Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
La mémoire spoliée. Les archives des Français, butin de guerre nazi puis soviétique (de 1940 à nos j
Coeuré Sophie
PAYOT
10,65 €
Épuisé
EAN :9782228909044
Extrait de l'introduction:Un crime mineur...Pourquoi piller des archives?Dans la nuit du 9 au 10 juin 1940, Léon Blum fermait son appartement de l'île Saint-Louis et quittait Paris, fuyant comme des millions de Français devant la Blitzkrieg déclenchée par Hitler le 10 mai précédent. L'ancien président du Conseil laissait derrière lui avec inquiétude le décor paisible de sa vie, de son action et de son écriture: «La voiture stationnait devant la porte, toute prête. J'étais assis à ma table, dans ma chambre de travail, et trois amis très proches étaient autour de moi. Rien n'était changé dans la chambre, ni d'ailleurs dans l'appartement; aucun objet, aucun livre n'avait été déplacé. Rien ne sentait le départ, tout donnait au contraire le sentiment d'une vie égale, constante, paisible. Je ne parvenais pas à me décider; quitter cette maison où j'avais tant vécu, où j'avais connu le bonheur et la souffrance [...]. Quitter ma maison, quitter Paris, mais quand reverrais-je ma maison et ma ville?»Le 14 juin 1940, les troupes allemandes entraient dans Paris et avec elles les «commandos» que le ministère des Affaires étrangères de Berlin avait confiés au baron von Künsberg pour rechercher les actes, documents et livres contemporains susceptibles d'être exploités à des fins de propagande. Dès le 20 juin, une première perquisition s'attaquait au domicile de Léon Blum, visé comme «ennemi du Reich» avec d'autres personnalités de la IIIe République, hommes et femmes de gauche, juifs ou francs-maçons. Le 15 septembre, après que Léon Blum eut suivi le gouvernement à Bordeaux et se fut rendu à Vichy pour y voter en juillet contre les pleins pouvoirs au maréchal Pétain, il était arrêté près de Toulouse par la police de Vichy: à cette date, son appartement était entièrement vide, ses papiers et ses livres avaient pris le chemin de Berlin. Les deux valises de documents personnels déposées au domicile de sa femme à Jouy-en-Josas n'avaient pas été oubliées. En retrouvant Paris en mai 1945, au retour de son incarcération par l'État français, puis de sa déportation comme otage à Buchenwald, le leader de la SFIO allait reprendre pour un temps son action politique. Mais, malgré les efforts de la Commission de récupération artistique française envoyée en Allemagne et en Autriche sur la trace des biens spoliés, malgré l'émotion éprouvée à retrouver une lettre de sa petite-fille glissée entre les pages d'un ouvrage, il n'allait récupérer que quelques centaines de livres et de papiers épars. Léon Blum mourrait en 1950 sans savoir qu'une partie de ses documents pillés avait gagné dès 1945 l'Union soviétique.Cinquante ans plus tard, après la révélation de la présence d'archives françaises à Moscou, l'historien Ilan Greilsamer consultait sur place ces documents qui allaient lui offrir un nouvel éclairage biographique sur Léon Blum. Après de difficiles négociations entre la France et la Fédération de Russie, quarante cartons regagnaient Paris et étaient déposés en 2001 à la Fondation nationale des sciences politiques, comme l'avaient été en 1972 les archives conservées par Robert Blum et constituées de 1945 à la mort de son père. Ainsi réunis à Paris et offerts à une même curiosité des chercheurs, les deux fonds d'archives gardent cependant les traces de leur histoire heurtée. Les cartons «russes» avaient été classés au début des années 1950 sous la vigilante direction du lieutenant Valkova, responsable des fonds français et belges aux Archives spéciales centrales d'État de l'URSS. Quatre inventaires semblent reprendre largement l'ordre mis en place par Léon Blum lui-même et sa secrétaire quai de Bourbon. Mais leurs ruptures, leurs fractionnements laissent deviner la main des soldats allemands emportant les paquets pile par pile et les entassant dans des caisses.
Fontenay Elisabeth de ; Coeuré Sophie ; Da Cunha A
Résumé : Qu'est-ce qu'une identité ? Comment distinguer la clandestinité de l'anonymat ? Quelles sont les caractéristiques d'un héros ? Où naît la créativité artistique ? Quel rôle y joue la technologie ? Toutes ces questions, pas forcément liées entre elles, mais toutes plus que jamais mises en lumière par l'actualité, Adolfo Kaminsky - faussaire, photographe, résistant, humaniste, qui a sauvé des milliers de vie avec ses faux papiers depuis la Seconde Guerre Mondiale - y a répondu à sa manière, avec une discrétion absolue. D'une part le secret, la clandestinité, la vie risquée avec mort à la clé, la volonté de tromper l'ennemi, l'harassante falsification des identités, la fabrication des faux papiers, le triomphe de l'imitation indétectable... De l'autre, la photographie, la quête de l'instantané qui se confond avec la recherche de la vérité, celle d'un lieu, d'un visage, d'un paysage, ces clichés, éclairs d'un regard perspicace, pur et généreux, travail non plus de reproduction mais d'invention du réel. C'est en dehors des sentiers battus du prêt-à-penser, des ornières intellectuelles ou artistiques qu'Adolfo Kaminsky a tracé son destin.
Pendant près d'un quart de siècle, il a dirigé le Parti communiste français. Les médias ne concevaient pas un débat politique sans lui et son verbe fort. Il était de toutes les manifestations. Il allait à Moscou tous les ans ou presque, et multipliait les contacts avec les "pays frères". Il affronta Giscard, Chirac, Mitterrand, face auquel, en 1981, il réunit plus de 15 % des suffrages. Mais il semble avoir disparu de nos mémoires, de nos rues, de nos livres d'histoire. Lui, c'est Georges Marchais, mort en 1997. Des répliques cultes aux archives inédites, l'historienne Sophie Coeuré est partie sur ses traces, essayant de comprendre à la fois le personnage, l'effondrement, après lui, d'une grande force politique de gauche, et plus largement une certaine France, pas si lointaine, celle des années 1950-1990, où le choix était simple entre socialisme et capitalisme, où l'expression "famille politique" avait un sens très concret, et où l'on pouvait espérer concilier des solidarités internationalistes et un progrès social "aux couleurs de la France".
Livre des grandes désillusions, "Retour de l'URSS" est aussi la marque du courage politique et de l'engagement intellectuel. Invité en grande pompe en 1936 à Moscou, André Gide, jusque-là "compagnon de route" enthousiaste du communisme, se rend compte sur place, alors qu'il cherche à parcourir librement le pays, que la réalité soviétique ne correspond pas aux croyances occidentales. Il publie à son retour ce récit dévastateur qui rencontre aussitôt un énorme succès dans l'opinion française et internationale, et lui vaut la haine du PCF. Gide répondra en 1937 aux critiques et injures dans un second texte, "Retouches à mon Retour de l'URSS", que l'on trouvera également ici.
Pendant des décennies, la réalité du régime soviétique a été occultée par des images mythiques: les grands travaux, les kolkhoziennes souriantes, les ouvriers épanouis, les figures paternelles de Lénine et de Staline.Pourquoi, pendant si longtemps, la répression politique, les purges, les famines n'ont-elles pas provoqué en Occident de remises en cause décisives?A partir d'une documentation inédite provenant largement des archives de l'ex-URSS, Sophie Coeuré montre le formidable travail de propagande élaboré par Moscou. Les relais, en France, furent multiples, depuis la classique diplomatie jusqu'à l'industriel fasciné pur les grands travaux, en passant par le journaliste soviétique familier des mondanités parisiennes, le kominternien oeuvrant dans la clandestinité, le militant communiste ou le compagnon de route éblouis pur le voyage en URSS. Chez tous, un point commun: la répétition d'un discours dessinant une image toujours plus uniforme et plus positive du pays des Soviets, qui récupère une port bien choisie de l'héritage de l'Empire russe. On assiste en direct à la naissance d'une mythologie qui, avec des hauts et des bas, vu marquer la France pendant un demi-siècle.
Rédigé entre 1930 et 1933, pendant les terribles années de crise en Allemagne, ce classique de Wilhelm Reich (1897-1957) demeure une contribution capitale à la compréhension du fascisme. Refusant d'y voir l'idéologie ou l'action d'un individu isolé, rejetant de même l'explication purement socio-économique avancée par les marxistes, Reich considère le fascisme comme l'expression de la structure caractérielle irrationnelle de l'individu moyen, dont les besoins et les pulsions primaires, biologiques, ont été réprimées depuis des millénaires. Aussi, toute forme de mysticisme organisé, dont le fascisme, s'explique-t-elle par le désir orgastique insatisfait des masses.
Avec un humour ravageur et tout britannique, l'anthropologue Nigel Barley s'enfonce dans l'île indonésienne de Sulawesi (Célèbes) à la recherche de ce qui reste de la culture toraja. Au terme d'un parcours semé d'embûches (administrations capricieuses, pluies tropicales, sangsues voraces, transports aléatoires), il découvre un peuple chaleureux et accueillant, niché dans des montagnes à la beauté sauvage. D'un optimisme sans faille, l'auteur parviendra à faire venir à Londres les meilleurs artisans torajas. Ce sera alors son tour de devoir répondre à leurs questions, dans une version exotique de l'arroseur arrosé. Nigel Barley, qui s'était signalé par ses expéditions rocambolesques en Afrique de l'Ouest (Un anthropologue en déroute et Le Retour de l'anthropologue), nous offre ici un récit savoureux et montre, s'il en était besoin, que le respect et l'amitié se jouent des différences culturelles. --Guillaume Segerer
Presque aveugle à l'âge de seize ans, Aldous Huxley (1894-1963) vécut jusqu'en 1939 avec une vision très déficiente. C'est alors qu'il découvrit la méthode du Dr W.H. Bates, une méthode de rééducation visuelle à base psychologique, qui lui permit en quelques mois de lire sans lunettes. Par gratitude envers ce pionnier de l'éducation visuelle, Huxley écrivit L'Art de voir. Il y explique la méthode du Dr Bates en la rapprochant des grandes découvertes de la psychologie moderne. Car apprendre à mieux voir, c'est apprendre à mieux vivre. Non seulement mieux vivre avec les autres, mais aussi mieux vivre avec soi-même.
Résumé : Nul n'était mieux qualifié que l'autour de ce livre - docteur en philosophie et rabbin de la synagogue de Birmingham - pour entreprendre le véritable tour de force qu'il a réussi en réalisant la synthèse de l'enseignement contenu dans le Talmud. La richesse de son information n'a d'égale que la maîtrise avec laquelle il répartit son savoir en une suite de chapitres aussi clairs que précis. Cet ouvrage, pendant longtemps encore, rendra d'inestimables services à ses lecteurs.
Voici l'histoire d'un meurtre politique de masse". C'est par ses mots que Timothy Snyder entame le récit de la catastrophe au cours de laquelle, entre 1933 et 1945, 14 millions de civils, principalement des femmes, des enfants et des vieillards, ont été tués par l'Allemagne nazie et l'Union soviétique stalinienne. Tous l'ont été dans un même territoire, que l'auteur appelle les "terres de sang" et qui s'étend de la Pologne centrale à la Russie occidentale en passant par l'Ukraine, la Biélorussie et les pays Baltes. Plus de la moitié d'entre eux sont morts de faim. Deux des plus grands massacres de l'histoire - les famines préméditées par Staline, principalement en Ukraine, au début des années 1930, qui ont fait plus de 4 millions de morts, et l'affamement par Hitler de quelque 3 millions et demi de prisonniers de guerre soviétiques, au début des années 1940 - ont été perpétrés ainsi. Tous deux ont précédé l'Holocauste et, selon Timothy Snyder, aident à le comprendre. Les victimes des deux régimes ont laissé de nombreuses traces. Tombées après la guerre de l'autre côté du rideau de fer, elles sont restées dans l'oubli pendant plus de soixante ans et ne sont revenues au jour qu'à la faveur de la chute du communisme. Timothy Snyder en offre pour la première fois une synthèse si puissante qu'un nouveau chapitre de l'histoire de l'Europe paraît s'ouvrir avec lui. Ce faisant, il redonne humanité et dignité à ces millions de morts privés de sépultures et comme effacés du souvenir des vivants. Par sa démarche novatrice, centrée sur le territoire, son approche globale, la masse de langues mobilisées, de sources dépouillées, l'idée même que les morts ne s'additionnent pas, Timothy Snyder offre ici un grand livre d'histoire en même temps qu'une méditation sur l'écriture de l'histoire.
Histoire des mentalités, le premier volume, La guerre, oui ou non, brosse le tableau d'une opinion publique divisée devant l'Allemagne nazie et évoque les incertitudes d'une nation anémiée physiquement et moralement. Mal remise de la saignée de la Grande Guerre, affaiblie par des années de médiocre politique, écartelée entre la crainte du communisme et la tentation fasciste, rongée par la xénophobie et l'antisémitisme, la France se réfugie dans l'attentisme pour se lancer finalement au combat, à l'avant-garde des démocraties, à travers l'épreuve douteuse de la "drôle de guerre". A travers une étude novatrice de l'histoire industrielle et militaire, le second volume rappelle que le sort du pays dépendait largement des Ouvriers et soldats. Qui incriminer si, en 1940, l'armement était incomplet, l'aviation insuffisante, la mécanisation manquée, la stratégie et la tactique inadaptées et le moral incertain ? L'auteur met en lumière le formidable effort de guerre entrepris à partir de septembre 1939 par le ministre de l'Armement Raoul Dautry, comme il montre, des Ardennes à la mer, le sursaut final des combattants de mai-juin 1940. Mais dans les deux cas, trop tard. L'histoire n'attend pas...
Winston Churchill (1874-1965) a connu deux siècles et deux guerres mondiales. Sa volonté suprême a été durant toute son existence de "faire l'histoire" à la fois en y imprimant sa marque par ses actions politique et historique et en l'écrivant puisqu'il fut à la fois journaliste, historien, prix Nobel de littérature et finalement artiste (peintre). Cet ouvrage entend offrir au grand public à partir d'éléments biographiques le parcours hors normes de ce personnage perçu comme un visionnaire à l'instar des grands hommes qui ont "fait l'Histoire". En mettant sa pensée à la portée de tous, l'auteure nous fait découvrir un homme aux multiples contradictions mais dont la lucidité et le courage ont guidé ses actions.