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Lire, interpréter, actualiser. Edition revue et augmentée
Citton Yves ; Cusset François
AMSTERDAM
24,00 €
Épuisé
EAN :9782354801496
Ce livre est un plaidoyer pour les lectures actualisantes, qui cherchent dans les textes littéraires d'hier matière à réfléchir sur les problèmes d'aujourd'hui et de demain. Voyant dans la lecture le modèle de constitution de notre réalité humaine et sociale, il propose une cartographie du rôle nouveau que les activités d'interprétation sont appelées à jouer. La théorisation rigoureuse des méthodes, des enjeux et des limites du geste actualisateur s'articule sur une prise de position politique, dénonçant les angles morts et les perspectives étriquées du néo-conservatisme dominant. Lire, interpréter, actualiser voudrait donc faciliter l'accès aux problématiques actuelles de la théorie littéraire - désormais partie prenante des humanités numériques et des études de media comparés -, de la réflexion herméneutique et des multiples noeuds unissant biopolitique, capitalisme cognitif et économie des affects. Son ambition : faire des études littéraires le lieu d'une indiscipline exaltante, au coeur de notre plus brûlante actualité.
« La gauche », « la droite », ça n?existe plus - dit-on. Il n?y aurait que des innovations en marche, et des réformes imposées au pas de course. Mais dans quelle direction ? Selon quels principes d?orientation ?Ce petit livre espère nous réorienter à partir d?un angle peu usité dans nos débats politiques : celui de la sensibilité littéraire. À l?ineptie médiatique des petites phrases, il oppose les vertus poétiques et politiques des nouveaux mots. Une vingtaine de termes insolites sont proposés pour représenter les tensions sous-jacentes à nos problèmes contemporains. Organisée en polarités, cette panoplie espiègle de nouveaux -ismes décline et reconfigure la grande opposition droite-gauche sans pour autant l?abolir.Davantage que fonder un nouveau parti, il s?agit d?identifier de nouveaux courants, inséparables de leurs contre-courants. Plutôt qu?à choisir un camp, la littérature aide à saisir des tensions, qui nous traversent tous et toutes. Au lieu d?appeler à la guerre, elle invite à (se) sourire - nos problèmes étant bien trop graves pour être abandonnés à l?esprit de sérieux ou de faction. Yves Citton est professeur de littérature et media à l?université Paris 8 Vincennes-Saint Denis, et co-directeur de la revue Multitudes. Notes Biographiques : Yves Citton est professeur de littérature et media à l'université Paris 8 Vincennes-Saint Denis et co-directeur de la revue Multitudes. Outre environ 200 articles parus dans une douzaine de pays, qui sont en accès libre sur www.yvescitton.net, il a publié récemment Médiarchie (Paris, Seuil, 2017).
Résumé : Pour une écologie de l'attention A contre-pied des lamentations courantes, cet essai propose une vision d'ensemble des questions que pose le déferlement d'images et d'informations qui condamnerait notre société à un déficit attentionnel pathologique. La sur-sollicitation de notre attention est un problème à mettre au coeur de nos analyses économiques, de nos réformes pédagogiques, de nos réflexions éthiques et de nos luttes politiques. Rien ne nous condamne toutefois à une dissipation abrutissante. Comment rediriger notre attention ? Faut-il apprendre à " gérer " nos ressources attentionnelles pour être plus " compétitif " ? Ou à nous rendre mieux attentionnés les uns envers les autres, ainsi qu'envers les défis environnementaux et sociaux qui menacent nos milieux existentiels ? Ce livre esquisse une écologie de l'attention porteuse d'alternatives à une suroccupation qui nous écrase. Yves Citton Professeur de littérature et media à l'université Paris 8 et co-directeur de la revue Multitudes. Il a notamment publié Médiarchie (Seuil, 2017) et Générations collapsonautes (avec Jacopo Rasmi, Seuil, 2020).
La quatrième vague du féminisme a commencé : venue d'Amérique latine, portée par les combats contre les féminicides et pour la liberté des femmes à disposer de leur corps, amplifiée par le moment Metoo, elle constitue aussi-surtout-un mouvement qui s'attaque à l'inégalité des rapports de production et de reproduction sous le capitalisme. Qui dépasse, sans les exclure, les revendications juridiques ou paritaires et repense l'ensemble de l'organisation sociale à partir des oppressions subies par les femmes et les minorités de genre. Le féminisme est révolutionnaire ou il n'est pas : voilà la thèse soutenue par Aurore Koechlin, qui se propose d'abord de guider ses lectrices et lecteurs à travers l'histoire trop méconnue des différentes vagues féministes. Du MLF à l'inter-sectionnalité, de l'émergence d'un "féminisme d'Etat" au féminisme de la reproduction sociale, ce petit livre tire le bilan politique et intellectuel d'une quarantaine d'années de combats, repère leurs impasses, souligne leurs forces, pour contribuer aux luttes actuelles et à venir.
Bâtonner (verbe) : action de copier-coller une dépêche fournie par une agence de presse en la remaniant à la marge. Pratique ordinaire, le bâtonnage résume à lui seul ce que le productivisme fait aux médias. C'est ce que montre le livre de Sophie Eustache, fruit d'une longue enquête, en nous immergeant dans les rédactions, web notamment. Mises en concurrence, celles-ci sont sommées de produire des contenus par les patrons de presse. Pendant que les sommités du journalisme pontifient, les ouvriers spécialisés de l'information, rivés à leur desk, travaillent à la chaîne. Dépossédés de leur savoir-faire par une organisation du travail taylorisée, leurs cadences s'accélèrent, leurs gestes s'automatisent. L'information, paramétrée par les algorithmes, est usinée en série dans les open spaces. Et dans cette course à la productivité, la fusion du néolibéralisme et du numérique détériore les conditions de travail et le travail lui-même. Dès lors, comment se fait-il que les travailleurs de l'information continuent de consentir à ce qu'ils font ? Si Bâtonner décrit la transformation des pratiques professionnelles, il interroge aussi les mécanismes de l'aliénation. Déqualifiée et disqualifiée, la profession proteste mais continue de se croire indispensable à la vertu publique. Toujours prompte à "checker" et "décoder" les fake news des autres, elle en oublie souvent que, réduit à une marchandise, le journalisme n'est pas l'ami du peuple, mais un vice qui corrompt la langue, la pensée et, avec elles, la possibilité de la démocratie.
Ville globale, ville créative, ville multiculturelle, ville intelligente... Autant de slogans à la mode qui imposent et diffusent une vision aseptisée et consensuelle des réalités urbaines. Les villes doivent au contraire être bousculées, chahutées, contestées. C'est précisément ce que ce recueil se propose de faire en réunissant pour la première fois un ensemble d'auteurs dont la réflexion n'épargne ni les espaces urbains, ni les élites qui les façonnent et les gouvernent. Par la radicalité de leurs analyses, qui portent entre autres sur la financiarisation de la production urbaine, sur les trompe-l'oeil que représentent le développement durable, la mixité sociale ou le multiculturalisme, sur les dispositifs de surveillance et de contrôle des populations, et plus globalement sur les formes de domination qui régissent les rapports sociaux en ville, les onze textes réunis dans ce recueil parviennent à identifier, et par là à contester, les nombreuses contradictions spatiales et urbaines que le système capitaliste produit et reproduit. Ils nourrissent ainsi une géographie critique de l'urbain et, indirectement, une critique en profondeur des sociétés contemporaines.
Comment, au milieu du XIXe siècle, Paris a-t-elle pu devenir l'incarnation urbaine de la modernité ? Pour répondre à cette question, David Harvey a exploré les mutations connues par la ville à cette époque : transformation physique, avec les grands projets d'Haussmann, qui remplace le plan médiéval par les grands boulevards ; transformation économique, avec une nouvelle forme de capitalisme dominée par les puissances financières et industrielles ; transformation culturelle, avec l'irruption de ce qu'on appellera plus tard le modernisme ; transformation sociale, avec l'émergence de violents antagonismes de classes qui atteignent leur paroxysme dans les révolutions de 1848 et de 1871. En présentant la ville moderne comme le produit instable de forces hétérogènes et contradictoires, David Harvey nous offre une image vivante du fonctionnement de Paris ainsi qu'une vision panoramique de la période décisive que fut le Second Empire. Mais cette analyse de la ville moderne est aussi l'occasion d'une réflexion magistrale sur la ville contemporaine - sur la part de la population dans l'urbanisation, sur son accès aux ressources, en somme sur le "droit à la ville".