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Le livre de Promethea
Cixous Hélène
GALLIMARD
11,00 €
Épuisé
EAN :9782072957611
J'ai un peu peur pour ce livre. Parce que c'est un livre d'amour. C'est un buisson de feu. Mieux vaut s'y jeter, une fois dans le feu, on est inondé de douceur. J'y suis : je vous le jure". Voilà ce que dit "l'auteur" de ce livre ; mais qui est l'auteur, Hélène Cixous ? H ? ou Promethea ? "D'ailleurs c'est le livre de Promethea. C'est le livre que Promethea a allumé comme un incendie dans l'âme de H". Il s'agit du journal immédiat, urgent, brûlant, d'une passion en train de prendre élan, éternité. Cette "chronique" n'a aucune autre technique que la plus ardente fidélité : elle a un rythme, musical, inégal, celui du coeur. A travers ces cahiers, ces chapitres, inscrits sur le vif, se dessinent les portraits de deux créatures qui se vouent à aimer comme au temps des légendes ou des quêtes épiques. Tout véritable amour n'est-il pas épique ? Ce livre est simple et compliqué comme l'amour, douloureux comme la peur de la mort, joyeux comme la confidence absolue. Parfois on verse les larmes brûlantes de la jalousie, parfois on pleure de rire. Ce livre a un goût de sel et de miel.
Extrait C'était avant la fin, tu es le temps, pensais-je, le temps d'avant la fin. Je n'avais encore jamais vu une si fine splendeur. Soudain j'étais avertie que j'approchais le point, je vis que je voyais luire la vie. Il y en avait partout. Elle jetait ses derniers feux, surtout dans les feuillages et dans l'air. Et aussi dans les larges yeux de ma mère que l'âge met de plus en plus en avant. Tu es le temps lui dis-je. Lui me travaillait toute. Jeudi c'était le premier jour du mois de mort de mon mort mon père le mort, mon mort premier ma première mort le cinquantième premier jour, quelle fraîcheur cette mort ce mort pensais-je, cette mort qui ne vieillit pas, moi j'habitais maintenant avant la mort de ma mère, je regardais ma mère se lever et se coucher tous les jours à mon horizon, avec une admiration bouleversée je me vivais d'angoisse, je ne nie pas quelques fois, certains petits matins malins de petits déjeuners quelques instants d'horripilation, quand une crise de caprices dérange soudain la belle régularité de son tour de roue cosmique, cela tourne toujours autour du pain, du thème du mauvais pain, «je n'aime pas ce pain» grince ma mère, cela signifie : je ne t'aime pas je n'aime pas ce jour je suis très en colère avec cette famille je n'aime pas cet univers, je lui apporte, notez-le, une autre sorte de pain, qu'elle n'aime pas également, ensuite une autre, puis une sixième, et tout en traduisant avec exactitude ses coups de pied aux pains successifs, je sens monter en moi une fureur, nous sommes possédées elle et moi par deux démons qui s'empoignent invisibles mais tangibles à propos de faux pain, les horions pleuvent, nous en venons aux deux extrémités la rage et le grotesque, la guerre vient vite, dans cet avent d'une noirceur cramoisie.
Ici sont rassemblés des moments d'intense curiosité. Je me demande d'où vient à l'artiste-écrivain, peintre, musicien, être humain féminin masculin - cette étrange force qui vous lance à l'œuvre, vous oblige à vous soucier du mystère de l'autre, cette sorte d'amour pour le visage secret de l'Autre. Cette espérance...
Résumé : "Comment font les gens qui ne disposent pas d'un Rêvoir de rêves, les malheureux, je n'arrive pas à imaginer une existence maintenue sous la coupe implacable du Cauchemar. J'ai connu un temps la liberté. Quand une liberté est pure et libre on ne s'en aperçoit même pas. On va, on vient, se couche, se lève, immortellement pendant des années, on ne les compte pas, on n'est ni savant, ni ignorant, on est distrait, on respire, on entre dans des magasins, puis dans d'autres, il y a des calendriers pour tout un chacun. Je fais appel à toutes mes forces mentales, pour deviner l'état du cerveau de ceux qui n'ont jamais connu, jamais aspiré l'air de la liberté, un air légèrement sucré, légèrement salé, discret, agréable, ceux qui à peine nés ont été déposés dans une cage, voués du premier au dernier souffle au cachot de l'esclavage, toutes ces créatures qui n'ont connu de la liberté que le regret greffé dans tout le corps par le mystère de l'héritage".
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Les Souffrances du jeune Werther - Les Affinités électives - Wilhelm Meister: 1° Les années d'apprentissage - 2° Les années de voyage ou les renonçants. Traduit de l'allemand par Bernard Groethuysen, Pierre du Colombier et Blaise Briod, introduction de Bernard Groethuysen. Notes des traducteurs.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.