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Les sombres précurseurs. Une sociologie pragmatique de l'alerte et du risque
Chateauraynaud Francis ; Torny Didier
EHESS
27,00 €
Épuisé
EAN :9782713213311
Parmi les actes ouvertement tournés vers autrui, le cri d'alarme occupe une place privilégiée. En s'intéressant aux procédés par lesquels des " lanceurs d'alerte " s'efforcent de faire reconnaître un danger, cet ouvrage interroge nos catégories de l'action et de la décision. En effet, l'alerte prend forme sur fond de vigilance et de participation au cours des choses. Elle naît de l'attention aux signes précurseurs et convoque des expériences marquantes, des précédents, qu'elle relie à un avenir proche ou lointain, en faisant de l'acte présent une épreuve de réversibilité, une source possible de prise sur le futur. Trois dossiers, développés ici de manière détaillée, illustrent cette problématique de l'alerte : le dossier de l'amiante, marqué par une " période muette " de près de quinze ans, cruellement exemplaire d'une perte de prise collective, celui de la radioactivité qui n'a pas fini de défrayer la chronique avec la gestion des déchets nucléaires, et, enfin, celui des maladies à prions dont le rebondissement spectaculaire, avec la " crise de la vache folle ", témoigne de l'invention de nouvelles formes de vigilance face aux risques d'un monde en réseaux.
Comment l'émergence de la chose commune - ce qui fait qu'il y a du commun en société - s'arme-t-elle et se nourrit-elle de la perception, plus ou moins répartie et reconnue, qu'une menace, qu'un risque nécessitent une attitude de précaution? Comment se modulent les différentes formes de la vigilance, établies en tant que telles et prises en charge par des institutions ou inscrites de manière plus "spontanée" dans les pratiques quotidiennes du quidam? Les enquêtes réunies dans cet ouvrage portent sur les manières de "faire attention", dans des domaines aussi diversifiés que la surveillance d'une autoroute, d'une rivière, d'un quartier, d'une algue, d'un lieu public, d'une population fragile, d'un atelier de travail... Réunies, elles pointent la question de la veille comme forme sociale de la bienveillance, interrogeant en son principe même l'opérativité du risque comme valeur de/au sein de la communauté.
Nouvelliste et romancier, Georges-Olivier Châteaureynaud a publié chez Grasset l'essentiel de son oeuvre, notamment La Faculté des songes (Prix Renaudot 1982). Au tournant des années 70 et jusqu'à aujourd'hui, la nouvelle française a connu un renouveau dont on n'a pas encore pris toute la mesure. Georges-Olivier Châteaureynaud est un des artisans majeurs de ce phénomène, c'est le registre du fantastique "à la française", plus soucieux d'intriguer et de troubler, de "confondre" que d'effrayer, qu'il aura renouvelé. Le présent recueil en témoigne, après Le Héros blessé au bras, Le Kiosque et le tilleul, Le Goût de l'ombre. Ici, une ancienne actrice défigurée par la foudre s'offre à l'éclair qui viendra la reprendre... Là, un homme accumule chez lui, jusqu'à vivre un enfer, les fantômes pourtant bien paisibles de ses proches décédés... Un chauffeur de taxi découvre au coeur de la ville qu'il parcourt depuis des années une rue inconnue de lui, où le goût de la vie devient bouleversant, mais qu'y-a-t-il au bout de la rue ? Le fantastique de Châteaureynaud décrit sur un mode métaphorique et poétique un monde cruel, narquois, tantôt invivable et tantôt paradisiaque, un monde à tout moment réversible : le nôtre.
Chateauraynaud Francis ; Torny Didier ; Gilbert Cl
Face à des dangers ou des risques, imminents ou diffus, lancer une alerte est avant tout un acte éthique, délibérément tourné vers autrui. Selon la trajectoire qu'elle emprunte, une alerte peut être à l'origine de controverses ou d'affaires publiques, à travers lesquelles se révèlent des rapports de force et de légitimité. Fondé sur une sociologie de la vigilance, cet ouvrage a installé dans le monde francophone la notion de lanceur d'alerte, clairement distinguée de celle de "whistleblower" utilisée dans le monde anglo-saxon. A partir de trois grands dossiers l'amiante, la radioactivité et les maladies à prions, les auteurs élaborent un modèle de transformation qui mène de l'émergence de signes précurseurs jusqu'à leur inscription dans des dispositifs de régulation. Si les alertes donnent souvent lieu à des conflits durables, elles rendent visibles les prises collectives dont disposent, ou non, les acteurs pour surmonter leur défiance vis-à-vis des institutions et des systèmes d'expertise officiels. Augmentée d'une préface, cette nouvelle édition survient après le vote de la loi sur les lanceurs d'alerte au printemps 2013. En déployant les dynamiques sociales liées aux crises sanitaires et environnementales, qui ne se réduisent pas à l'expression de "peurs irrationnelles", l'ouvrage permet d'en saisir toute la portée politique.
Observer, participer, comprendre, décrire sont les étapes clés du travail de l'ethnographe. Elles ont donné lieu à de véritables controverses, d'autant plus intenses que s'est accru l'engagement du chercheur dans la cité. Présentant des textes récents, mais déjà classiques, L'engagement ethnographique se lit comme une anthologie de réflexions sur le travail de terrain. Enquêter, c'est s'engager dans des activités, s'impliquer dans des échanges, collecter des informations et, dans le même mouvement, transformer des savoirs et se transformer soi-même. L'expérience du terrain est ici irremplaçable: elle permet une pensée en prise sur le concret. Et contre tout dogmatisme, elle aide à trouver de nouvelles solutions à des problèmes éthiques et politiques. Du terrain aux comptes rendus de situations sociales, l'ethnographie est, plus qu'une méthode, un art de mener l'enquête. Ses pratiques ont connu de grandes transformations, à l'épreuve de la mondialisation. Elles s'enrichissent des apports de l'histoire et de l'analyse de réseaux. De territoire circonscrit, le terrain devient flux. La tâche de l'ethnographe est désormais de suivre de site en site des personnes, des capitaux, des marchandises, des techniques, des histoires, des conflits... Il se retrouve aux avant-postes de la réflexion sur la globalisation.
Remaud Olivier ; Schaub Jean-Frédéric ; Thireau Is
Que signifie l'acte de comparer pour les sciences sociales ? Dans ce volume, la démarche comparative est vue comme un éloge de la pluralité: aucune science sociale ne peut se borner à l'étude d'un seul cas. Dès lors, chaque nouveau savoir, chaque nouvel échange entre disciplines se trouvent confrontés aux fausses évidences de leur irréflexion. On tend à décréter le comparable, à stipuler l'incomparable. Comparer en sciences sociales, c'est répondre aux défis du découpage et de l'asymétrie des objets. C'est également forger les outils d'une méthode qui s'ajuste à des écarts. Cet ouvrage reflète les approches très différenciées dans lesquelles s'inscrit la comparaison. Pour les uns, celle-ci est une ressource de l'analyse; pour les autres, elle constitue la matière d'un programme de recherche. Pour tous, l'acte de comparer pose le cadre théorique de leur réflexivité scientifique. Il définit aussi l'horizon d'un langage commun. Il désigne enfin l'objet observé: des sociétés composées d'acteurs qui ne cessent de qualifier leur situation par comparaison.