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Une femme a passé
Christian Jouhaud
GALLIMARD
16,00 €
Épuisé
EAN :9782072826818
L'historien qu'est Christian Jouhaud "bégaie Gradiva" - l'héroïne du roman éponyme de Wilhelm Jensen - sur le mode des variations et fugues. Elle est "fragment" du discours amoureux de Barthes, "charme" chez Pontalis, modèle de peintre et maîtresse d'Eugène Delacroix au Maroc chez Alain Robbe-Grillet dans C'est Gradiva qui vous appelle ; "escort girl de la théorie du rêve et Jeanne d'Arc de la jeune psychanalyse" chez un Freud qui réussit à transmettre le "trouble poétique de cette histoire un peu niaise", en estompant - c'est un comble - la part la plus érotique du récit. Or Gradiva - c'est une vraie trouvaille de ce livre - n'est pas, voire pas du tout, celle que l'on croyait, et cela change tout - "l'intrigue de Jensen a une voie d'eau". Au bout d'une enquête qui ouvre sur le lecteur ordinaire de fiction qu'est Freud, l'auteur rendra malgré tout Gradiva, et nous avec elle, à l'énigme qu'elle est aussi : image intime et insaisissable - "la passante de toujours. Celle des ruines là-bas et celle de Paris, celle du trouble et de l'émotion incomprise, celle des Fleurs du mal". Une femme a passé.
Résumé : Les monuments historiographiques peuvent-ils transmettre autre chose qu'un patrimoine à célébrer ? Le Grand-Siècle et ses solennelles majuscules sont un terrain idéal pour poser cette question. Ce livre cherche des présences vivantes du passé en s'intéressant de préférence aux lézardes sur la façade du monument. Il le fait à partir du " journal " de Marie Du Bois, valet de chambre de Louis XIV, et de divers écrits d'historiens consacrés au XVIIe siècle. Il procède d'abord à une inversion de places : le témoin direct de son temps est traité en historien, alors que les écrits des historiens sont considérés comme des témoignages sur l'action de rendre le passé présent. Dans les deux cas, l'entrelacement du passé et de l'écriture qui le restitue est saisi comme l'événement d'une rencontre. Une telle rencontre advient dans des " lieux " historiques qui constituent les différents chapitres du livre : la vision, la commémoration, l'enfance, l'envers et l'endroit, l'action d'entrer, de construire des espaces, de poser des frontières et de les subvertir.
Résumé : Ce livre est fondé sur la lecture rapprochée de "l'espèce de journal" tenu pendant trente ans par Marie Du Bois, gentilhomme du Vendômois, valet de chambre des rois Louis XIII et Louis XIV. Son écrit singulier surprend d'abord par la difficulté de lui trouver un statut : ce n'est ni un livre de raison, ni une autobiographie, ni un journal spirituel, ni une histoire, et pourtant il peut être abordé sous tous ces aspects. Il ne s'agit pas non plus d'une histoire de vie, mais d'une histoire des expériences d'un homme "ordinaire" en ses territoires de vie. Le je de Du Bois, qui s'exprime continûment, ne sert en effet aucun épanchement autobiographique, mais, de page en page, il permet de comprendre l'itinéraire de l'intériorisation des normes et des contraintes par quelqu'un qui a confié à l'activité d'écrire régulièrement la représentation de sa vie comme action. L'exercice pourrait sembler futile, ou mineur, si l'événement politique ne venait pas brutalement fracasser la mécanique diariste, finissant par politiser l'écriture, par exemple dans l'expérience intime de signes de désordre, comme pendant la Fronde, qui menacent la lisibilité d'un monde dont l'ordre est la valeur cardinale. A travers les écrits de Du Bois sont ainsi revisités les rapports entre local et national au XVIIe siècle, l'histoire politique de l'Etat, l'histoire anthropologique de l'acte d'écrire et de transmettre par l'écriture au XVIIe siècle, scrutés depuis la chambre du roi et la campagne du Vendômois.
Résumé : Pouvoir politique et littérature ont partie liée. Tout aurait commencé, dit-on, au XVIIe siècle, avec les belles carrières dans l'ombre de la cour, le mécénat, le clientélisme, le service profitable. Mais ce qui se joue alors est d'une autre ampleur. Les hommes de lettres qui font profession d'écrire - les écrivains - bénéficient assurément d'une reconnaissance nouvelle, tandis que la production et la publication d'écrits les plus divers (dont la hiérarchie est d'ailleurs en plein bouleversement) donnent naissance à un domaine, à la fois symbolique et pédagogique, où s'édifiera plus tard le monument imaginaire appelé littérature. Quelque chose de fondamental dans l'ordre de la domination politique s'accomplit aussi par cette association. La littérature devient une arme dont le pouvoir use pour imposer son ordre socio-politique dans les divers espaces de la production culturelle et pour assurer ainsi la " manutention des esprits ". Le paradoxe est que la littérature puisera son autonomie et ses propres pouvoirs dans cette soumission, acceptée parfois dans l'enthousiasme d'une adhésion. Divertissement ou voie nouvelle pour penser le monde, la littérature pénètre profond dans le corps politique du royaume. En retour, les écrivains, qui n'avaient pas de statut identifiable dans la société de leur temps, profitent eux-mêmes, avec la création de l'Académie, du privilège de former un " corps " dans l'Etat. Cette politisation de la littérature conduira pour finir à la littérarisation du pouvoir, lorsqu'au XVIIIe siècle la littérature deviendra un refuge critique et un tribunal moral. Un tel cheminement n'avait rien d'inéluctable. Christian Jouhaud le restitue, loin de tout déterminisme historique ou sociologique, en préservant ce que fut la part d'énigme pour des acteurs qui ignoraient l'avenir. En cela, cet ouvrage est aussi une leçon d'histoire.
La Comédie-ballet Je vous prends sans vert a été jouée 64 fois à la Comédie-Française. Donnée comme "deuxième pièce" - le jour de sa création en 1693 après Le Misanthrope -, elle n'a été éditée qu'en 1699. Le mystère de l'auteur caché accompagne aussi Je vous prends sans vert et les textes qui lui font escorte dans cette réédition. La Comédie-ballet Je vous prends sans vert a été jouée 64 fois à la Comédie-Française. Donnée comme "deuxième pièce" - le jour de sa création en 1693 après Le Misanthrope -, elle n'a été éditée qu'en 1699. Elle raconte l'histoire d'un officier qui se fait passer pour mort afin de surprendre le dévergondage de son épouse. Et la joie règne en effet dans le château où la jeune femme fête l'arrivée du mois de mai. Cette pièce facétieuse et leste montre une image peu conventionnelle du xviie siècle. Le trouble commence avec son titre. Que signifie Je vous prends sans vert ? L'enquête conduit d'abord dans la chambre de Louis XIV enfant et mène ensuite d'un jeu à l'existence incertaine jusqu'aux dérivations littéraires d'une expression usuelle. Le mystère de l'auteur caché accompagne aussi Je vous prends sans vert et les textes qui lui font escorte dans cette réédition.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Les Souffrances du jeune Werther - Les Affinités électives - Wilhelm Meister: 1° Les années d'apprentissage - 2° Les années de voyage ou les renonçants. Traduit de l'allemand par Bernard Groethuysen, Pierre du Colombier et Blaise Briod, introduction de Bernard Groethuysen. Notes des traducteurs.
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Résumé : "Balloté par les drames familiaux et les convulsions d'une Europe révolutionnée, Benjamin Constant (1767-1830), d'origine suisse, a passé sa vie à la recherche d'une stabilité. La perfection toute classique d'Adolphe ne doit faire oublier ni la lente exploration, lucide et désespérée, de ses journaux intimes, ni la vaste entreprise de réflexion théorique pour fonder le libéralisme moderne et pour cerner la nature du phénomène religieux", Michel Delon.