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Figures du Messie
Chantre Benoît
POMMIER
17,50 €
Épuisé
EAN :9782746505902
Créé dans un "Music Hall" à Dublin en 1742, le Messie de Haendel est une ?uvre riche dont la plasticité se prête à des interprétations très variées. Le Théâtre du Châtelet a choisi de donner, en mars 2011, cette oeuvre dans la réorchestration que Mozart en fit en 1789, avec une mise en scène d'Oleg Kulik et une dramaturgie de Benoît Chantre. Celle-ci s'inspire de la lecture girardienne de la Passion, ce qu'attestait la présence de Michel Serres, intervenu en personne au c?ur de la représentation. Le pari de mettre en scène cet oratorio de façon si originale s'est prolongé par un colloque, réuni autour des personnalités de Michel Serres et de René Girard, dans le but de se prononcer sur l'actualité du Messie et de ce qu'il est convenu d'appeler le messianisme. Quelle est cette tradition? Survit-elle encore à l'échec des messianismes politiques, ces tentatives malheureuses de réaliser ici-bas le "Royaume" de Dieu? Le religieux lui-même nous parle-t-il encore, après tous ces échecs? ou bien n'est-il qu'une "enfance", heureusement dépassée, de l'humanité? Les apports de l'anthropologie, de la sociologie, de la philosophie, de la musicologie, de la théologie et de la littérature aident à préciser ces "figures" du Messie et leur implication dans notre présent.
Résumé : René Girard aurait eu cent ans, le 25 décembre 2023. Théoricien génial de la littérature et des mythes, sa carrière s'est déroulée entre la France et les Etats-Unis, qu'il a rejoints en 1947, après l'effondrement de son pays et la tragédie de la Seconde Guerre mondiale. Figure majeure de la pensée du xxe siècle, il a laissé une oeuvre considérable. Mais la vie de ce penseur unique restait à écrire. Cet essai biographique suit le parcours et les textes d'un écrivain qui voulut dégager la vérité de la littérature et la violence des institutions humaines. Mettant au jour ces deux refus d'entendre que sont le " désir mimétique " , d'un côté, le " mécanisme du bouc émissaire " , de l'autre, il a fait résonner autrement la parole qui parle dans la Bible et dans les Evangiles. Mais Girard a aussi été le passeur injustement oublié des ténors de la pensée française, qu'il a fait connaître aux Etats-Unis : Roland Barthes, Jacques Derrida, Michel Foucault, Lucien Goldmann, Jacques Lacan ou Jean-Pierre Vernant, sans oublier ces figures fondamentales qu'ont été pour lui Claude Lévi-Strauss et Jean-Paul Sartre. C'est ce pont entre deux rives que l'on restaure ici. Fruit de dix ans de recherches, avec René Girard lui-même dont l'auteur était proche, avec sa famille, ses amis, grâce à de nombreux témoins, des textes inédits et une correspondance abondante dont il fallut faire l'inventaire, cette biographie intellectuelle se lit comme le roman d'un siècle de bruit et de fureur.
1914, commencement de la guerre, mort de Charles Péguy, le 5 septembre, au début de la bataille de la Marne. Mais l'histoire continue, et tente de le reprendre. De Gaulle voulut le "panthéoniser". Péguy reste enterré près de Meaux au côté de ses hommes. Reste à l'arracher à sa légende, à déboutonner l'uniforme pour faire apparaître l'énergie d'une langue et l'acuité d'une pensée. Point final aux contresens qui ont entouré l'homme et l'oeuvre. Point final, mais aussi point de fuite : Péguy échappe à l'histoire. Son oeuvre ne s'y inscrit qu'en la dépassant. La mort héroïque n'est pas évacuée, mais n'est pas non plus une fin en soi. Elle est l'horizon différé de son écriture, l'événement répété dans des proses souvent posthumes, où Péguy pense l'histoire et défait l'héroïsme napoléonien. On découvre comment il voulut se sauver de et dans l'histoire. Pas de fin, donc : ouverture, où tout reprend. Point d'origine, alors : Péguy prit les histoires à rebours pour atteindre le moment où l'éternel soudain s'incarne dans le temporel. Ainsi l'affaire Dreyfus n'est pas ce qu'en ont fait les politiques : remonter à son commencement, c'est entendre la révolution morale dont elle était porteuse. De même pour l'histoire de France, du peuple juif ou du christianisme. Revenir en amont de toutes les fondations, c'est relancer les possibles, ici et maintenant.
Lorsqu'au printemps 2006, René Girard et Benoît Chantre décidèrent d'écrire sur Carl von Clausewitz (1780-1831), la guerre froide semblait révolue. Quant à la "vieille Europe", elle feignait de penser qu'elle avait exorcisé ses conflits séculaires. Délibérément apocalyptiques, ces entretiens sur l'échec du christianisme historique et le crépuscule de l'Occident s'achevaient sur un plaidoyer pour la relation franco-allemande et les figures qui l'incarnèrent. Quinze ans après sa parution, leur livre continue de susciter un immense intérêt. En 2007, c'étaient les actes suicidaires du djihad que les auteurs interrogeaient en relisant De la guerre. L'invasion de l'Ukraine par les troupes russes, en 2022, tout en s'inscrivant dans la brèche ouverte par le 11 Septembre, laisse présager un conflit d'une ampleur inédite depuis 1945. Ces échanges riches et denses n'ont donc malheureusement pas pris une ride.
Résumé : " René Girard est mort dans la semaine qui précéda les attentats du 13 novembre 2015. Il avait écrit : " La violence essentielle revient sur nous de façon spectaculaire, non seulement sur le plan de l'histoire, mais sur le plan du savoir". L'auteur de "La Violence et le sacré" n'est pas un prophète de malheur. Sa pensée donne forme et sens à notre avenir. Il nous faut réentendre sa voix. J'ai dû répondre au choc qu'ont été ces événements conjoints : la mort d'un maître et d'un ami, et les horreurs parisiennes. Ces deux réalités constituent une énigme où se confrontent l'invisible et le monstrueux, le secret et le sacré, l'élégance et l'obscénité. Elles m'ont forcé à évoquer les " derniers jours " : ceux de René Girard et la fin des temps qu'il pensa dans son oeuvre. Beaucoup se sont mépris sur son pessimisme. L'annonce d'un démembrement du monde révélait moins la mélancolie d'un romantique que le Royaume entrevu un soir d'été en Avignon ou dans le silence parfumé de Stanford. J'ai voulu rendre présent ce non-violent fondamental avec qui j'ai travaillé quinze ans, qui fut drôle et discret, dont l'espérance était profonde. La parole est vivante. La sienne et celle des textes qu'il sut génialement interpréter. L'Evangile, Shakespeare, Stendhal ou Proust garderont longtemps pour moi l'accent du Midi ".
Résumé : Ce petit manifeste, écrit sur un coup de sang par l'auteur de Petite Poucette en colère contre tous les Grands Papas Ronchons qui empêchent de regarder devant nous avec espoir, a été tout d'abord offert à tout acheteur de deux livres de poche de Michel Serres. Devant l'enthousiasme qu'il a suscité et les nombreuses demandes qui nous sont parvenues, nous avons décidé de le publier sous forme d'un tout petit livre : " Dix Grands Papas Ronchons ne cessent de dire à Petite Poucette, chômeuse ou stagiaire qui paiera longtemps pour ces retraités : " C'était mieux avant ". Or, cela tombe bien, avant, justement, j'y étais. Je peux dresser un bilan d'expert. Qui commence ainsi : avant, nous gouvernaient Franco, Hitler, Mussolini, Staline, Mao... rien que des braves gens ; avant, guerres et crimes d'état laissèrent derrière eux des dizaines de millions de morts. Longue, la suite de ces réjouissances vous édifiera. "
Voici l?histoire d?un amoureux de la vie et d?un curieux du monde. Fils de marinier, homme de la terre, rugbyman, ancien de l?école Navale, philosophe, historien des sciences, académicien, 85 ans et plus de 50 livres, Michel Serres a voulu faire le tour du monde, des lavoirs et des cultures. Son oeuvre foisonnante, imprévisible, inclassable prend la forme d?une Pantopie : du grec "pan" ("tous") et "topos" (le "lieu"). Avec comme devise "penser, c?est anticiper", il a vu venir avant tout le monde les grandes révolutions de notre temps : l?avènement des communications, le souci du corps, la crise de l?écologie, la révolution numérique, la métamorphose du religieux. Pour saisir chacun de ces événements, il a forgé des concepts nouveaux, de Hermès à Petite Poucette, qui leur donnent une incarnation concrète et vivante.
Depuis les années 1970, la molécule d'ADN était considérée comme l'unique support de l'hérédité, mais ce cadre conceptuel est peut-être devenu trop étroit. Car depuis que les chercheurs étudient les mécanismes moléculaires qui modulent l'expression du patrimoine génétique en fonction du contexte, ils vont de surprise en surprise. Ainsi, notre environnement au sens large, nos comportements entre autres provoquent de façon pérenne des modifications "épigénétiques". Des modifications aux répercussions sociétales potentiellement considérables...
Résumé : La mémoire permet de conserver les informations du passé et de voyager dans le temps. C'est en puisant dans ce stock d'informations archivées que nous pouvons agir et planifier nos comportements. Différentes pathologies affectent les multiples facettes de, la mémoire et donnent lieu depuis plusieurs années à un intense effort de recherche à travers le monde. Les connaissances acquises par les chercheurs se sont beaucoup inspirées de cas réels. Francis Eustache raconte l'histoire de ces malades et fait le point sur ce que nous savons aujourd'hui des mécanismes de la mémoire formée de différents systèmes en interaction. Il révèle aussi les contributions décisives de l'imagerie cérébrale pour la compréhension de la mémoire et de ses maladies.