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Solitude et destin
Cioran Emil ; Paruit Alain
GALLIMARD
15,25 €
Épuisé
EAN :9782070729746
Cioran avait vingt ans. Vingt ans quand il publiait dans les journaux roumains, en 1931, les premiers articles qu'on trouvera dans ce recueil. Grand dévoreur de philosophes allemands, il jargonnait un peu à leur manière, mais, quels que soient les sujetsabordés, il s'interrogeait - avec quelle maturité pour son âge - sur la condition humaine et il en reculait les frontières. Déjà, le Cioran que l'on connaîtra par la suite en France commençait à s'annoncer là : considérations paradoxales, éclairage inattendu des questions traitées, jeu de massacre avec les idées reçues. Amertume et dérision... Déjà, son pessimisme foncier étouffait les rares élans porteurs d'espoir, car " y a-t-il sur cette terre quelque chose qui ne puisse pas être remis en question ? Vraiment, Dieu est trop loin ". Cioran d'avant, pour mieux comprendre Cioran d'après. A.P.
Seul un monstre peut se permettre le luxe de voir les choses telles qu'elles sont. Mais une collectivité ne subsiste que dans la mesure où elle se crée des fictions, les entretient et s'y attache. S'emploie-t-elle à cultiver la lucidité et le sarcasme, à considérer le vrai sans mélange, le réel à l'état pur ? Elle se désagrège, elle s'effondre. D'où pour elle ce besoin métaphysique de fraude, cette nécessité de concevoir, d'inventer, à l'intérieur du temps, une durée privilégiée, mensonge suprême qui prête un sens à l'histoire, laquelle, regardée objectivement, ne semble en comporter aucun. Si l'homme antique, plus proche des origines, situait l'âge d'or dans les commencements, l'homme moderne en revanche allait le projeter dans l'avenir.Pour dynamique, pour positive qu'elle soit, la hantise de l'âge d'or n'en est pas moins redoutable : elle ne déchaîne les énergies d'une collectivité que pour mieux les enchaîner. Tout essor, tout excès met la liberté en péril, tout délire neuf s'achève en servitude.
Homme en colère, moraliste à l'esprit corrosif, Cioran place le désespoir au c?ur de sa pensée. Dans un style incisif et décapant, il livre ses aphorismes et réflexions sur le temps, la mort, la religion et la condition humaine : " Le plus grand exploit de ma vie est d'être encore en vie. " Une vision désabusée des hommes et du monde, une lucidité extrême.
« De Maistre et Edgar Poe m'ont appris à raisonner. » Cet aveu de Baudelaire m'a incité à lire Les Soirées de Saint-Pétersbourg et les autres ouvrages du plus passionné et du plus intolérant des penseurs. Ses vérités et, plus encore, ses insanités ont un indéniable charme. Un monstre séduisant. Tout à l'opposé, Valéry séduit parla retenue. Aucun dogme, aucun excès n'est lié à son nom. Il n'a péché que par élégance. Les jugements inéquitables que j'ai portés sur lui émanent d'une exaspération impure que je me fais un devoir de dénoncer ici. Les textes qui suivent, que ce soit sur Michaux, Saint-John Perse, Fondane, Beckett, Eliade, Maria Zambrano ou sur Borges, Weininger, Fitzgerald, sont forcément capricieux, comme tout ce qui procède de l'admiration, de l'amitié ou de l'emballement.
L'amertume vient toujours après l'espoir. Les plus profondes tristesses n'adviennent qu'aux idéalistes déçus. Aussi, conformément à la tradition des sages anciens, Cioran pratique la désillusion. Dans ce recueil, chaque aphorisme est destiné à mettre à mort le désir quand il nous porte à vouloir l'impossible. L'écriture est ici tranchante. La vérité, à chaque phrase, paraît tomber comme un couperet. Déconseillé à tous ceux qui ne savent pas garder la tête sur leurs épaules, cet ouvrage peut être une découverte décisive pour quiconque a le goût du paradoxe et de l'autodérision. Il faut donc lire Cioran pour se fortifier, pour se délivrer de cette complaisance qui porte à se délecter dans la plainte quand rien ne va comme on le souhaite. Cioran, d'origine roumaine, partage avec son compatriote Ionesco ce sens du non-sens qui lui a permis de goûter la vie sans arrière-pensée, et de mener jusqu'à la fin, malgré une reconnaissance tardive, l'existence insouciante et légère d'un homme sans convictions, n'ayant jamais été déçu pour n'avoir rien attendu. --Paul Klein
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Les Souffrances du jeune Werther - Les Affinités électives - Wilhelm Meister: 1° Les années d'apprentissage - 2° Les années de voyage ou les renonçants. Traduit de l'allemand par Bernard Groethuysen, Pierre du Colombier et Blaise Briod, introduction de Bernard Groethuysen. Notes des traducteurs.
Résumé : "Balloté par les drames familiaux et les convulsions d'une Europe révolutionnée, Benjamin Constant (1767-1830), d'origine suisse, a passé sa vie à la recherche d'une stabilité. La perfection toute classique d'Adolphe ne doit faire oublier ni la lente exploration, lucide et désespérée, de ses journaux intimes, ni la vaste entreprise de réflexion théorique pour fonder le libéralisme moderne et pour cerner la nature du phénomène religieux", Michel Delon.