Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Les intellectuels français et Israël
Charbit Denis
ECLAT
23,00 €
Épuisé
EAN :9782841622016
A la "question juive" du XIXe siècle est venue se substituer ou s'ajouter au XXe siècle, la "question d'Israël", suscitant dans les milieux politiques et intellectuels des clivages surprenants et des revirements quelquefois inattendus. La création d'Israël a ravivé une série de problématiques qui ont modelé la politique contemporaine: Etat/ communauté, laïcité/ religion, orient/ occident, etc. Dès avant 1948, les intellectuels français ont largement discuté de ces questions, depuis les débats entre le franco-judaïsme et le sionisme jusqu'aux prises de position contrastées d'un Louis Massignon ou Maurice Blanchot, de Jean-Paul Sartre ou François Furet, d'Albert Cohen ou Chris Marker, d'Annie Kriegel ou Alain Badiou, dont les revues d'idées se firent l'écho. Entre les condamnations et les enthousiasmes, les incompréhensions et les fidélités, ce sont les "aventures" de ces prises de position et polémiques qui sont présentées dans cet ouvrage collectif, issu de deux colloques tenus à l'Université de Tel-Aviv en 2007 et 2008.
Résumé : A la fin du XIXe siècle, du sein des communautés juives en Europe, des voix s'élèvent et réclament la création d'un Etat juif pour échapper aussi bien à l'assimilation totale qu'à la virulence de l'antisémitisme et aux persécutions. C'est la naissance d'un des mouvements politiques et culturels les plus importants de notre siècle, mais aussi l'un des plus contestés, qui ne s'arrêtera pas avec la fondation de l'Etat d'Israël, il y a cinquante ans. Héritier des Lumières juives du XVIIIe siècle, le sionisme est tout à la fois un instrument de (re)conquête politique, une volonté de renaissance, centrée, en particulier, sur la restauration de la langue hébraïque, une vision de l'histoire et de l'identité juive comme nation, une sécularisation, une valorisation du territoire, une cause humanitaire pour les juifs apatrides et, enfin, un laboratoire d'utopie communautaire. Par la mise en perspective des textes majeurs qu'elle opère, l'anthologie rassemblée et commentée par Denis Charbit, professeur de civilisation française à l'Université de Tel-Aviv, fait apparaître pour la première fois l'extraordinaire diversité des sionismes. Le débat autour du théologico-politique, les perceptions et les solutions au conflit israélo-palestinien, l'aspiration à " être un peuple commes les autres ", etc., ne sont pas sans avoir révélé des points de vue contradictoires et des tensions qui pèsent encore sur le destin d'Israël. De Theodor Herzl à Amos Oz, c'est le récit pluriel de l'aventure de pionniers, d'hommes politiques, d'intellectuels, d'écrivains, qui se déploie, ainsi qu'un bilan que chacun pourra apprécier à l'heure où la paix devrait enfin sonner.
Le mot "sionisme", né il y a à peine plus de cent ans, ne semble plus compris de nos jours et subit toutes les altérations qu'entraîne la polémique. Ce livre vise à rétablir son sens véritable et à examiner ce qu'il en est dans la réalité israélienne d'aujourd'hui: revenir à Sion, terre ancestrale, reconstituer les juifs en tant que nation, créer un Etat démocratique, rétablir la langue hébraïque et offrir aux juifs en détresse un refuge et une patrie.
Retour à Altneuland revient sur les utopies qui sont au fondement du mouvement sioniste, tant sur le plan social et politique que culturel, et permet d'enrichir le sens d'une idée dont on ne perçoit souvent en Occident que la part qui en a occulté la dimension "révolutionnaire". Denis Charbit s'attache ici à en rétablir les sources et la complexité et nous permet de mieux comprendre les enjeux et la "nécessité" de ce nouveau pays ancien, entre religion et laïcité, voisinage et communauté, kibboutz et économie de marché, héritage européen et filiation orientale. Retour à Altneuland dérangera peut-être comme a dérangé, en son temps, l'Altneuland de Theodor Herzl, mais contribuera, on l'espère, à dissiper quelques malentendus.
Paix impossible avec les Palestiniens, projet d'expansion territoriale, dérive nationaliste de la droite et disparition de la gauche, lutte entre laïcs et orthodoxes, relations déséquilibrées entre Israël et la diaspora... Au moment même où Israël est tenu par certains pour le pire des Etats, il est plus que jamais nécessaire de reprendre son histoire en pointant l'écart grandissant entre exigence d'être une lumière pour les nations et quête de normalité. Car Israël apparaît malgré tout comme un Etat anormal. Sur ce territoire sans frontières subsistent une démocratie sans Constitution et une nation sans citoyenneté, sous le poids d'une armée trop présente et d'une religion trop influente. Ces tensions révèlent un profond désaccord sur ce qu'est Israël et ce qu'il devrait être, mais elles ne dispensent pas de s'interroger sur les motivations du rejet dont Israël est l'objet. Dans ce livre achevé à l'ombre du 7 octobre, Denis Charbit analyse les racines de cette crise généralisée et discerne les erreurs de parcours, les choix malheureux, les fautes délibérées. Il invite le lecteur à plonger dans ce bouillonnement, ausculte les impasses dans lesquelles Israël s'est fourvoyé, non sans esquisser les contours d'une nécessaire refondation.
Les textes traduits ici constituent un ensemble dont l'essentiel est consacré à définir les règles de l'initiation et de l'éducation spirituelle soufie. Leur portée est avant tout pratique. On peut ainsi mesurer à quel point Najm al-dîn Kubrâ (1145/46-1221) fut plus un guide spirituel soucieux de conduire ses disciples jusqu'à leur but, qu'un doctrinaire. Cependant, la pratique du soufisme ne saurait se séparer d'une doctrine d'ensemble qui la fonde et qui l'organise dans la cohérence du discours. On trouvera donc dans ces traités maints éléments qui complètent ce que Najm al-dîn Kubrâ a davantage développé dans Les Eclosions de la beauté et les parfums de la majesté, paru à L'éclat en 2002. Sont traduits ici : Traité pour le fou d'amour ; Traité des dix principes ; Les bons usages des soufis ; Livre des bons usages de l'itinéraire vers la présence ; Traité du voyageur stupéfait ; Traité de la retraite spirituelle ; Conseils pour l'élite ; Réponses aux neuf questions ; Traité de soufisme ; Traité des bons usages des itinérants ; Les voies de la connaissance du manteau mystique ; Traité du navire ; Réponses à quelques questions I et II.
Depuis la parution de Eichmann à Jérusalem de Hannah Arendt en 1962, le concept central du livre, la « banalité du mal », a fait l?objet de très nombreuses polémiques et discussions, dont les pièces sont données en appendice de ce volume. Mais aujourd?hui, à l?occasion du 50ème anniversaire du procès Eichmann, des historiens, des psychiatres, des écrivains et des philosophes engagent un débat posthume avec l?auteur du « reportage», autour des destins de ce concept, qui a permis de méditer les écrits et dires des exécuteurs et des rescapés, mais n?a pas résolu l?énigme de cette banalisation des bourreaux, qui a transformé ces criminels exterminateurs en « hommes ordinaires ». Comment la banalisation de la « banalité du mal » a-t-elle joué contre le sens de la formule est au coeur de la discussion contemporaine.
Dans les traditions philosophiques occidentales, c'est à la critique développée par la pensée marxiste que l'on doit de pouvoir aborder l'oeuvre de Moses Hess (1812-1875). Pourtant, le "rabbin des communistes", comme on l'a appelé, fut l'un des penseurs du XIXe siècle qui questionna au plus près les conditions de la liberté et de l'égalité sociales, en même temps qu'il ouvrit la voie à l'idée d'un foyer juif en Palestine, où cette liberté et cette égalité se seraient pleinement épanouies. Dans les études juives, la philosophie de Moses Hess est rarement évoquée, si l'on excepte quelques commentaires qui font de lui ce "communiste et sioniste, qui joua un rôle décisif dans le premier mouvement et inventa virtuellement le second". Le livre de Jean-Louis Bertocchi veut porter un éclairage nouveau sur cette oeuvre pionnière et singulière à bien des égards, dont le coeur est bel et bien la discussion serrée, "en accord divergeant", de la pensée de Spinoza, lu attentivement par Marx lui-même, et qui, dans le ciel d'un humanisme juif émancipé et émancipateur, dessine une constellation en perpétuel mouvement, où scintillent tour à tour philosophie, communisme et sionisme.