêche d'une peau d'écailles. L'Enfant est voué à une eau plus songeuse que la mort. C'est un orphelin malheureux. La dernière âme d'un fief sans terre ferme revenant formuler quelques reproches à l'endroit de sa mise au monde. Certains l'ont vu près de la Gohelière et sur le levis Les Bonhommes entouré de ses fonds sablonneux, les soirs d'hiver où le vent balaie la surface pour en lever les plis. Et d'autres encore jurent par Sainte-Anne qu'il était perché dans les grands arbres de l'Arsangle et de Saint-Aignan, dont les racines assoiffées baignent toutes entre-elles nouées dans les eaux brunes du lac. On a vu son corps semblable à celui des noyés sous des loques qui semblaient venir d'un autre temps. Nul ne l'a vu vraiment comme on peut voir ailleurs mais tous s'accordent à dire qu'il allait les pieds nus là où de vraies cuissardes eurent été nécessaires. "
Né en 1971, Sylvain Coher vit à Paris et à Nantes, selon le vent et l?état de la mer. Après des études de lettres modernes, il a successivement été moniteur de voile, surveillant d?internat, libraire, éditeur, maçon et chômeur. Depuis 2001, il intervient lors de rencontres ou de lectures publiques et anime régulièrement des ateliers d?écriture. Il a été pensionnaire à la Villa Médicis en 2005-2006. Romancier-Hors saison (Joca Seria, 2002), La Recette de Stein (Joca Seria, 2004), Facing (Joca Seria, 2005), Fidéicommis (Naïve, 2006), Les Effacés (Argol, 2008) ?, il écrit également pour le théâtre et l?opéra.
Sylvain Coher a écrit le récit terrible et fascinant de trois jours et trois nuits d'un groupe de clandestins. Menés par un passeur, ils marchent dans la montagne vers le rêve ou l'illusion d'un pays d'accueil. C'est un conte philosophique moderne, troublant de matérialité et de vérité. Les Effacés est la première étape de "Frontière", un projet conçu et conduit par Chantal Gresset pour le Théâtre de l'Arpenteur. Un texte, un film et une création théâtrale évoquent chacun de façon singulière la question de "ce qui perdure de la part invisible d'étranger, en certains d'entre nous".
C'est toute une journée déjà qui se replie avec la mer dans la poche d'obscurité. Nous ne sommes plus de simples arrivants : nous avons laissé nos marques sur le sable des plages. Nos empreintes un peu partout. Déjà, je me demande bien ce que sera l'hiver après l'automne et le printemps docile et l'été. Oui d'abord, et l'été ? Où irons nous, Elia, lorsque les estivants reviendront voler notre quotidien ? Leurs cris sur les plages rappelleront ceux des fusils, les cris de Solenn couchée sur la route. Jamais nous ne pourrons les faire taire, Elia. Alors nous fuirons : nous attendrons que la marée soit propice et nous irons sur l'eau, bien sûr ; nous suivrons des courants phosphorescents, avec la marée nous irons tout là-bas, pour toucher l'horizon et le secret du vide caché derrière l'horizon. "
Après avoir traversé la France en diagonale jusqu'à une falaise sur l'Atlantique, Elia loue une maison décrépite qu'elle semble connaître. Elle fuit le passé, redoute les souvenirs et cache une valise. Celui qui partage son quotidien et ses angoisses tient le journal de ses errances. Un premier roman étrange, envoûtant, habité (Prix du Pouliguen).4e de couverture : Après avoir traversé la France en diagonale jusqu'à une falaise sur l'Atlantique, Elia loue une maison décrépite qu'elle semble connaître. Elle fuit le passé, redoute les souvenirs et cache une valise. Celui qui partage son quotidien et ses angoisses tient le journal de ses errances. Un premier roman étrange, envoûtant, habité (Prix du Pouliguen).Notes Biographiques : Né en 1971, pensionnaire à la Villa Médicis 2005-2006, Sylvain Coher est l'auteur chez Actes Sud de «Hors saison» (Babel n°1071), «Carénage» (2011 ; Babel n°1199), «Nord-nord-ouest» (2015 ; Babel n°1461 ; prix «Ouest-France» / Étonnants Voyageurs, prix des Mémoires de la mer, prix Encre Marine, prix de la bille d'Asnières), «Trois cantates policières» (2015), «Vaincre à Rome» (2019 ; Babel n°1768) et «Étraves» (2023). Amoureux de la mer et des bateaux, il écrit toujours en surveillant la météo.
1941: un drôle de paquebot, l'Admiral Tromp, rapatrie, des îles de la Sonde vers l'Europe, un fort contingent d'épouses de coloniaux - sans compter quelques "dérangés". La guerre est aux deux bouts; le Tromp revient, repart, pour d'improbables navettes. A bord, mère au loin, un jeune garçon avec un père qui, aux escales, dés qu'il peut, fugue avec fils et bagages jusqu'au passage suivant du navire. Les accompagne une grand mère française qui ne survivra pas à une des relâches paternelles et Njei, jeune bonne javanaise que l'adolescent s'approprie, pour partie. Ainsi va le dés-orient. Mais tout cela a-t-il bien été? Des doutes, des fissures apparaissent, se multiplient. Un trio de psychiatres se retrouve ainsi, à ne plus savoir démêler le réel de la fiction, embarqué dans un suivi où ils deviennent parfois vaisseau, écueil, équipage, épave et cargaison. Balisée de trois langues: français, néerlandais et indonésien, la géographie bourgeonne et se noue, avant de rejeter, tel Ulysse en Phéacie, le père puis le fils sur une terre d'utopie: l'Illyrie, "haut lieu commun" d'un monde méditerranéen. Depuis, en tout port, un navire attend une lecture qui l'affrète. Choisir alors les pavillons de ses complaisances
Maurice Rollinat (Châteauroux, 1847 - Ivry, 1903) était le fils de l'avocat François Rollinat, l'un des grands amis de George Sand. Rapidement il décida de s'adonner à la littérature et de s'installer à Paris en 1871. Il devint l'un des poètes les plus prometteurs de la génération de 1870, fréquentant des salons prestigieux, celui de Nina de Villard, de Barbey d'Aurevilly, d'Alphonse Daudet et de Sarah Bernhardt. En 1883, il publia Les Névroses, ?uvre particulièrement tapageuse qui lui offrit le succès et la gloire. Fatigué par le bruit fait autour de son nom, il se retira à Fresselines, loin de la tourmente parisienne. Là, il continua son ?uvre poétique et musicale. Mais les autres arts ne lui étaient par pour autant étrangers. C'est ce que cet ouvrage entend montrer en présentant tour à tour ses relations avec des peintres et des sculpteurs tels que Monet ou Rodin et la manière inouïe dont Maurice Rollinat et son oeuvre les fascinèrent.