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Quand la mafia se légalise
Champeyrache Clotilde
CNRS EDITIONS
24,99 €
Épuisé
EAN :9782271090003
Cette forme particulière du crime organisé qu'est la mafia revêt une spécificité : elle infiltre l'économie légale, recherchant ainsi moins le profit que le pouvoir et le contrôle de la sphère politique. Cette infiltration est loin d'être anecdotique : pour la seule Italie, on estime le chiffre d'affaires des mafias à 135 milliards d'euros, dont 25 milliards pour les activités entrepreneuriales légales et 16 milliards pour le trafic des déchets, pour un bénéfice net proche des 70 milliards d'euros. Sur ce sujet, les économistes sont bien silencieux, car le modèle dominant est incapable de percevoir les caractéristiques du système mafieux. La supposée frontière entre activités légales et illégales, qui suppose une homogénéité de chacune de ces sphères économiques, n'est pas valable en l'espèce. Il faut tenir compte des plaintes formulées par les entrepreneurs en activité sur des terres mafieuses, du travail des forces de l'ordre et des sentences de procès antimafia. Il est indispensable, pour comprendre le fonctionnement économique de la mafia, et donc pour pouvoir envisager des formes de luttes efficaces, de développer un cadre alternatif. Clotilde Champeyrache propose ainsi une approche institutionnaliste, intégrant économie du crime et économie du droit, d'un point de vue dynamique et évolutionnaire, indispensable pour comprendre comment le pouvoir mafieux se construit dans le temps.
Un cours accessible et progressif. Les définitions des notions clés à maîtriser. De nombreuses figures pour comprendre la construction des théories économiques. Les mécanismes économiques expliqués par les problématiques d'actualité.
S'appuyant en premier lieu sur le contrôle d'un territoire et son extension tentaculaire à l'échelle de la planète, les mafias dessinent une géographie singulière avec leurs lieux et leurs ancrages. Elles s'affranchissent des frontières réelles ou symboliques, entre légal et illégal, exploitent la mondialisation des trafics et la fragmentation des espaces politiques, et accroissent ainsi un rayonnement international dans lequel les diasporas jouent un rôle certain. Une géopolitique des mafias a donc tout son sens pour comprendre que les mécanismes de conquête des territoires et des populations vont bien au-delà de ceux d'une organisation criminelle "classique" . Ceci est d'autant plus crucial que l'enjeu des années à venir sera de lutter contre cette expansion territoriale, l'histoire ayant montré qu'aucun pays n'a su extirper la mafia une fois celle-ci implantée sur son territoire.
Que l'on évoque la mafia et ses activités économiques et l'on pense immédiatement drogue, prostitution, racket et blanchiment d'argent. Association criminelle, la mafia exerce forcément dans l'économie illégale. L'illégalité épuise-t-elle pour autant la substance de la mafia ? Cet ouvrage montre clairement que non. La spécificité de la mafia par rapport à la criminalité organisée réside précisément dans sa capacité à infiltrer l'économie légale, tout en continuant à exploiter les activités illégales. Or les économistes tendent à considérer l'économie légale comme un ensemble homogène où l'identité mafieuse ou non des agents ne porterait pas à conséquence. A travers des exemples, fournis notamment par les procès antimafia italiens, de mainmise mafieuse sur des entreprises de secteurs légaux tels que le bâtiment, le tourisme, le commerce, l'auteur démonte les mécanismes qui structurent l'économie légale-mafieuse. L'infiltration mafieuse dans l'économie légale est alors révélée dans toute sa dangerosité : durable, elle sape les fondements d'une économie saine et entrave le développement économique des territoires concernés. Face à cette impossibilité flagrante de considérer les activités légales de la mafia comme un " moindre mal ", l'ouvrage revient sur les dispositifs juridiques existant dans les pays de l'OCDE, en évalue la pertinence et les limites afin de proposer des pistes pour une meilleure prise en compte des activités légales dans la lutte contre la mafia.
Cosa nostra sicilienne, camorra napolitaine, 'ndrangheta calabraise, sacra corona unita pouillaise, mais aussi triades chinoises, yakuzas japonais, vory v zakone russes... Les mafias dépassent de loin la criminalité ordinaire. Constituées en sociétés du crime au sein même de la société, aucune activité illégale ne leur échappe, tandis qu'elles se lient au politique, s'insinuent dans l'économie légale. Aujourd'hui, ces États dans l'Etat se mondialisent, et représentent une part importante du système financier international. Le crime, le sang, la loi du silence restent néanmoins leur loi essentielle. Des récents meurtres de Duisbourg, attribués à la 'ndrangheta calabraise, à l'assassinat du maire de Nagasaki par un yakusa, en passant par des problèmes de salubrité publique comme la gestion catastrophique des déchets italiens par la camorra napolitaine, l'actualité mafieuse est présente, brutale, quotidiennement. C'est cette alliance entre archaïsme et modernité que dévoile ici Clotilde Champeyrache dans un panorama des mafias, où le récit et le portrait le disputent à l'explication.
Vauchez André ; Armogathe Jean-Robert ; Richard Vi
Résumé : Le sort tragique des martyrs chrétiens a entraîné une vénération de leurs dépouilles, qui s'est étendue aux saints moines et moniales et aux fondateurs d'ordres religieux. Peu à peu, une galerie de " grands témoins " s'est constituée, rassemblant des milliers de saints : martyrs et confesseurs, moines et docteurs, pieux laïcs et saintes femmes. Par le témoignage de leur vie, leur prédication ou leurs actes de charité, les saints ont rempli le paysage cultuel du christianisme : lieux-dits, prénoms, patronymes... jusqu'aux gares et aux stations de métro, les noms des saints sont devenus familiers. Entre légende et histoire, ce grand dictionnaire entreprend de les faire mieux connaître avec plus de 300 entrées, d'Aaron à Zénon de Vérone : saints et bienheureux catholiques et orthodoxes, d'Orient et d'Occident, mais aussi grands témoins anglicans et protestants. Un dictionnaire monumental et unique afin de mieux comprendre, au plus près de la vérité historique, la personnalité, les écrits et la postérité de ces hommes et de ces femmes dont la vie a été retenue comme exemplaire par leurs contemporains et dont la mémoire est parvenue jusqu'à nous.
Pour nos contemporains les pirates et les corsaires se résument aux aventures flamboyantes de marins dans la mer des Caraïbes ou aux attaques de farouches brigands au large de la Somalie. Moins réductrice, la réalité est à la fois multiple, passionnante et souvent plus riche que la fiction. L'Histoire des corsaires et des pirates propose un tableau de ces phénomènes maritimes sur la longue durée, jalonnée de figures mythiques comme Drake, Surcouf, Duguay-Trouin, Dragut, Barberousse, Koxinga. Elle est un voyage dans le temps, des raids maritimes vikings au Moyen Age à la piraterie pratiquée en Asie de Sud-Est de nos jours. Elle est aussi un voyage dans l'espace à travers les mers et les océans, de la Méditerranée aux Antilles, en passant par la mer de Chine et les rives de l'océan Indien, sans omettre le continent américain. Un intérêt est également accordé à l'ancrage de la piraterie dans nos mémoires, à l'élaboration de mythes et à leurs prolongements dans les mondes virtuels du cinéma, de la BD et des jeux électroniques.
Résumé : Début 2016, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, Mein Kampf ressort en Allemagne dans une édition scientifique. Dans le même temps, l'éditeur historique de la traduction française annonce son intention de republier l'ouvrage dûment accompagné d'un appareil critique. Comment expliquer la postérité de ce pensum dont les divagations racistes et complotistes apparaissaient déjà comme telles à l'époque ? La réponse à la question ne serait-elle pas à chercher dans la forme plutôt que dans le fond de cet ouvrage ? En plus d'être le manifeste du national-socialisme, Mein Kampf ne serait-il pas en effet l'archétype d'un genre littéraire bien particulier, celui adopté par des leaders amenés à devenir autocrates, et mêlant propagande, manipulation et autobiographie ? En s'immergeant dans le livre, Albrecht Koschorke fait ressortir les procédés visant à rendre irréfutables les propos avancés, attire l'attention sur la construction de l'ouvrage, les transitions des expériences personnelles aux stigmatisations globalisantes, les changements de registres d'écriture, désintrique les niveaux de lecture et éclaire les divers publics visés. Une approche originale qui, dans la perspective de la prise du pouvoir, s'intéresse moins à la "doctrine" postulée de Mein Kampf qu'à sa "poétique" conjuguant autoritarisme et inconsistance intellectuelle.
En bref A l'heure où les islams se déchirent, et où les frontières d'Orient volent en éclat, une plongée dans l'histoire de la Question d'Orient. Le livre Depuis le XVIIIe siècle et jusqu'à aujourd'hui, la zone qui s'étend des Balkans à l'Afghanistan cristallise des tensions aussi bien internationales que propres à l'"Orient". Ce sont ces tensions que Jacques Frémeaux analyse dans cette synthèse innovante, en les replaçant dans le temps long. De la volonté de contrôle de la route des Indes à la convoitise des hydrocarbures qu'elle recèle, cette région n'a en effet cessé de faire l'objet d'affrontements entre les grandes puissances. Ce vaste espace a ainsi constitué, depuis l'entrée des flottes de la tsarine Catherine II en Méditerranée (1770), un champ disputé par la Russie et l'Angleterre, avant de se retrouver, après 1945, au cour du conflit opposant la Russie et les Etats-Unis. Mais, d'ouest en est, ce sont surtout des peuples qui se succèdent, qui se cherchent et se déchirent entre les séductions de la modernité et le refus que lui oppose la tradition. L'"Orient", qui s'affirme toujours plus comme exclusivement musulman, devient alors un objet de fascination et de peur pour un "Occident" dominateur et manipulateur. Après le temps des empires (ottoman, persan et moghol des Indes) est venu celui des Etats-nations, souvent nés dans la douleur. Mais aucun changement n'a mis fin au "grand jeu" géopolitique, jalonné d'épisodes majeurs, de l'occupation de l'Egypte par Bonaparte à la dernière guerre du Golfe, et dont de nouveaux chapitres s'écrivent sous nos yeux. Auteur Jacques Frémeaux, professeur à l'université Paris-Sorbonne (Paris-IV) est membre de l'Institut universitaire de France et de l'Académie des Sciences d'Outre-Mer. Il a notamment publié, parmi une vingtaine de titres, De quoi fut fait l'Empire. Les guerres coloniales au XIXe siècle (CNRS Editions, coll. Biblis, 2014) et La conquête de l'Algérie (2016). Arguments - Programme de l'agrégation en histoire contemporaine. - Clés pour décrypter les crises du Moyen Orient.