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Dynamiques de l'erreur
Chauviré Christiane ; Ogien Albert ; Quéré Louis
EHESS
20,00 €
Épuisé
EAN :9782713221699
L'expérience humaine est vulnérable. L'erreur y est inévitable. Elle se faufile partout. Si elle est généralement affectée d'une valeur négative - elle est à éviter, à corriger, à réparer -, elle présente aussi un potentiel positif. On apprend de ses erreurs, car les révisions auxquelles conduisent leur découverte et leur examen sont des moments essentiels dans la production du savoir, dans le raisonnement pratique ou dans la détermination des conduites appropriées aux situations. L'étude de l'erreur se développe en grande partie aujourd'hui à partir de travaux de psychologie cognitive, qui traquent les erreurs de raisonnement, les biais cognitifs et la formation de croyances fausses et expliquent causalement ces phénomènes par des mécanismes inconscients ou des inclinations naturelles de l'esprit humain. Le problème est que, pour ce faire, ils doivent présupposer des normes absolues (de vérité ou de rationalité, de raisonnement déductif ou de raisonnement statistique) par rapport auxquelles les erreurs représentent des écarts mesurables. C'est une tout autre approche que propose le présent ouvrage : analyser l'erreur sous l'angle de sa socialité, c'est-à-dire en l'envisageant dans les multiples contextes et dans les dynamiques plurielles où elle se produit, est prévenue, identifiée, relevée, appréciée, attribuée, rejetée, qualifiée, traitée. Des études de cas mettent la thèse de la valeur positive de l'erreur à l'épreuve : elles examinent l'usage de l'erreur aussi bien dans la science que dans l'enseignement de la logique ; dans l'établissement des preuves au tribunal que dans la résolution de problèmes pratiques de la vie courante ; dans la délibération que dans la perception ; dans le diagnostic médical que dans la décision politique.
Résumé : Que faut-il penser de ces nouveaux savoirs issus des sciences cognitives qui pénètrent à l'intérieur de la " boîte noire " de l'esprit ? En quoi sont-ils utiles, voire nécessaires à la philosophie ? On peut chercher à répondre à ces questions dans le sillage de Wittgenstein, et voir comment philosopher autrement sur l'esprit.
La philosophie a perdu son aura" déclare Wittgenstein à ses étudiants de Cambridge en 1930, au moment même où Walter Benjamin évoque la perte d'aura de l'art. Il s'est produit selon le philosophe viennois une "torsion" dans l'histoire de la philosophie, qui se trouve coïncider avec l'avènement de ces Temps Modernes auxquels il ne souscrit qu'avec résignation. La nouvelle philosophie a selon lui le même rapport avec l'ancienne que la chimie avec l'alchimie, car il existe dorénavant une méthode philosophique, un savoir faire bien délimité, et du même coup des philosophes "de métier". Cette professionnalisation est en même temps une "réduction": "Philosophy is now being reduced to a matter of skill", et, ajoute-t-il avec une tonalité à la Spengler, "c'est un phénomène caractéristique d'une époque de culture déclinante ou sans culture"; en effet "une fois la méthode trouvée, les possibilités pour la personnalité de s'exprimer sont corrélativement restreintes". Pourquoi Wittgenstein est-il si ambivalent sur cette philosophie désenchantée, modeste, déflationniste, des Temps modernes, qui est aussi en partie la sienne? Plus que jamais, donc, il nous faut nous poser la question, non de l'héritage laissé par Wittgenstein - il est immense -, mais de la bonne façon, pour nous, d'en hériter.
Résumé : La philosophie de l'art de Wittgenstein est délibérément provocatrice, et concerne d'ailleurs une élite faite d'amateurs avertis, de mélomanes ou de professionnels : "Le sujet (l'Esthétique) est très vaste et tout à fait mal compris, autant que je puisse le voir". Il s'agit d'abord de dissiper les fausses évidences, de démystifier le "jugement de goût", ou la psychologie expérimentale relative à l'expérience esthétique, mais aussi le trouble induit par les images inscrites dans notre langage qui nous portent à philosopher : ainsi du platonisme vers lequel nous poussent les substantifs comme "beauté". Wittgenstein nous propose une enquête grammaticale sur les mots de l'art, et substitue au platonisme des théories esthétiques une conception démystifiée où comprendre l'art veut dire entendre un thème musical - comme (une valse, une marche) ou voir un tableau comme - (un tableau de genre ou une nature morte), conception issue d'une philosophie des aspects.
Septembre 1993 : Serge Moscovici devient docteur honoris causa de l'université de Séville. Le discours qu'il prononce alors allie bilan critique de la théorie des représentations sociales. retour réflexif sur son propre parcours et nouveaux horizons de recherche. Avec ce texte inédit. Moscovici érige la psychologie sociale, dont il est l'un des fondateurs, en véritable anthropologie du monde contemporain.