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Quatre témoins de la liberté. Rousseau, Montaigne, Berdiaev, Dostoïevski
Charbonneau Bernard ; Cérézuelle Daniel
RN
9,90 €
Épuisé
EAN :9791096562114
Ouvrage inédit de Bernard Charbonneau, qui pourtant l'affectionnait beaucoup, ce petit livre est l'ultime réflexion qu'il porta sur le concept de liberté, qui chez lui a toujours été central. Il y offre à son lecteur une méditation de tout premier ordre mais accessible et concise sur la liberté, prise en tant que concept et recherche incarnés dans un temps, dans un lieu, dans un individu. Plus importante encore que la réflexion philosophique est la volonté de Charbonneau de tenter de communiquer au lecteur qui lui fait l'amitié de le lire son expérience de la liberté, en se basant sur des figures irréfutables comme Rousseau (à travers le Contrat social), Montaigne (à travers les Essais), Berdiaev (à travers De l'Esclavage et de la liberté de l'homme) et Dostoïevski (à travers la parabole du Grand Inquisiteur), utilisées comme autant de perspectives différentes et de témoins édifiants.
Ces quatre textes figurent dans l'ouvrage de Maurice Bardet, La Fin du paysage, publié en 1972 chez Anthropos avec des photographies de l'auteur. Bernard Charbonneau (1910-1996), ami de Jacques Ellul, s'intéresse très tôt au sentiment de la nature et aux dégradations que l'agriculture productiviste et l'acharnement industriel imposent aux paysages. Précurseur de l'écologie politique, collaborateur de La Gueule Ouverte (1973-1977) et de Combat Nature, il dénonce les "grand travaux" (autoroutes, aménagement de la côte Aquitaine, zone touristique du Languedoc) et les enlaidissements volontaires (lotissements pavillonnaires, décharges à ciel ouvert, "boîtes" des centres commerciaux, station-service dupliquée, parcs à thème). Il n'hésite pas à nommer les responsables (hauts fonctionnaires, élu-e-s, promoteurs, multinationales du commerce et des loisirs, exploitants d'une agriculture intensive, consommateurs béats). Au-delà d'un cri contre ceux qui défigurent la France, l'auteur généralise son propos et explique pourquoi aucun pays ne va échapper à cette banlieuisation forcée, aux conséquences désastreuses. La banlieue totale s'accompagne d'un pouvoir total qui marchandise chaque fait et geste de chacun, ses territorialités comme ses tempolarités. Cinquante ans plus tard, cette colère reste salutaire et annonce les nôtres !
Le "Progrès"? Bernard Charbonneau le représente sous la forme d'un bulldozer qui transforme les paysages en terrains vagues et nivelle tout sur son passage. Au cours du xxe siècle, la croissance a engainé l'exode rural, l'annihilation des sociétés traditionnelles, le triomphe de l'agrochimie. Le marché quadrille désormais la planète alors que l'accélération des transports et l'essor des télécommunications compriment les distances. Cette civilisation des machines est aussi celle de la dépersonnalisation : la banlieue s'étend, les modes de vie s'uniformisent, la culture de masse formate les esprits. L'Etat enfle, l'organisation se fait de plus en plus contraignante, les consommateurs passifs sont pris en charge jusque dans leurs loisirs. Et chacun est sommé de s'adapter au changement incessant. Standardisation, concentration, pollution... le développement exponentiel de la science, de la technique, de l'économie est ici analysé comme un phénomène social global. Face au totalitarisme industriel, l'écologie que défend Bernard Charbonneau est révolutionnaire, à la fois libertaire et conservatrice. Elle articule préservation de la nature et conquête de la liberté, et affirme la nécessité de décroître, de penser les limites et l'équilibre contre la quête destructrice de toute-puissance.
Charbonneau Bernard ; Ellul Jacques ; Cérézuelle D
Figures majeures de l'écologie, Bernard Charbonneau et Jacques Ellul ont édifié une oeuvre commune. Leur pensée en dialogue, publiée dans le journal Combat Nature, témoigne de leur vie d'engagements pour la défense de l'homme et de la Terre. Tout en livrant une critique fondamentale du développement exponentiel, ils ouvrent des perspectives pour une nécessaire révolution, car chez eux, la théorie n'est jamais séparée de l'action. Bouleversement de la condition humaine par la technoscience, idéologie du changement perpétuel, course à la puissance militaire et industrielle, artificialisation galopante de notre milieu de vie, massification de la culture, centralisation politique et économique... Face à un prétendu " Progrès " qui menace à la fois la nature et la liberté, Jacques Ellul et Bernard Charbonneau mettent en cause la civilisation de croissance. Ils nous exhortent à résister au bulldozer du développement, à transformer nos modes d'existence, à préserver la paysannerie et les sociétés locales. C'est à une véritable conversion, dans les principes comme dans les pratiques, que chacun est appelé. A l'heure où l'écologie est largement dévoyée dans sa traduction politicienne, ces penseurs phares continuent de nous guider. Pour ne jamais perdre de vue la nature du combat.
L'Orwell essayiste a écrit de très nombreux essais, la plupart parus dans la presse de l'époque. Peu cependant traitent directement de la liberté d'expression et de pensée, thèmes chers s'il en est à l'auteur de La Ferme des Animaux et de 1984. Dans ce petit texte offensif, prononcé à l'occasion d'un événement en faveur de la liberté de la presse, Orwell s'insurge contre les discussions sur le sexe des anges quand elles ne sont pas de franches louanges envers le communisme soviétique et l'URSS. Il se livre ensuite à un plaidoyer prémonitoire et lucide sur la nature du totalitarisme et ses rapports avec la liberté d'expression, les écrivains et la littérature en tant que telle - la littérature avait en effet toujours été la passion d'Orwell, qui n'écrirait 1984 que quelques années plus tard. C'est dans ce texte qu'il faut lire la défense qu'en fait Orwell, dans des termes et au moyen d'analyses qui n'ont rien perdu de leur pertinence aujourd'hui.
Berry Wendell ; Dufoing Frédéric ; Bourdier Thomas
Résumé : Berry, lui-même paysan, défend l'idée que l'agriculture représente un développement culturel et dépend d'une discipline spirituelle. Contre l'agriculture industrielle, qui coupe l'agriculture de son contexte culturel, détruit son ancrage familial et crée une distance entre les citoyens et leur terre, Berry défend une agriculture à taille humaine, familiale et respectueuse de l'environnement et des consommateurs. Quoique ce livre n'ait pas "le destin heureux d'avoir été démenti" , ce classique, proche de Gorz ou Charbonneau, défend ceux qui luttent toujours dans leur vie quotidienne pour la préservation d'un monde respectueux de l'homme et de son environnement.
Je fus, que son ami Jacques Ellul tenait "pour un des seuls livres fondamentaux sur la liberté", est l'ceuvre de philosophie existentielle majeure de Bernard Charbonneau. Cet Essai sur la liberté, véritable odyssée intellectuelle et sensible d'une liberté incarnée, à laquelle Bernard Charbonneau donne corps, sang, chair, esprit et style d'une manière incomparable, s'articule autour de l'autre concept central de sa pensée : la nature. Imprégné des intuitions de ceux qui l'ont accompagné dans sa quête (Montaigne, Pascal, Kierkegaard, Nietzsche), Charbonneau explore le concept de liberté sous toutes ses formes ; la sienne est forcément tragique ("le plus dur des devoirs"), qu'il oppose au "mensonge de la liberté" et à tous ses avatars idéologiques, technoscientifiques ou consuméristes. Un livre indispensable pour quiconque cherche à être vraiment libre, c'est-à-dire à interroger les conditions de possibilité de sa propre liberté ? et surtout à la vivre, ici et maintenant.