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METAPHYSIQUE ET EXISTENCE ESSAI SUR LA PHILOSOPHIE DE JULES LEQUIER
CLAIR
VRIN
27,00 €
Épuisé
EAN :9782711614196
L'unique tâche philosophique de Lequier a consisté dans la recherche d'une première vérité. Si une méthode réflexive ne parvient jamais à établir définitivement celle-ci et si la méthode dialectique se heurte sans fin aux apories, spécialement celles de la nécessité et de la liberté, une autre voie s'ouvre, celle du récit existentiel. Or cette voie, loin de mettre en question la métaphysique, est plutôt celle qui expose, sous une forme phénoménologique, comment la vérité peut s'accomplir comme liberté dans l'histoire par laquelle un être humain effectue son identité. L'œuvre de Lequier dessine ainsi une figure très originale, à la croisée de la philosophie réflexive (à la suite de Descartes et de Fichte), du dialogue philosophique le plus rigoureux et du roman d'existence - toutes ces recherches se nouant dans une enquête sur les principes. Si la tension de la pensée est extrême, signifiant l'écart entre l'exigence de totale rationalité et l'exaltation romantique de la passion, c'est pourtant bien, en cela même, une interrogation d'une singulière acuité qui, portant sur les actes les plus communs de l'existence, examine d'une manière très classique les principes métaphysiques. Ainsi, au lieu que la métaphysique et l'existence soient antagonistes et disjointes, c'est dans les situations vécues qu'est reconnue, et même qu'est " faite ", la première vérité sous la figure de la liberté. La présente étude, effectuée à partir du Fonds Jules Lequier en dépôt à l'Université de Rennes I, examine et interroge les diverses voies de l'œuvre et les thèmes majeurs de la philosophie de Lequier.
« Ce jour où je revenais, soixante ans plus tard, quelqu?un, dans cette désolation, habitait toujoursla ferme où j?avais vécu, mais ne se montrait pas. Personne n?est sorti pour me demander quij?étais, ce que j?étais venu faire ni ce que je cherchais. Dans ce pays de bocage, l?étranger étaittoujours assez mal reçu; il apportait l?extérieur, c?est-à-dire le mal. J?ai vu, en un instant, dans cette solitude et dans ce silence, la seconde mort des paysans, leur mort définitive. Quand je songeais à la Mayenne, à la terre maternelle d?où j?étais venu, l?image avait gardé ses traits, sa profondeur, sa lumière. Mais la terre paternelle demeurait inaccessible, c?était un lointain, une ombre bleutée. On venait d?un pays natal, mais on n?atteindrait pas la patrie, qui resterait un horizon ». Ce nouveau volume du « journal » de Jean Clair s?ouvre sur une longue, précise et émouvante description du monde rural, en Mayenne, où l?enfant fut envoyé à la fin de la Deuxième guerre mondiale. Sans idéaliser le monde paysan, dont il rappelle la dimension arriérée et souvent insupportable, il en fait la jauge d?une évolution sociale et civilisationnelle qui se confond avec ce qu?on pourrait appeler la provincialisation de la France. A partir de ce souvenir, Jean Clair évoque, avec un art consommé de la digression savante, ses thèmes favoris, comme le sens de l?art, ou encore la défense de la psychanalyse, la sexualité, la solitude, le vieillissement. L?écriture, serrée, alerte, évitant toute complaisance, participe à donner à ce volume une profondeur particulière.
Résumé : Pour la première fois, Jean Clair donne comme sous-titre à son texte Journal 2012-2015, comme s'il reconnaissait que ses écrits littéraires parus chez Gallimard, depuis le Court traité des sensations en 2002, étaient les pans d'une même oeuvre, fascinante à plus d'un titre, qui le met au niveau des grands diaristes, et dont La part de l'ange est le nouveau volume après Dialogue avec les morts en 2011 et Les derniers jours en 2013. Jean Clair revient sur de nombreux thèmes abordés dans ces textes, comme l'enfance de l'auteur, petit-fils de paysans, fils d'ouvriers, son apprentissage du langage, sa profonde mélancolie touchant au désespoir quand il fait le constat de la déliquescence d'une société où le mot culture a perdu son sens. Il revient encore sur son obsession du sexe de la femme et de ce qu'il représente, puis écrit des merveilles sur les animaux familiers, sur la représentation du visage ou son impossibilité. Et comme toujours des pages admirables sur les mots, leur origine, les mondes disparus qu'ils évoquent. C'est avant tout un hommage à la langue, au "mot juste", et bien que Jean Clair adopte volontiers la pose de celui qui ne comprend plus son époque, combien de fois le lecteur n'est-il pas étonné de sa pertinence. La part de l'ange, c'est la part volatile d'un alcool qui a vieilli en fût. C'est aussi, le rappelle Jean Clair, la petite place ménagée sur l'oreiller où l'ange qui veille sur les enfants vient reposer auprès d'eux.
Clair Jean ; Fumaroli Marc ; Montebello Philippe d
Résumé : Le 18 juin 2009, Jean Clair est reçu à l'Académie française au fauteuil numéro 39 précédemment occupé par Bertrand Poirot-Delpech. Cet ouvrage présente le discours de réception de Jean Clair et la réponse de Marc Fumaroli. Suivent les allocutions prononcées à l'occasion de la remise de l'épée par Philippe de Montebello, Antoine Gallimard et Pierre Nora.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.