Michel Imberty a une triple formation, philosophique, musicologique et psychologique. Professeur invité dans de nombreuses universités étrangères, en particulier à Bologne, Rome, Grenade, Pampelune et Liège, ses recherches se situent aux frontières de ces trois champs disciplinaires auxquels s'ajoutent l'esthétique musicale et la psychanalyse. Dans ce vaste ensemble, la psychologie expérimentale et cognitive a un rôle à la fois essentiel et strictement délimité : si elle n'est pas à l'origine de l'essentiel des idées de Michel Imberty sur la musique, sur le temps, sur leurs rapports avec nous, elle est avant tout une exigence de rigueur, et un tremplin solide pour aller plus avant dans des domaines de la pensée qui lui sont étrangers et pour lesquels elle a renouvelé et assuré sa réflexion. Michel Imberty est l'auteur de plus de 180 publications dont on peut retenir surtout les ouvrages sur le développement musical de l'enfant, la sémantique musicale, les articles sur la musique et l'inconscient, sur Debussy, Mahler, Wagner, Schoenberg, Berg, Berio, Boulez, la musique spectrale et les recherches sur la cognition musicale, principalement dans le cas de la musique atonale. Cet ouvrage, issu d'une journée hommage à Michel Imberty, retrace non seulement ses engagements musicaux, scientifiques et institutionnels, mais aussi la pluralité, la puissance et l'originalité de son oeuvre. Il apparaît ainsi comme l'une des figures marquantes de la psychologie de la musique.
L'épuration pratiquée par la musicologie sur le phénomène musical aboutit à réduire la musique à un objet sans dimension proprement temporelle et sans dynamique. A partir de l'hypothèse que cette réduction résulte d'une " idéologie ", l'ouvrage s'attache tout d'abord à montrer, au travers de l'analyse systématique d'un usuel de la musicologie, que les savoirs savants sur la musique sont bien le produit d'un système de penser. Une deuxième partie renoue avec la problématique initiale en procédant ensuite à la critique épistémologique de ce système, mais sans abandonner la perspective globale contenue dans l'hypothèse. Enfin, une troisième partie développe les fondements d'une théorie qui permet d'aborder la musique d'un point de vue dynamique et de penser le musical dans l'économie générale de l'être vivant envisagé comme un être essentiellement temporel. Ce faisant, la réflexion ouvre sur une redéfinition du champ de la musicologie, entendue alors comme la science du " musical ". Ces trois moments délimitent les trois grandes parties du livre, lesquelles sont articulées et constituent un tout. Pour autant, chacune peut également être comprise comme autonome, et l'ouvrage comme constitué de trois essais indépendants.
Articule, je ne comprends pas ce que tu dis!", "Tu manges tes mots!", "Répète, je n'ai rien compris!". Les enseignants comme les parents se plaignent souvent de la mauvaise prononciation des enfants, tout en ne sachant pas bien comment l'améliorer. On peut, bine sûr, leur demander de mieux articuler pour se faire entendre. Mais cela n'est pas suffisant: une langue dont les mots seuls suffiraient à porter le sens serait bien pauvre. Il faut y rajouter l'intonation, le timbre te la hauteur de la voix, les inflexions et modulations diverses, qui ont aussi leur importance dans la voix chantée
Qu'est-ce que l'espace musical? Depuis un certain nombre d'années, cette notion est entrée dans le vocabulaire le plus commun: on en parle d'une manière de plus en plus insistante, notamment du fait de l'évolution de la musique du XXème siècle. Les textes réunis dans ce recueil accentuent la polysémie de l'espace musical et témoignent par leur grande diversité, de la fécondité des recherches autour de la notion d'espace musical. Le lecteur devra partir de l'idée qu'il existe plusieurs espèces d'espace et plusieurs manières de s'interroger sur l'espace.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Mukendji Mbandakulu Martin Fortuné ; Lianza Zalonk
L'ouvrage s'attèle à montrer le rapport dialectique entre la guerre et la paix. La guerre semble être le lot des hommes. Les causes, les sources de la guerre sont relevées ici. Les théories sur les guerres traditionnelles et modernes y sont développées. Il n'y a pas de paix sans guerre. Bien que celle-ci ait des germes de destruction de celle-là, elle en est aussi génératrice. Les relations entre les états sont sujettes à cette ambivalence. On fait la guerre pour avoir la paix. La guerre ne peut cesser que si les causes des conflits entre les nations, entre les hommes peuvent être extirpées. La paix est préférable mais elle reste à conquérir. Cette étude corrige l'opinion selon laquelle les relations internationales et la philosophie ne peuvent faire bon ménage. La polémologie et l'irénologie sont donc inséparablement liées aux réflexions philosophiques.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.