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COMBAT DE LA RESISTANCE A LA REVOLUTION. Juillet 1968 - Juin 1970
Clavel Maurice
FLAMMARION
9,20 €
Épuisé
EAN :9782080606006
Qu'est-ce qui peut m'excuser d'avoir réuni en un livre ces chroniques du Nouvel Observateur et de Combat, ces témoignages et ces pensées qui relèvent de l'éphémère ? C'est peut-être que de nos jours il n'y a plus d'éphémère, puisqu'il n'y a plus de durable, encore moins d'éternel. C'est peut-être qu'on trouve aujourd'hui plus de sens, implicite ou caché, dans tel événement que dans telle doctrine. Que le discours en règle est usé avant que de naître, dans sa trame ou dans ses racines. C'est que, comme le disent ou le suggèrent ces textes, nous sommes dans une ère de faille, de transition ou de révolution culturelle - étant bien entendu que la culture est dans l'homme le plus profond. C'est que la vérité de telle ou telle invention a moins de poids que l'authenticité de la recherche. Un important philosophe me demanda, en juin 1970, à la date où s'arrête ce premier recueil, " le livre de philosophie qui est en filigrane de vos articles ". Je promis d'essayer. Je ne pus, ou je n'eus pas le temps. Je me récusai. Il me répondit joliment qu'il y avait, en fin de compte, plus de lumière dans le filigrane que dans la page.
On n'a jamais fait cela. Ce n'est pas un jugement de valeur, c'est un fait. C'est aussi le cri des premiers lecteurs de cet ouvrage. Clavel était allé plusieurs fois aux usines Lip de Palente dans l'intention de ramener, au bout de quelques semaines, une plaquette documentaire sur ce conflit, le plus grave et le plus chargé d'espérance que la France ait connu depuis longtemps. Six mois après, il nous donne une symphonie avec choeurs et orgues, romanesque, mais peut-être plus vraie que la vérité. Ou encore une sorte de cathédrale... Que les définitions approximatives de cette oeuvre s'empruntent à l'architecture ou à la musique, c'est signe qu'elle n'a guère de précédent en littérature. On pourrait même penser à un film soviétique de haute époque, si la plupart des animateurs de la lutte et des principaux personnages de l'ouvrage n'étaient des militants chrétiens - auprès de qui l'auteur semble s'être enrichi. Et le peuple est là, lui aussi, non dans son anonymat, mais dans son âme commune et ses personnalités particulières, que la lutte révèle et qui en retour la nourrissent. C'est ce peuple qui donne souvent à ce livre sa dimension de poème épique. L'avenir dira si Les Paroissiens de Palente sont pour l'art de Clavel un aboutissement ou un nouveau début. Les deux, sans doute...