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Le coton et ses patrons. France, 1760-1840
Chassagne Serge ; Bergeron Louis
EHESS
66,00 €
Épuisé
EAN :9782713209680
Faute de sources adéquates (des archives d'entreprises analogues à l'extraordinaire fonds Oberkampf, déjà exploité par l'auteur), les problèmes du marché et de la croissance de la production ont été ici délibérément écartés, au profit de l'analyse de la mutation des formes de la production, de la proto-industrie à l'usine mécanisée, matrice de la civilisation industrielle. La naissance de l'industrie cotonnière s'opère en France en trois grandes phases: - de 1760 à 1785, "temps des indiennes", domine dans les proto-fabriques l'activité "à forte valeur ajoutée" de l'impression des cotonnades, importées du Bengale par les Compagnies des Indes, ou tissées en France dans les vieilles régions d'activité toilière; - à partir de 1785, et jusqu'à 1815, se diffusent les "mécaniques anglaises" à filer, mues à la main (jennies et mules) ou par l'énergie hydraulique (les water-frames), qui concentrent le filage en fabriques, tout en maintenant dispersé le tissage. On remarquera que ce transfert de technologie coïncide avec la Révolution française, et la fermeture des frontières aux produits étrangers; - après le retour de la paix et le maintien des tarifs protectionnistes, la mécanisation gagne tous les stades de l'activité cotonnière: filature (à l'eau ou à la vapeur), tissage (à bras pour les toiles fines, mécanique pour les qualités ordinaires), impression au rouleau, teinture et séchage à la vapeur pour l'ennoblissement. Ainsi s'impose l'usine comme forme dominante de la production. Pour chaque phase, en gros équivalente à la durée d'une génération, l'auteur s'est interrogé en historien économiste sur le coût d'établissement des entreprises cotonnières, mais aussi, en historien du social, sur le milieu des entrepreneurs qui les ont créées. Les patrons du coton témoignent-ils d'une rupture ou d'une continuité? Ce livre est une tentative de réponse concrète à cette interrogation.
Résumé : Du règne de Louis XV à la IIIe République triomphante, la maison de commerce Desgrand père & fils traverse les évolutions et les révolutions qui marquèrent la France mais, aussi, l'histoire globale. Ses réussites comme ses déboires illustrent, à travers l'exemple de ces hommes oubliés et méconnus, des stratégies usant de pratiques marchandes et d'alliances qui permettent qu'en deux générations, cette dynastie de patrons d'Annonay en Ardèche passe de la boutique où se négocient sur le comptoir pièces d'étoffes et calicots aux comptoirs et autres agences commerciales dispersées entre l'Amérique latine, l'Australie, le Levant ottoman, la Chine et le Japon. Ces variations scalaires, du Haut-Vivarais puis de Lyon, capitale européenne de la soierie de luxe, aux échelles du monde, permettent de reconstituer, par le biais d'archives privées inédites, des pratiques et des stratégies commerciales qui sont la marque de la mondialisation partielle du XIXe siècle. Cousins des ingénieurs Seguin et des Montgolfier, les Desgrand furent, eux aussi, des hommes de leur temps, celui des révolutions, qu'elles soient politiques ou économiques, tout en restant les héritiers d'une culture et de tactiques qui passèrent le cap de ces bouleversements en prolongeant au-delà du Second Empire un long XVIIIe siècle. Puisant dans la boîte à outils de l'histoire des entreprises et celle des réseaux tout en s'inscrivant résolument dans celle de l'histoire connectée, la saga commerciale de ces maîtres du comptoir est une fenêtre ouverte sur un monde dont la modernité est encore, par bien des aspects, la nôtre.
Résumé : Cet ouvrage étudie l'étrangeté dans ses aspects formels. Les contributeurs ont observé sous quelles formes littéraires et artistiques l'étrangeté se manifeste de façon privilégiée : la représentation du rêve comme lieu de rupture avec les cadres spatio-temporels établis, avec la causalité et avec la peinture habituelle de la psychologie des personnages ; le surnaturel et le fantastique dans lesquels le surréel investit la familiarité du quotidien, ce qui induit un recours à des formes et structures narratives particulières comme l'enchâssement, la mise en abyme, le ralentissement et l'accélération du temps (ex : romantisme et littérature fantastique). En outre, l'étrangeté est envisagée comme écart par rapport à la "norme", au canon, à la tradition. Il s'agit donc d'observer comment, en littérature ou dans les arts plastiques, la rupture avec l'académisme, le classicisme ou les codes littéraires d'un genre, ou encore l'hybridation et l'intertextualité sont génératrices d'une étrangeté féconde qui revêt des formes spécifiques : la parodie, l'écriture mythique jouant sur l'adaptation perturbatrice du mythe fondateur à la modernité et produisant nécessairement un effet de distanciation, l'esthétique de la déconstruction, de l'écart, de la transgression, les avant-gardes. L'écriture dans une langue étrangère peut aussi constituer une expérience singulière de l'étrangeté. La langue d'adoption est alors le vecteur d'un effet de distanciation, de déformation, de métissage linguistique. Son étrangeté tient à la fois à ce qu'elle devient l'espace d'appropriation d'une culture par l'auteur étranger et, pour le lecteur germanophone, celui d'une déstabilisation du fait de son hybridité. Dans une lecture interprétative, le texte lui-même peut être vu comme un objet "étrange". La pensée juive a ainsi développé depuis les origines une herméneutique complexe qui s'efforce de faire apparaître, sans chercher à les résoudre, les contradictions, les failles, les interstices obscurs du texte, bref son inaliénable étrangeté. La lecture talmudique rencontre ainsi dans ses intuitions les plus audacieuses l'herméneutique littéraire moderne et contemporaine. L'étrangeté est donc aussi envisagée comme mode d'écriture, reposant sur l'ouverture, l'énigme, la dissémination, l'éclatement...
Résumé : Cet ouvrage est le fruit d'une méditation de l'oeuvre de cet écrivain généralement présenté comme un pamphlétaire ou un vociférateur d'où plusieurs ouvrages sous le thème "Léon Bloy en fureur", "Léon Bloy en verve"... Cette lecture de Léon Bloy tend à souligner ce qui est au coeur de sa vie et de son oeuvre : une méditation continue de la Parole de Dieu et une contemplation du mystère trinitaire. Cette anthologie permet de mieux cerner cette dimension de l'oeuvre de celui qui refusait in fine d'être un écrivain... Sous les traits de celui qui feignait d'avoir "l'air d'une brute", il est bon, un siècle après sa mort, de mettre en avant "la secrète douceur lumineuse" qui irrigue toute son oeuvre.
Depuis le début des années 1990, la plupart des hôpitaux européens ont révolutionné les pratiques entourant la mort du foetus ou du nourrisson. Escamoter l'enfant mort et inciter les parents à "passer à autre chose", tel était l'usage jusqu'alors. Apprendre à "faire son deuil", telle est la règle désormais. Le deuil devient volontariste, presque appliqué. Mais le plus surprenant est sans doute l'invite systématiquement faite aux parents de regarder leur enfant mort. Internationale, cette mutation fut aussi radicale: en dix ans, une page de l'histoire de la mort enfantine a été tournée. Elle cristallise une nouvelle manière de saluer les morts rendant essentielles la matérialité et l'incarnation du souvenir. Que s'est-il passé pour que la présentation ou la représentation du corps devienne, ou redevienne, incontournable pour penser la perte? Un simple retour au passé? Fétichisation du corps et psychologisation de son usage: le corps, la chair, le donné biologique sont appelés au secours des psychés. Mais le phénomène se limite-t-il bien au cas des bébés morts? Que nous suggère-t-il de la redéfinition contemporaine des identités?