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Le cardinal de Cabrières (1830-1921). Un siècle d'histoire de la France
Cholvy Gérard
CERF
46,19 €
Épuisé
EAN :9782204082099
Cet évêque de Montpellier entre dans la grande histoire lors de ses démêlés avec les préfets de la République mais surtout lorsqu'il fait ouvrir les portes de sa cathédrale et des églises de la ville aux manifestants viticoles de 1907 : ils y passeront la nuit. Héritier d'une tradition familiale, ce " Blanc du Midi ", ami de Mistral et des félibres, a livré ses premiers combats à Nîmes, le jeune prêtre se faisant journaliste. Evêque durant quarante-sept ans, il sut s'attirer le respect de ses adversaires. Le voir en rouge, comme cardinal, en 1911, réjouit la presse socialiste ! Lors de la crise de la Séparation (1905-1906), le rôle qu'il joua dépassa de beaucoup l'horizon du diocèse. Homme de vaste culture, candidat à l'Académie française, il maîtrisa les problèmes intellectuels de son temps sans parvenir cependant à prendre la juste conscience des changements sociaux en cours. Durant la Grande Guerre, il fut l'un des artisans majeurs de l'Union sacrée.
Résumé : Après le détachement religieux que révèle la Révolution, le XIXe siècle, en France, voit se succéder des attitudes bien différentes dans le domaine spirituel : l'influence des Lumières et le voltairianisme de M. Homais; les réveils religieux romantiques, catholiques et protestants; le temps du positivisme, avec ses prolongements scientistes qui font dire au chimiste Marcellin Berthelot que "le monde est aujourd'hui sans mystère" (1885). Claudel, Bergson, Charles de Foucauld, Péguy et quelques autres laissent entrevoir ensuite, au moment même de la Séparation, les prémices du réveil spiritualiste qui s'épanouira dans les décennies ultérieures. Mais qu'en était-il à la base, dans les paroisses, les campagnes et les quartiers ouvriers ? Quelles étaient la spiritualité des masses et celle des élites ? Les renouveaux avaient-ils des répercussions profondes ? Ce livre fait le point, au travers d'une foule d'exemples.
Parmi les bilans qu'inspire l'approche de l'an 2000, une histoire de la jeunesse s'imposerait ", écrivait en 1993 l'académicien Bertrand Poirot-Delpech dans Le Monde. C'est maintenant chose faite avec cette étude passionnante qui intéresse autant les historiens et les sociologues que les chercheurs en sciences de l'éducation, en éducation physique et sportive, et plus largement les éducateurs. Elle a pour point de départ les lendemains de la Révolution française, avec l'héritage des Congrégations mariales et l'Œuvre Allemand de Marseille (1799), et s'achève avec les JMJ de 1997 et la présentation des réseaux affinitaires d'aujourd'hui. Les différentes formes d'organisation de la jeunesse sont passées en revue, qu'il s'agisse des réseaux, des milieux populaires des villes ou des étudiants. Une large place est faite au scoutisme et au modèle de la JOC, la Jeunesse ouvrière chrétienne. Les mouvements de jeunesse se déclinent aussi au féminin, secteur où la recherche a encore de grands progrès à faire. Les années 1940-1956 sont celles des engagements et des prises de conscience difficiles, bientôt suivies par le temps des crises. Celles-ci laissaient entrevoir la fin de ces mouvements lorsque apparurent les tournants de 1975 et de 1997. Faut-il considérer ces années comme des étapes sur la voie d'une renaissance ?
Gérard Cholvy, connu pour ses grandes synthèses sur le christianisme contemporain, nous donne ici une description très vivante des chrétiens au XIXème siècle. Du choc de la Révolution à celui de la Séparation et des Inventaires, en passant par l'irréligion et le positivisme, les épreuves de ce siècle ont été le paysage d'une vie religieuse foisonnante : la promotion du laïcat, la multiplication des congrégations et des initiatives féminines, l'approfondissement de la spiritualité dans la piété mariale, dans le culte des saints, dans la vie paroissiale et dans les catéchismes sont évoqués ici à travers de nombreux exemples concrets. De même, le renouvellement de la pensée face aux défis intellectuels, l'évangélisation du monde ouvrier à l'intérieur et l'expansion missionnaire à l'extérieur témoignent du dynamisme de ce siècle.
L'histoire du christianisme commence par l'acte de foi des disciples juifs de Jésus devant son tombeau vide: ils croient en sa résurrection et le reconnaissent comme le Messie annoncé dans la Bible. Le christianisme n'est alors qu'une de ces nombreuses religions de salut, qui multiplient les adeptes dans le monde gréco-romain. Mais d'emblée, il définit le salut comme un événement historique unique et non comme le résultat d'initiations individuelles à la façon des religions à mystères; il donne à cet événement uneportée universelle, et ouvre la communauté de Jérusalem au monde polyglotte et diversifié que vient d'unifier l'empire romain. Par là, il lie son destin à celui de Rome, ce qu'affirment très tôt les auteurs chrétiens: l'Église et l'Empire sont les deux seules structures de l'Antiquité à penser la mondialisation, ce qui facilitera la christianisation de l'État et du pouvoir au IVe siècle, après celle de la société. Or, quoi qu'on en ait, il est impossible de restituer une histoire linéaire et complète de l'Église primitive, de Jésus à saint Augustin, non plus qu'une histoire complète de la christianisation de l'Empire. La nature des sources - le plus souvent indirectes, apologétiques ou postérieures aux événements - ne permet que des approches ponctuelles, diversifiées, particulièrementriches pour certaines régions comme la Palestine, Rome et, plus encore, l'Asie Mineure. C'est donc une histoire partielle, en kaléidoscope, à travers une Bible plurielle et des groupes éclatés, très personnalisés, que retracent une soixantaine d'historiens, archéologues et biblistes, tous spécialistes de ces cinq siècles décisifs. Les chapitres de cet ouvrage, remis à jour et complétés pour ce volume, ont initialement paru dans la revue Le monde de la Bible. Il est le troisième et dernier volume du triptyque commencé, dans cette même collection, avec Le monde de la Bible (n° 88) et Aux origines du christianisme (n° 98).
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.
Résumé : Cette synthèse, remarquable et accessible, sur les débuts du christianisme nous conduit des années de prédication de Jésus en Galilée et en Judée, de sa mort ignominieuse, et de la diffusion complexe et diverse de son souvenir et de son héritage dans l'Empire romain, jusqu'à la constitution d'une "mémoire officielle" et institutionnelle qui donnera un corpus canonique d'écritures. Pour quelles raisons la mort infamante de Jésus n'a-t-elle pas mis fin à ce mouvement à l'intérieur du judaïsme de l'époque ni arrêté la diffusion de son message aux frontières d'Israël ? Comment, à partir du second siècle, s'est constitué un système doctrinal et spirituel qui a pu s'imposer à l'Empire romain ? Enrico Norelli montre la diversité étonnante des modèles de foi qui aura permis la naissance et surtout le développement de la doctrine chrétienne. Il explique pourquoi certains de ces modèles se sont imposés au détriment d'autres. Il aborde de nombreuses questions relatives à cette construction : la lecture de la Bible, la constitution de l'Eglise, Marcion, le judéo-christianisme, l'influence et le rôle de Paul, la constitution d'un canon écrit à la confluence de mémoires plurielles...
L'histoire de la papauté est complexe et ne se résume pas à l'histoire de la religion catholique. Institution globale, cherchant à guider les sociétés, la papauté doit être réinsérée dans un cycle historique de long terme, celui qui a vu un espace marginal, désigné d'abord comme "chrétienté" puis comme "Occident" , se développer avant de se projeter à la conquête du globe, jusqu'à la "mondialisation" actuelle. Son rôle a souvent été esquivé par un compromis historiographique entre auteurs laïcs, soucieux de faire un récit du progrès dégagé de l'Eglise, et auteurs catholiques, désireux de faire l'histoire irénique et morale d'une papauté humanitaire au-dessus des Etats, des frontières et des guerres. L'objet de cette réflexion sera au contraire d'envisager la papauté comme un acteur majeur à une échelle globale dans une histoire qui ne peut se réduire à un ordre linéaire et simpliste, celui d'un progrès scientifique, économique ou d'une sortie de la religion, une histoire dont on cherchera à redécouvrir toute la pluralité.