Cet ouvrage réunit les principales contributions des intervenants du colloque international "L'idée sportive, l'idée olympique : quelles réalités au XXIVe siècle ?", qui s'est tenu à Dunkerque les 18 et 19 mai 2012. Conjointement organisé par le Cercle Bernard Jeu (CBJ), l'Equipe de Recherche Septentrionale Sport et Société (ER3S, EA 4110), le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF), l'Académie Nationale Olympique (ANOF), le Comité Régional Olympique et Sportif Nord - Pas-de-Calais (CROS) et le Syndicat Mixte de la Côte d'Opale (SMCO), il avait pour ambition, à quelques semaines des Jeux olympiques de Londres, d'inviter universitaires, dirigeants et praticiens du sport à une réflexion sereine sur les évolutions contemporaines du sport et de l'olympisme, à partir d'une ré-interrogation de la notion d'"idée olympique" (empruntée à Bernard Jeu) et des éléments qui fondent sa longévité et sa vitalité contemporaines.
La complexité des liens entre éthique et spectacle sportif justifie une approche interdisciplinaire. En mai 2001, les journées d'études de Liévin, conjointement organisées par le LAMAPS (UFR STAPS, Université d'Artois) et le Centre Ethique et Procédures (Faculté des Sciences juridiques et politiques, Université d'Artois) ont été l'occasion de confirmer ce parti-pris méthodologique. Les communications ici rassemblées s'efforcent, à partir d'un éclairage philosophique, historique, sociologique et juridique, de confronter l'exigence éthique (se retrouvant dans les notions de fair-play ou encore d'idéal olympique) et le processus complexe de spectacularisation mondialisée des pratiques sportives.
Près d'un siècle après l'arrivée de la plus grande vague d'immigration polonaise en France, une partie de ses descendants conserve des traditions polonaises. Cet ouvrage retrace l'évolution de la polonité, c'est-à-dire l'attachement des migrants polonais et de leurs descendants à la Pologne et sa culture, entre 1945 et 2015, au sein des pays miniers de Saône-et-Loire et du Nord - Pas-de-Calais, et identifie les raisons de cette persistance. A partir de sources écrites et orales, le réseau associatif polonais, en particulier les sociétés sportives et artistiques, et le milieu familial sont interrogés pour étudier cette spécificité chez les deuxième, troisième et quatrième générations de migrants polonais. Les constituants et les acteurs de la polonité ainsi que les rôles du territoire sur cette dernière sont déterminés. La dimension comparative confirme l'influence du territoire sur les pratiques, les comportements et l'identité des individus qui peuvent également l'utiliser symboliquement. La lecture de la polonité ici adoptée, pouvant s'appliquer à d'autres populations issues de l'immigration, offre un nouveau regard dans le domaine de l'histoire de l'immigration.
Sylvain, le grand frère de Thomas, a quitté la maison pour voler de ses propres ailes et leur mère est inconsolable, c'est comme si elle avait un labyrinthe dans la tête. Un jour, elle fait cette révélation à son fils cadet: il est un accident. Comme le Minotaure de la légende, sauf que Thomas n'est pas un monstre qu'on cache. Simplement, sa mère est tombée enceinte de lui alors qu'elle ne voulait qu'un seul enfant, Sylvain. Un samedi pas comme les autres, il part retrouver son meilleur ami Grégoire pour lui annoncer la grande nouvelle. Il décide alors de suivre le fil de son propre labyrinthe: des rencontres étonnantes l'y attendent?
Comment je me suis retrouvé avec un bout de bois dans le sourcil et du fromage plein les cheveux? C'est à cause de ma vie. Il m'arrive toujours quelque chose, et mon père s'en plaint: «Tu traînes où il ne faut pas, qu'est-ce qu'on va faire de toi?»Je ne sais pas. Me transformer en pâté. Me vendre au boucher-charcutier. Me laisser faire ce que je veux.Je m'appelle Hector, j'ai dix ans.Pour bien comprendre le comportement d'un héros, il faut que son âge et son prénom soient mentionnés. Dans tous les livres et tous les films, c'est ainsi.Mon ami Elliot et moi, dix ans, nous sommes les héros de notre vie, et personne ne nous prendra notre place. Elliot le dit et je le crois. Certains aiment prendre en main la vie des autres pour se sentir supérieurs et utiles, mais personne ne parviendra à prendre la nôtre. Notre vie, c'est nous qui la dirigeons.Ou presque. Quand il faut aller à l'école et que je n'ai pas envie, j'y vais quand même. Pour ne pas devenir idiot et me ridiculiser l'année prochaine lorsque j'entrerai au collège.- Et arrêtez de regarder la télévision, tous les deux! Ce n'est pas ça qui va vous apprendre à grandir.Mon père croit que, hormis l'école, rien ne peut nous éduquer, surtout pas les émissions que nous regardons. Lui préfère les documentaires sur les pays en guerre et les animaux en voie de disparition.- Un film ne vous apprendra jamais la vie. Cessez de regarder celle des autres. Sortez. Vous passez à côté des choses, quand vous vous en rendrez compte, il sera trop tard et vous serez déçus. Allez jouer dans le jardin!Je le soupçonne d'avoir lui-même été déçu un jour et de s'imaginer que rien n'a changé depuis.
Margetic Christine ; Calas Bernard ; Cazenave Alai
Cet ouvrage reprend les actes des Journées Rurales qui se sont tenues à l'Université d'Artois en septembre 2002. Celles-ci ont permis de revisiter un thème de recherche relativement absent des travaux des géographes depuis les années 1990. Ainsi, l'objectif était d'appréhender les effets géographiques de la nouvelle donne introduite par la transition agricole dans les rapports entre agro-filières et territoires en partant du postulat que les firmes agro-industrielles jouent un rôle structurant dans la géographie de différents types d'espaces ruraux (périurbains, campagnes en crise...). Outre la diversité des espaces géographiques abordés (Nord-Pas-de-Calais, France, Kenya, Slovaquie) et les échelles d'appréhension des phénomènes (locale, régionale), les onze textes offrent une ouverture en termes de questionnements, qui ont notamment porté sur les acteurs des agrofilières et leur(s) territoires ainsi que sur les dynamiques développant un argumentaire " qualitatif ".
Van Der Meersch Maxence ; Melliez Mary ; Morzewski
Romancier à succès dans l'entre-deux-guerres (La Maison dans la dune, Invasion 14, Corps et Ames...), Prix Goncourt 1936 avec L'Empreinte du dieu, Maxence Van der Meersch (1907-1951) fut aussi un chroniqueur et nouvelliste recherché dont les textes parurent régulièrement dans la presse entre 1925 et 1950. Marianne, L'Intransigeant, Candide, Le Figaro, Paris-Soir... publièrent ses chroniques et nouvelles, ainsi que les grands titres de la presse du Nord de la France. Articles de commande ou de circonstance, textes d'humeur voire véritables "manifestes" où l'écrivain, fidèle à ses engagements humanistes, prend position sur différents problèmes de société, un important florilège de cette production se trouve rassemblé dans ces deux volumes qui permettent de nuancer considérablement l'image "réactionnaire" de l'écrivain. Sensible à la souffrance et à la misère des "gens de peu" dont il partagea le sort, révolté par l'inégalité et l'injustice mais aussi par le sort fait aux femmes dans le monde du travail à son époque, il est hanté par les ravages de la guerre dans sa région. La même inspiration anime aussi ses nouvelles, dont certaines constituent les embryons de romans édités ultérieurement, mais aussi inédits ou inachevés (Paternité, Invasion 40...). Van der Meersch y exploite avec une maîtrise accomplie toutes les tonalités du genre, et certaines de ces nouvelles sont dignes d'un Maupassant. Enfin, un long texte inédit, "L'Affaire Jean Boudart", apporte un témoignage exceptionnel sur la "première carrière" de Van der Meersch, qui fut avocat au barreau de Lille, y déployant le même généreux engagement social que dans son oeuvre d'écrivain.
L'homme est un être à part parce qu'il pense, affirme-t-on communément, mais c'est oublier une autre de ses spécificités, tout aussi étonnante : l'homme est le seul animal à boire sans soif. De là vient l'ivresse, compagne de l'homme depuis toujours, présence que la littérature a largement reflétée, suivant des modalités qui diffèrent selon les époques et les cultures. Il est donc utile de mener une réflexion approfondie sur le phénomène de l'ivresse, que la recherche littéraire a jusqu'ici beaucoup moins exploré que d'autres thèmes en apparence davantage empreints de " dignité ". Pourtant, l'ivresse possède depuis longtemps ses lettres de noblesse. Mythes et croyances nous enseignent qu'au voisinage étroit du breuvage qui enivre se tiennent amour, poésie, connaissance suprême, divination, furor... Reprenant ces pistes, les études présentées ici en français s'appuient sur des textes littéraires issus de cultures variées (anglo-saxonne, chinoise, française, germanique, hispanique, portugaise), d'époques diverses, et font appel à un éventail de sources allant des grands textes fondateurs de la culture occidentale (Écritures...) aux productions de la paralittérature. Cette pluralité qui confronte approches et contenus permet d'enrichir d'analyses originales le débat sur le thème proposé.
Il n'existe pas pour l'instant de volume spécifiquement consacré à Joris-Karl Huysmans critique d'art des primitifs allemands et flamands. Ce volume veut réparer cet oubli en accordant une place prépondérante aux Trois Primitifs, et en particulier à l'analyse du retable d'Issenheim de Grünewald. Cet essai qui ne veut pas se contenter d'être un bilan, une somme, se livrera à une analyse détaillée de l'imaginaire dermographique de la critique d'art huysmansienne (d'où le titre du livre évidemment). Dans son désir de sublimation Huysmans veut toujours exténuer les intériorités physiologiques pour les faire passer sur l'extériorité épidermique. C'est cette fort complexe opération que mettra à jour le livre, montrant qu'à cet égard il existe une véritable solidarité, pour le moins inattendue, entre les premiers textes consacrés aux impressionnistes et ceux consacrés aux primitifs après la conversion. Mais en vérité s'agit-il encore vraiment de peinture une fois que Huysmans a rejoint l'église ?