Savamment évoqué par Jacques Thirion dans son ouvrage Alpes romanes paru il y a quarante ans, et réexaminé depuis lors d'études monographiques ou à l'occasion du congrès de la Société française d'archéologie en 2010, le patrimoine religieux médiéval méritait que l'on aille plus loin, en posant sur lui un regard nouveau. Pour cette publication, il ne fut pas chose facile de déterminer les édifices qui allaient être évoqués. Chaque bâtiment, chaque ruine avait son sens et son histoire. Des choix ont été effectués cependant : certains édifices s'imposaient, d'autres ont été retenus pour la forte empreinte médiévale qu'ils pouvaient encore porter. En ouverture de l'ouvrage, une présentation générale des monuments chrétiens de l'Antiquité tardive et du Haut Moyen Age a paru nécessaire, tant le semis de lieux de culte, qui s'est mis en place par strates successives du ve au xe siècle, a influé sur la construction du paysage monumental roman. Ce tableau d'une christianisation qui irrigue largement le territoire et qui se poursuit, malgré l'instabilité politique, avec la période carolingienne, nous conduit au début du xie siècle, lorsque s'amorce, grâce à l'action de certains acteurs, évêques, ordres monastiques, seigneurs, un vaste mouvement de construction qualifié d' "architecture romane" . Ainsi le premier âge roman apparaît-il comme un temps de réorganisation où des forces structurantes sont à l'oeuvre, notamment celle du clergé régulier. Cette vague de construction fait naître des édifices qui se distinguent selon leur plan, la présence d'une crypte, la qualité technique et esthétique de l'appareil, son décor et parfois sa polychromie. Simplicité et austérité sont ensuite les maîtres-mots du second âge roman dont les chantiers se prolongent, bien plus qu'ailleurs, jusque dans la seconde moitié du xiiie siècle. Toute son élégance tient au talent des artisans et à leur maîtrise de l'outillage pour produire des parements homogènes et harmonieux, caractéristiques de cette période. C'est dans cet art maîtrisé de la taille que s'inscrivent les constructions de Valbonne ou de Grasse. Le corpus démontre également les liens qui s'établissent avec des formules architecturales adoptées dans le nord de l'Italie, le Languedoc et au-delà, la Catalogne. Une fois le cadre posé, les auteurs se sont attachés à reprendre, pour chaque édifice, l'examen des sources historiques et à fonder leurs nouvelles interprétations sur des observations de terrain. Chaque monographie évoque les sources écrites, réalise une description archéologique du bâtiment, en souligne les évolutions afin d'en proposer, in fine, la datation. Dans de nombreux dossiers, les connaissances ont été affinées par de nouvelles analyses ; la chapelle Saint-Sauveur sur l'île Saint-Honorat est ainsi mieux comprise grâce aux fouilles menées par Yann Codou, l'église Saint-Gervais de Sospel ou l'église Saint-Véran d'Ascros sont redécouvertes à la faveur des analyses de Catherine Poteur, la cathédrale de Vence s'impose comme un modèle dans les chantiers innovants du premier âge roman. L'ouvrage renouvelle les connaissances scientifiques sur cette architecture dont on conserve des exemples exceptionnels et qui font des Alpes-Maritimes un haut lieu des origines de l'art roman.
Codou Yann ; Pécout Thierry ; Pontier Georges ; Go
Résumé : Depuis la Côte d'Azur jusqu'au Rhône, des Alpes à la Méditerranée, la Provence n'est guère perçue comme terre de cathédrales dans l'imaginaire collectif. Et pourtant, cette région connut les premières traces de communautés chrétiennes organisées des Gaules et la présence des papes à Avignon. Près d'une trentaine de cathédrales, parfois éphémères, y virent le jour au fil des siècles. La plupart portent l'empreinte de l'époque médiévale, inspirée tant par le classicisme antique que par l'austérité monastique. Beaucoup aussi furent marquées par la reconquête catholique des Temps modernes dont le baroque exprime l'étourdissant programme. Enfin, les dernières d'entre elles, édifiées au XIXe siècle, sont parmi les plus récentes de France et rendent hommage à leurs prestigieuses devancières. Trente-trois spécialistes ? historiens, historiens de l'art, archéologues ? et neuf évêques nous invitent à une découverte exceptionnelle, somptueusement illustrée.
Labrousse Mireille ; Codou Yann ; Le Gall Jean-Mar
L'abbaye de Lérins est une des très rares maisons religieuses à avoir été rétablie en France après la Révolution en un site monastique paléochrétien marqué par le prestige de ses commencements et de ses premières générations de saints. Sur l'île Saint-Honorat, où les cisterciens ont succédé aux bénédictins, a eu lieu une expérience monastique exceptionnelle par sa durée, sa complexité, ses choix et parfois ses difficultés. Elle se poursuit depuis 1600 ans. Pourtant, aucune étude historique de quelque ampleur sur le monastère n'était depuis longtemps disponible. Cet ouvrage vient combler cette lacune. Il propose une histoire de l'abbaye sur la longue durée, mettant en valeur les temps forts des communautés qui se sont succédé, sans ignorer les silences et les crises qui les ont touchées. Il reprend l'examen des sources documentaires archéologiques, manuscrites et imprimées, les analyse selon les problématiques de la recherche actuelle, afin de dégager la spécificité et la richesse du vécu humain multiséculaire qu'a connu ce lieu d'exception, entre mer, terre et ciel.
L'autoroute A68 Toulouse-Albi constitue une des portions du projet de liaison rapide entre Lyon et Toulouse par le Massif Central. Ce livre relate son histoire, étalée sur trente ans sans doute parce qu'elle ne s'imposait pas au niveau national. Cette histoire doit beaucoup aux acteurs locaux qui ont su en faire un instrument de développement et elle met en évidence l'importance du fait départemental à l'aube du XXIe siècle. Comment s'élabore une infrastructure de type autoroutier dans une région périphérique ? Quel est le rôle des collectivités locales dans le processus d'aménagement ? Quels sont les impacts de la mobilisation de groupes d'habitants contre les nuisances entraînées par un projet en site propre ? Quelle est la part due à l'autoroute dans l'évolution socio-économique des espaces traversés, alors que beaucoup d'autres facteurs interviennent dans la dynamique spatiale ? L'auteur a cherché à identifier les points de rencontre et les éventuelles divergences entre le nouvel axe et les autres éléments qui participent à la recomposition des territoires.
A l'occasion de la 31e édition du Festival International du Photojournalisme Visa pour l'Image - Perpignan, les éditions Snoeck ont le plaisir de publier, pour la douzième fois, le catalogue officiel du festival. Depuis sa première édition en 1989, le festival nous rappelle que, pour une information visuelle de qualité, le regard du photojournaliste est indispensable. Rendez-vous immanquable des amoureux de la photographie et du reportage, le festival réunit plus de 220 000 visiteurs chaque année à Perpignan. Depuis 30 ans, Visa pour l'Image - Perpignan accompagne les mutations économiques et politiques des métiers du photojournalisme et de la presse, et soutient les professionnels en leur donnant l'opportunité de montrer leur travail et de le faire découvrir au plus grand nombre. Plus que jamais, le festival s'avère nécessaire pour défendre ceux qui exercent un métier qui permet d'informer, de comprendre et d'alerter, dans des conditions toujours plus dangereuses et précaires. Cette année, nous présentons toutes les expositions de l'édition 2019 avec, pour chacun des photographes, huit pages consacrées à leur reportage.
La Mésopotamie, le pars "entre les deux fleuves" Tigre et Euphrate, est le berceau de l'écriture avec laquelle commence l'histoire. C'est aussi le pays des premières villes et des plus anciens systèmes politiques et administratifs connus. A la recherche des origines de nos civilisations, de nos mythes ou de notre imaginaire, c'est eu Mésopotamie que l'on retrouve les plus anciens témoins concernant les villes, l'Etat, l'écriture, la comptabilité, les mathématiques, l'astronomie ou l'astrologie, dont nous ayons notamment hérité le découpage du temps, et bien d'autres inventions fondamentales. Elargissant une formule de Samuel Noah Kramer, l'exposition "L'histoire commence en Mésopotamie" présente ce qu'a pu être l'antique Mésopotamie depuis l'apparition de l'écriture à la fin du 4e millénaire jusqu'à la conquête d'Alexandre le Grand au IVe siècle avant notre ère. Trois mille ans d'histoire y sont racontés pour découvrir ses croyances, son économie, son cadre de vie urbain, ses rois, ses dynasties et ses empires mais encore son écriture et ce qu'elle nous dit, aussi bien de la société au quotidien, que des plus hautes sciences et lettres. C'est également l'occasion d'évoquer l'aventure de la redécouverte relativement récente de l'histoire mésopotamienne. L'exposition rappelle à la fois l'importance universelle du patrimoine mésopotamien et l'imaginaire plus ou moins fantasmé autour de cette vénérable civilisation, à qui nous devons tant et qui finit pas de fasciner.
Cette présentation d'une sélection d'oeuvres de la collection du Musée des beaux-arts de Gand permet de découvrir les principaux courants de l'art moderne belge entre 1880 à 1940, du symbolisme au surréalisme. Des oeuvres néerlandaises illustrent en outre les influences artistiques réciproques entre la Belgique et les Pays-Bas.
Le Musée des Beaux-Arts de La Boverie, à Liège, compte plusieurs milliers d'oeuvres d'art dans ses collections, depuis la Renaissance jusqu'au XXIe siècle, couvrant essentiellement la peinture, la sculpture et les arts graphiques. Ce beau livre d'art invite à une promenade passionnante, vivante et riche en découvertes, à travers une sélection inédite de chefs-d'oeuvre, belges et internationaux, rassemblés depuis plus d'un siècle dans les collections publiques de la Ville de Liège. Ce nouvel ouvrage constitue le deuxième volume du Catalogue des collections du Musée des Beaux-Arts de Liège. Il contient 100 notices d'oeuvres, une vingtaine de textes et études, et plus de 160 illustrations. Il intéressera tous ceux qui souhaitent acquérir une meilleure connaissance des collections du Musée des Beaux-Arts de Liège. Mais il passionnera également celui qui, simple amateur, historien d'art ou chercheur chevronné, désire parcourir, grâce à des images de qualité et un langage accessible, les pages de l'histoire de l'art en Europe, ses influences et ses prolongements. De Lambert Lombard à James Ensor, d'Eugène Fromentin à Théo Van Rysselberghe, de Joseph Csaky à Jean Arp, en passant par Sonia Delaunay, Paul Delvaux ou le mouvement Cobra, cet ouvrage offre une vue en profondeur sur l'une des plus riches collections publiques de Belgique.