Peintre des cours par excellence, riche et influent, Claude Déruet fut un homme comblé d'honneurs et de commandes. Né à Nancy, probablement en 1588, il se forme dans l'atelier de Jacques de Bellange avant de gagner Rome (1613-1619) où il travaille au service de la famille Borghèse. Dès son retour à Nancy, Déruet devint le peintre le plus renommé du duché de Lorraine. Sa faveur et sa réputation, confir-mées par son anoblissement, lui valurent aussi de très nombreuses commandes du Roi de France et du cardinal de Richelieu. Sa production abondante et variée mêle des portraits, des scènes allégoriques et mythologiques, des toiles à sujet biblique ainsi que de grands décors, pour la plupart aujourd'hui disparus. L'Enlèvement des Sabines, l'un des thèmes favoris de Déruet, fut abondamment illustré par l'artiste. Deux tableaux en témoignent encore, l'un est conservé à l'Alte Pinakothek de Münich et l'autre, en camaïeu de brun, fut acquis par le musée des beaux-arts de Nancy en 2005. Présentées côte à côte dans un dépliant, ces 2 toiles révèlent tous leurs points communs et leurs différences. Autour d'elles une cinquantaine d'oeuvres, tableaux, dessins, estampes, illustrent le goût de l'artiste pour les combats, jeux d'amours, scènes de chasse et cortèges élégants au style vif et enjoué. Des oeuvres de ses maîtres italiens (Tempesta, le Cavalier d'Arpin?) et de ses contemporains lorrains (Bellange, Callot) et français viennent compléter cette sélection.
Résumé : Présente le contenu d'un portefeuille acquis en 1845 par le duc d'Aumale, conservé au musée Condé de Chantilly, et contenant 23 dessins de Jacques Bellange et une série de 34 estampes de Jean Berain, évoquant les fastes des cours de Lorraine et de France du début à la fin du XVIIe siècle.
Choné Paulette ; Chaufour Marie ; Chardin Jean-Jac
Dans toute l'Europe, la Renaissance et l'époque qui a suivi se sont plu à composer devises et emblèmes, au point d'en faire un genre littéraire. Plaisante et didactique, l'association d'une image et d'un mot ou d'un texte fait jaillir des significations surprenantes. Après le livre illustré, devises et emblèmes conquirent très vite les murs des édifices, les objets quotidiens, les décors éphémères inventés pour les fêtes. Ils devinrent peu à peu un objet de curiosité, puis de science, les études "emblémistes" . Ils constituent en effet un observatoire privilégié pour une histoire totale, ouverte sur une compréhension renouvelée des modes de pensée, des sensibilités et des événements du passé. Aujourd'hui, toutes sortes de combinaisons proliférantes et erratiques d'objets visibles et d'énoncés ont envahi notre environnement, sollicitant à la fois notre imagination et notre intellect. Plus actuelle que jamais, "L'image pensive" , d'après une expression d'Emile Gallé, réunit ici vingt-cinq universitaires français, allemands, italiens, espagnols et japonais.
Fernand Léger hérite de l´impressionnisme un thème qui devient récurrent dans son oeuvre à partir de la fin des années 1940 ? : la représentation des banlieues en cours d´industrialisation. Rentré des Etats-Unis en 1946 et installé à partir de 1952 à Gif-sur-Yvette, Léger peint dans la dernière décennie de sa carrière la ceinture qui enserre Paris, là où s´implantent les grands établissements industriels qui transforment peu à peu les campagnes en communes-dortoirs prolétariennes. Il adopte alors un style bien éloigné du staccato qui caractérise ses tableaux fortement architecturés des années 1910-1920. Dans une composition aérée, le décor rassemble des éléments d´une nature désolée et d´autres rappelant la ville proche, réservoirs à gaz, voies de communication, poteaux télégraphiques, etc. La banlieue peinte par Léger est celle que décrit Cendrars dans La Banlieue de Paris (publié en 1949) et que photographie à la même époque Robert Doisneau, Willy Ronis et Sabine Weiss.
Les églises reconstruites après la Grande Guerre sont particulièrement nombreuses dans les cantons de Péronne et alentours. Cette région meurtrie par les bombardements constitue après-guerre l'un des terrains d'expérimentation de l'architecture religieuse et de l'art sacré. Les églises reconstruites dans les années vingt et trente affichent une variété de styles étonnante: néo-roman, néogothique ou régionalisme voisinent avec Art déco et modernisme. Si l'architecture religieuse s'approprie de manière discrète les innovations tant techniques que formelles de la Reconstruction, l'art sacré connaît quant à lui un complet renouvellement. Les artistes (vitrail, mosaïque, peinture) mais aussi les artisans (mobilier, ferronnerie) profitent de l'immense chantier de la Reconstruction pour créer des chefs-d'?uvre. Ce guide propose, à travers un texte d'introduction générale et un choix d'itinéraires à parcourir d'église en église, la découverte d'une sélection de ces édifices et de leur décor. L'Inventaire recense, étudie et fait connaître le patrimoine historique et artistique de la France. Les Parcours du Patrimoine, conçus comme des outils de tourisme culturel, sont des guides sur les chemins de la découverte.
Blondeau Céline ; Collinot François ; Fouquet Emil
Voici un mode de vie et une manière de construire A la romaine évoqués ici à travers les bâtiments publics et cultuels et les résidences privées que sont les villae gallo-romaines. Deux musées : le Musée archéologique du Val d'Oise et ARCHEA présentent conjointement, deux expositions complémentaires sur un thème partagé : l'architecture et la construction gallo-romaines. Cet ouvrage vous révèle le mode de vie des élites en dehors des villes, à travers les vestiges de villae de toute l'Ile-de France et de Picardie.
Ambroise Guillaume ; Descamps Patrick ; Rowell Mar
Comme il aime à le répéter, Georges Noël est un "bourgeon tardif" (a late bloomer). Né à Béziers en 1924, il a vécu à Pau entre 1926 et 1955. Cette longue période a naturellement été riche en découvertes et apprentissages. Mais son orientation restait encore timide. Cependant, en renonçant en 1955 à sa famille et à son métier de dessinateur-projeteur à Turboméca, Georges Noël a décidé de sa vraie vocation : devenir artiste. Riche d'une iconographie souvent inédite, cet ouvrage composé de trois contributions d'historiens de l'art permet d'appréhender la richesse et la complexité de la démarche artistique de Georges Noël. Ses premières années sont ainsi replacées dans le contexte particulièrement foisonnant des abstractions qui se développe en France après-guerre. L'originalité de l'artiste se dessine alors au regard de ses allers et retours entre Paris et New-York et s'exprime au travers d'une curiosité inlassable pour les civilisations extra-européennes. Ce catalogue souligne la qualité du travail de Georges Noël sur plus de 40 ans et son rôle majeur en tant que protagoniste de l'abstraction informelle.