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Bréviaire des vaincus. Tome 2
Cioran Emil ; Puica Gina ; Piednoir Vincent
L'HERNE
13,70 €
Épuisé
EAN :9782851979414
Le Bréviaire des vaincus est le livre charnière de Cioran. Il l'a écrit de 1940 à 1944, à Paris, mais en roumain. C'est son dernier (et sixième) livre en roumain, c'est aussi le premier écrit en France.Cioran se veut désormais parisien. «Je me repose dans les nonchalances de la France et je m'adoube chevalier de la langueur parisienne.» Mais il n'arrive pas non plus à se sentir français. «Y avait-il boulevard Saint-Michel un étranger plus étranger que moi ?»Alors, déchiré, sans espoir, il cherche un semblant de consolation en habillant sa pensée mortuaire dans les haillons de lumière de la poésie. Mais le lecteur français trouvera ici pour la première fois les idées et surtout le style de Cioran, celui qu'il a découvert dans les livres qui ont fait le ton et la pensée unique de l'auteur du Précis de décomposition.
Résumé : Homme en colère, moraliste à l'esprit corrosif, Cioran place le désespoir au coeur de sa pensée. Dans un style incisif et décapant, il livre ses aphorismes et réflexions sur le temps, la mort, la religion et la condition humaine : "Le plus grand exploit de ma vie est d'être encore en vie". Une vision désabusée des hommes et du monde, une lucidité extrême.
Toute idée devrait être neutre ; mais l'homme l'anime, y projette ses flammes et ses démences : le passage de la logique à l'épilepsie est consommée... Ainsi naissent les mythologies, les doctrines, et les farces sanglantes. Point d'intolérance ou de prosélytisme qui ne révèle le fond bestial de l'enthousiasme.Ce qu'il faut détruire dans l'homme, c'est sa propension à croire, son appétit de puissance, sa faculté monstrueuse d'espérer, sa hantise d'un dieu.
E.M. Cioran est né en 1911 en Roumanie où il a fait des études supérieures de philosophie. Bergsonien d'abord, il se tourna ensuite vers Nietzsche. En 1937, il fut envoyé par l'Institut français de Bucarest en France où il s'établit jusqu'à sa mort en juin 1995.
L'amertume vient toujours après l'espoir. Les plus profondes tristesses n'adviennent qu'aux idéalistes déçus. Aussi, conformément à la tradition des sages anciens, Cioran pratique la désillusion. Dans ce recueil, chaque aphorisme est destiné à mettre à mort le désir quand il nous porte à vouloir l'impossible. L'écriture est ici tranchante. La vérité, à chaque phrase, paraît tomber comme un couperet. Déconseillé à tous ceux qui ne savent pas garder la tête sur leurs épaules, cet ouvrage peut être une découverte décisive pour quiconque a le goût du paradoxe et de l'autodérision. Il faut donc lire Cioran pour se fortifier, pour se délivrer de cette complaisance qui porte à se délecter dans la plainte quand rien ne va comme on le souhaite. Cioran, d'origine roumaine, partage avec son compatriote Ionesco ce sens du non-sens qui lui a permis de goûter la vie sans arrière-pensée, et de mener jusqu'à la fin, malgré une reconnaissance tardive, l'existence insouciante et légère d'un homme sans convictions, n'ayant jamais été déçu pour n'avoir rien attendu. --Paul Klein
Alain, les religions, la laïcité, l'antisémitisme Alain, philosophe athée, s'intéressait passionnément aux religions. C'est qu'il y voyait comme des miroirs, où l'humanité se projette et se reconnaît. Aussi en parle-t-il avec empathie et profondeur : je n'ai rien lu de plus beau sur les religions de la nature ("Pan"), de l'homme ("Jupiter") ou de l'esprit (judaïsme, christianisme). Et rien de plus juste, sur la laïcité. Mais comment celui qui écrivait qu'"il n'est permis d'adorer que l'homme" put-il tomber - tout en se le reprochant - dans l'antisémitisme que révèle son Journal inédit ? C'est ce que j'ai voulu essayer de comprendre.
Quand Paul Celan (1920-1970) s'établit à Paris à l'été 1948 ses poèmes ne sont connus que d'une poignée de gens ; à sa mort, en avril 1970, son nom est associé à l'une des oeuvres poétiques les plus importantes de la littérature allemande. Pourtant, aborder cette oeuvre, a fortiori pour un lecteur francophone, n'a rien d'évident : si les poèmes relèvent bien d'une écriture qui réclame pour elle une "obscurité congénitale" la critique a aussi pu contribuer à en obscurcir le sens. Il faut donc sans cesse reprendre le travail de lecture d'après les coordonnées que Celan a fixées, en partant de ce qu'il appelle "l'accent aigu de l'actualité", inséparable de "l'accent grave de l'histoire" et de "l'accent circonflexe de l'éternité". Appuyé sur de nombreux documents inédits (lettres, traductions et notes privées) qui éclairent sa vie et ses choix poétiques, ce volume donne accès à un "autre" Celan qui se situe tant dans une tradition dont il discute la pertinence que dans une époque qu'il guette avec une acuité implacable, attrapant dans son écriture les mots, les textes et les personnes de son temps. Juif, Celan a ancré son écriture dans l'événement de l'extermination des siens pour en faire une arme critique et analytique, esthétique aussi. Grâce aux contributions de spécialistes de l'oeuvre, cette entreprise est placée dans un réseau de discussions critiques qui l'éclairent depuis des positions multiples : linguistique, traductologique, philosophique et biographique mais aussi historique et poétique, etc.
Ce Cahier offre au lecteur un parcours très éclectique autour de Camus, et vise à proposer des éclairages originaux sur la vie de Camus, sur ses oeuvres - roman et théâtre -, sur sa pensée et sur ses engagements.Dirigé par Raymond Gay-Crosier et Agnès Spiquel-Courtille.
Il a été un personnage si extraordinaire et si unique en son genre, que c'est avec beaucoup de raison que La Bruyère a dit de lui dans ses Caractères qu'il n'était pas permis de rêver comme il a vécu. A qui l'a vu de près, même dans sa vieillesse, ce mot semble avoir encore plus de justesse. C'est ce qui m'engage à m'étendre sur lui." Saint-Simon