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Balthus, portraits privés
Char René; Collectif ; Berger Peter; Martin Rober
NOIR BLANC
24,00 €
Épuisé
EAN :9782882502032
Malicieuse, élégante et solitaire, la personnalité de Balthus savait être paradoxale. Voici un ouvrage qui va s'intéresser plus à l'homme qu'à sa peinture, chercher à saisir ce tempérament résistant à toute définition univoque. Avec tendresse, Philippe Noiret évoque sa mondanité; enfant surdoué pour Rilke, mais adolescent nonchalant pour Marc Allégret; ascète rigoureux, mais grand amoureux; plein d'humour et d'une grande sérénité... A l'occasion du centième anniversaire de la naissance de Balthus, né un 29 février, ce livre offre une série de témoignages, sous forme de textes, de photographies ou de dessins. Se constitue ainsi au cours des pages un puzzle organique et dynamique, à l'image de Balthus. Le peintre scrutait son modèle, fouillait la réalité pour en saisir le secret, en approcher le mystère. Ce livre lui applique la même méthode. Outre des auteurs de renom qui ont écrit sur Balthus et sa peinture (Albert Camus, Antonin Artaud, René Char, Pierre Jean Jouve, Jean Starobinski...), Balthus, portraits privés donne la parole aux spécialistes de son ?uvre comme Jean Clair, aux amis (Federico Fellini, Shan Sa, Bono, Richard Gere ou David Bowie), et, bien sûr, à sa famille
Combien souffre ce monde, pour devenir celui de l'homme, d'être façonné entre les quatre murs d'un livre ! Qu'il soit ensuite remis aux mains de spéculateurs et d'extravagants qui le pressent d'avancer plus vite que son propre mouvement, comment ne pas voir là plus que de la malchance ? Combattre vaille que vaille cette fatalité à l'aide de sa magie, ouvrir dans l'aile de la route, de ce qui en tient lieu, d'insatiables randonnées, c'est la tâche des Matinaux. La mort n'est qu'un sommeil entier et pur avec le signe plus qui le pilote et l'aide à fendre le flot du devenir. Qu'as-tu à t'alarmer de ton état alluvial ? Cesse de prendre la branche pour le tronc et la racine pour le vide. C'est un petit commencement". René Char.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Le Marteau sans maître - Moulin premier - Placard pour un chemin des écoliers - Dehors la nuit est gouvernée - Fureur et mystère - Les Matinaux - La Parole en archipel - Le Nu perdu - La Nuit talismanique qui brillait dans son cercle - Aromates chasseurs - Chants de la Balandrane - Fenêtres dormantes et porte sur le toit - Recherche de la base et du sommet - En trente-trois morceaux - À Faulx contente - Le Bâton de rosier - Loin de nos cendres - Sous ma casquette amarante - Trois coups sous les arbres, introduction de Jean Roudaut. Avec la collaboration de Lucie et Franck André Jamme, Tina Jolas et Anne Reinbold. Nouvelle édition augmentée de Les Voisinages de Van Gogh, d'Éloge d'une Soupçonnée et de textes complémentaires en 1995.
Résumé : Les oeuvres réunies dans Trois coups sous les arbres représentent l'ensemble du théâtre de René Char (1946-1952). La langue qu'on parle dans Sur les hauteurs, Claire et Le Soleil des Eaux est une langue simple et quotidienne, mais la poésie n'y est pas moins partout présente. "Je crois, écrit en effet René Char dans Le Soleil des Eaux, que la poésie, avant d'acquérir pour toujours, et grâce à un seul, sa dimension et ses pouvoirs, existe préliminairement en traits, en spectre et en vapeur dans le dialogue des êtres qui vivent en intelligence patente avec les ébauches autant qu'avec les grands ouvrages accomplis de la création". C'est d'un tel dialogue que Trois coups sous les arbres nous offre l'image, animant un monde à demi véridique, à demi imaginé, du théâtre sans en être tout à fait, "principalement quelque chose qui soit de la vie deux ou trois fois multipliée, pas plus". Le livre comprend également deux arguments de ballet et ce que René Char appelle une Sédition : L'Homme qui marchait dans un rayon de soleil.
Les premières rencontres de cet ouvrage suivent le rythme de ces "ruisseaux prodigues qui poussent leurs eaux dans des terres de plus en plus accablées" : Faire du chemin avec tente de rétablir l'espoir comme l'acte de s'orienter d'instinct dans le visible et dans l'invisible. Puis des compagnons de vindicte au beau visage averti, des peintres, des passantes chanceuses, aussi des inconnus aux mains glissantes d'ébauches délaissées, montrent diversement habitable notre monde tragique ou comique, mais qui recherche l'art. Compagnie aiguisante, parfois déambulation effacée, et partout l'inimitié des nations, des individus, des choses et des événements qui mènent au lieu extrême d'où la voix s'élèvera : "Au terme du tourbillon des marches, la porte n'a pas de verrou de sûreté : c'est le toit. Je suis pour ma joie au coeur de cette chose, ma douleur n'a plus d'emploi". Tous partis assemble pierre sur pierre la réalité utilisée à d'autres fins, tels les gradins taillés du théâtre d'Epidaure. Effilage du sac de jute, en dernier, est le chant indivisible, exposé à la juste hauteur, celle de l'érable à l'ouïe si fine". René Char.
Résumé : De 1952 à sa disparition en 1977, Charlie Chaplin vit avec sa famille au manoir de Ban, à Corsier-sur-Vevey (Suisse). Dès son installation sur les bords du lac Léman, le génie du 7e art choisit comme photographe personnel un jeune homme arrivé de Paris quatre ans plus tôt : Yves Debraine. Leur collaboration perdurera jusque dans les années 1970. Le photographe est chargé de réaliser les cartes de voeux des Chaplin, mises en scène dans des situations à chaque fois différentes par le grand cinéaste. Mais aussi de documenter les fêtes de famille, les réceptions, la vie de famille, les remises de prix, les visites en Suisse, le maître au travail sur ses derniers films et l'écriture de ses mémoires. Pour la première fois réunies dans un livre, ces photographies montrent un Chaplin apaisé, toujours créatif, à l'abri du tumulte du monde derrière les hautes frondaisons du manoir de Ban. Discret observateur de l'intimité de Charlie Chaplin, de sa femme Oona et de leurs enfants, Yves Debraine donne la pleine mesure de son talent, alors reconnu par les plus grands magazines internationaux, dont Life aux Etats-Unis. Chaplin personal propose une sélection des archives Chaplin d'Yves Debraine, dont un bon nombre d'images inédites. Il accueille également un texte inédit du photographe, où il témoigne de son expérience à la fois professionnelle et humaine au manoir de Ban. Le livre comporte une introduction et une biographie du reporter-photographe par son fils Luc Debraine, directeur du Musée suisse de l'appareil photographique à Vevey (Suisse). Un témoignage de l'un des enfants de Charlie Chaplin est aussi attendu.
Dans les premières décennies du XXe siècle, Shanghai est la Babylone de l'Extrême-Orient : elle attire de nombreux aventuriers, écrivains et artistes du monde entier pour son atmosphère de glamour et de fête. Emily Hahn, dite " Mickey ", est une célèbre journaliste du New Yorker. Après la crise de 1929, elle arrive à Shanghai et descend au somptueux Cathay Hotel ; elle est immédiatement emportée par le tourbillon mondain de la ville, croisant notamment Ernest Hemingway, Harold Acton, des aristocrates italiens et des officiers anglais. Mais c'est lorsqu'elle rencontre Zau Sinmay, un poète chinois issu d'une illustre famille, qu'elle découvre la véritable Shanghai : la ville des riches coloniaux, des agents triples, des fumeurs d'opium, des paysans déplacés depuis leurs provinces misérables, des réfugiés juifs et russes blancs. C'est grâce aux chroniques et aux reportages de Mickey que le public américain découvrira les réalités de la vie en Chine. Cependant, la brutale occupation japonaise détruira la Shanghai d'avant-guerre, et la Chine entrera dans une nouvelle période de son histoire.
Hérétique, schismatique, Juif converti à l'islam puis au christianisme, libertin, hors-la-loi, tour à tour misérable et richissime, vertueux et abominable, Jakób Frank a traversé l'Europe des Lumières comme la mèche allumée d'un baril de poudre. De là à se prendre pour le Messie, il n'y avait qu'un pas ? et il le franchit allègrement. Le dessein de cet homme était pourtant des plus simples : il voulait que ceux de son peuple puissent, eux aussi, connaître la sécurité et le respect d'autrui. Il voulait l'égalité. La vie de ce personnage historique, qui fut considéré comme le Luther du monde juif, est tellement stupéfiante qu'elle semble imaginaire. Un critique polonais, saluant la réussite absolue de ce roman de mille pages, dit qu'il a fallu à Olga Tokarczuk une " folie méthodique " pour l'écrire. On y retrouve les tragédies du temps, les guerres, les pogroms et la ségrégation, mais on y goûte aussi les merveilles de la vie quotidienne : les marchés, les cuisines, les petits métiers, les routes incertaines et les champs où l'on peine, l'étude des mystères et des textes sacrés, les histoires qu'on raconte aux petits enfants, les mariages où l'on danse, les rires et les premiers baisers. Ainsi que le dit le père Chmielowski, l'autre grand personnage de ce roman, auteur naïf et admirable de la première encyclopédie polonaise, la littérature est une forme de savoir, elle est " la perfection des formes imprécises ". Au milieu du XVIIIe siècle, dans le royaume de Pologne et bientôt à travers toute l'Europe des Lumières, le singulier destin de Jakób Frank : mystique, habile politique, débauché, chef religieux ou charlatan, il fut pour les uns le Messie de la tradition juive, pour les autres un hérétique, ou pire, un traître. Pour conserver à son héros toute son ambiguïté, sa complexité et la polysémie de son apparition, la romancière a choisi de ne le montrer qu'à travers les yeux et les propos d'une foule de personnages de tout milieu et de toute condition. Cette épopée universelle sur l'appartenance, l'émancipation, la culture et le désir, est une réussite absolue : elle illustre la lutte contre l'oppression, en particulier des femmes et des étrangers, mais aussi contre la pensée figée, qu'elle soit religieuse ou philosophique.
Résumé : Mikhaïl Chichkine, qui s'était donné pour mission d'adapter le modernisme "à la Joyce" aux lettres russes, se révèle ici au lecteur dans une simplicité et une intimité nouvelles. Qu'il évoque les relations entre la Suisse et la Russie, l'importance du mot ou le destin de l'écrivain, ses textes sont émaillés de détails biographiques qui leur confèrent la saveur toute personnelle du souvenir. Le texte sur Robert Walser, auquel il voue une grande admiration, est un chef-d'oeuvre : c'est, selon Paul Nizon, l'hommage éblouissant d'un écrivain à un autre écrivain. Une enfance soviétique, une jeunesse rebelle, la haine de la violence ordinaire, l'appel de la littérature, l'exil, qui lui fit craindre de perdre sa langue maternelle, puis le rapprocha de "sa" langue d'écrivain et de la littérature russe : on trouve, dans ce recueil, le "code" de tous les livres de Mikhaïl Chichkine, ses sources d'inspiration autant que ses obsessions.