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Pierre et métal dans le bâtiment au Moyen Age
CHAMPELOT P
EHESS
27,00 €
Épuisé
EAN :9782713214080
Les études réunies dans ce volume montrent la diversité et la nécessaire complémentarité des voies d'approche menant à connaître sérieusement le monde du bâtiment. Longtemps, l'étude du bâti médiéval releva du seul domaine de l'histoire de l'art. L'accent était mis sur les réalisations prestigieuses et l'on se souciait rarement de fournir au lecteur des données précises concernant la réalité quotidienne des chantiers : infrastructure technique, origine, prix et transport des matériaux, outillage, recrutement de la main-d'oeuvre. Actuellement, aux enquêtes d'histoire économique du bâtiment menées par des historiens, s'ajoutent des recherches pluridisciplinaires faisant appel à l'ensemble des outils dont on dispose pour aborder ce problème : sources écrites, iconographie, inventaires, fouilles et analyse monumentale en liaison étroite avec le laboratoire, enquêtes ethnographiques. Restait à confronter les expériences, à définir en commun des méthodes de travail efficaces. C'est ce qu'ont voulu faire les différents chercheurs réunis ici.
La légende n'a pas tort : Saint Louis est bien le premier roi à utiliser Vincennes comme haut lieu de gouvernement. Au XIVe siècle, le projet de Charles V est plus ambitieux : créer une capitale politique dans l'immense forteresse qu'il fait bâtir. Exprimant d'une manière grandiose la naissance de l'Etat moderne, elle reste le seul grand témoin de l'architecture médiévale subsistant à Paris. Elevée aux portes de la capitale, autant pour la défendre que pour protéger les rois de ses soulèvements, elle modifiera les conditions de vie de la monarchie française jusqu'en 1682, quand Louis XIV lui préfère Versailles. Si le donjon sert de geôle, le château protège de nouveau Paris lors des invasions du XIXe siècle. Les restaurations actuelles lui rendent une place digne de son rôle central dans l'histoire de France.
Bourgain-Wattiau Anne ; Chaperot Christophe ; Pisa
Les trois regards qui constituent cet ouvrage abordent l'expérience fondamentale commune qu'est le rire. Chaque auteur montre comment ce phénomène se partage d'une façon universelle et singulière à la fois : il s'agit de voir comment le rire émerge à partir des failles du système défensif propre à chaque structure. Le rire, manifestation vivante et concrète, est ici exploré dans tous ses éclats. Les auteurs évoquent ses modes d'explosion, qui convoquent l'inconscient, ouvrant des brèches, formant des fragments. Le fil interrogateur est celui du rapport entre l'inconscient et le rire, l'un et l'autre étant avant tout l'expression d'une coupure. L'inconscient nous divise, le rire aussi. Etre " sujet du rire " ne va pas de soi. Prendre le rire comme sujet ne peut se résumer à se fixer le thème du rire pour objet. Ainsi, l'enjeu principal de cet ouvrage est bien ce qui du rapport à l'objet peut être dévoilé dans et par le rire. Cela passe en premier lieu par l'examen de l'articulation du rire à la langue, du rire à l'Autre, du langage. Les auteurs envisagent ensuite l'articulation du rire avec les concepts fondamentaux censés rendre compte de l'inconscient. Bien entendu, ce questionnement est aussi celui-là même que la cure analytique soulève. Enfin, à partir notamment du rire " hors-limite ", ils traitent d'une modalité clinique dans laquelle le rire est rarement envisagé : la psychose.
Résumé : Qatar 2022 aura finalement précipité la fin du règne Blatter. Un comble pour celui qui était favorable à une coupe du monde de football aux Etats-Unis. Que s'est-il donc passé pour que le 2 décembre 2010 le Qatar, un minuscule pays sans tradition footballistique, qualifié "à haut risque" par la commission d'attribution et réputé pour son mépris des droits de l'homme, l'emporte sur des concurrents autrement plus sérieux ? Le FBI a ouvert une enquête, encore en cours - révélant au grand jour les petits arrangements entre amis, échanges et monnayages de votes, magouilles, soupçons de corruption et blanchiment d'argent -, qui a conduit à l'arrestation des huiles du comité exécutif. Mais n'oublions pas pour autant le rôle central joué par la France dans ce choix ubuesque : une authentique french connection où Nicolas Sarkozy, Michel Platini - meilleur ennemi de Blatter et candidat déclaré à sa succession -, Zinédine Zidane ou encore Jérôme Valcke, le secrétaire général de la FIFA, ont chacun joué les hommes du match.
L'Homme poursuit l'enquête engagée dans le précédent numéro : quelle est donc cette curieuse chimère à deux têtes qui orne sa couverture depuis sa fondation ? Selon Claude Lévi-Strauss, qui l'a choisie, il s'agirait d'un "dieu Tortue" de la culture pré-colombienne Coclé, en Amérique centrale. Que sait-on de cette culture et de ses productions graphiques ? A quel genre de dieu, et à quel genre de tortue, correspond ce personnage ? Et que dire de la bicéphalité joyeuse et hypnotique qui le caractérise ? Richard G. Cooke et Carlo Severi apportent quelques éclaircissements sur ces questions. Trois "Etudes & Essais" forment le coeur de ce numéro, illustrant une nouvelle fois l'ouverture épistémologique de notre revue. Camille Chamois explore à quelles conditions ethnographiques, philosophiques et psychologiques une théorie perspectiviste peut envisager la multiplicité de points de vue d'êtres différents, humains ou non humains. Abigaël Pesses nous conduit ensuite chez les Karen de Thaïlande et nous présente un curieux motif dessiné sur l'envers d'un plateau de riz, dans lequel toute une cosmologie se voit sobrement condensée afin de guider les morts sur le chemin de l'au-delà. Sophie Blanchy et Haddad Salim Djabir, pour leur part, restituent les échanges cérémoniels qui rythment et organisent les relations entre groupes de descendance sur l'île de Mohéli dans l'archipel des Comores, de même que le processus historique de la préservation de ces usages sous l'influence de riches marchands étrangers. Laurent Berger, enfin, clôt ce numéro par un nouveau commentaire critique du livre de Charles Stépanoff, Voyager dans l'invisible. Techniques chamaniques de l'imagination (La Découverte, 2019), en réexaminant la corréla¬tion entre naissance de la hiérarchie et mode de médiation reli¬gieuse. Il est ainsi question de cosmologies, dans ce numéro, et de la matière cérémonielle et picturale par laquelle une population figure - et donc rend disponible - le monde relationnel qu'elle habite et qu'elle produit.
Remaud Olivier ; Schaub Jean-Frédéric ; Thireau Is
Que signifie l'acte de comparer pour les sciences sociales ? Dans ce volume, la démarche comparative est vue comme un éloge de la pluralité: aucune science sociale ne peut se borner à l'étude d'un seul cas. Dès lors, chaque nouveau savoir, chaque nouvel échange entre disciplines se trouvent confrontés aux fausses évidences de leur irréflexion. On tend à décréter le comparable, à stipuler l'incomparable. Comparer en sciences sociales, c'est répondre aux défis du découpage et de l'asymétrie des objets. C'est également forger les outils d'une méthode qui s'ajuste à des écarts. Cet ouvrage reflète les approches très différenciées dans lesquelles s'inscrit la comparaison. Pour les uns, celle-ci est une ressource de l'analyse; pour les autres, elle constitue la matière d'un programme de recherche. Pour tous, l'acte de comparer pose le cadre théorique de leur réflexivité scientifique. Il définit aussi l'horizon d'un langage commun. Il désigne enfin l'objet observé: des sociétés composées d'acteurs qui ne cessent de qualifier leur situation par comparaison.
Depuis le début des années 1990, la plupart des hôpitaux européens ont révolutionné les pratiques entourant la mort du foetus ou du nourrisson. Escamoter l'enfant mort et inciter les parents à "passer à autre chose", tel était l'usage jusqu'alors. Apprendre à "faire son deuil", telle est la règle désormais. Le deuil devient volontariste, presque appliqué. Mais le plus surprenant est sans doute l'invite systématiquement faite aux parents de regarder leur enfant mort. Internationale, cette mutation fut aussi radicale: en dix ans, une page de l'histoire de la mort enfantine a été tournée. Elle cristallise une nouvelle manière de saluer les morts rendant essentielles la matérialité et l'incarnation du souvenir. Que s'est-il passé pour que la présentation ou la représentation du corps devienne, ou redevienne, incontournable pour penser la perte? Un simple retour au passé? Fétichisation du corps et psychologisation de son usage: le corps, la chair, le donné biologique sont appelés au secours des psychés. Mais le phénomène se limite-t-il bien au cas des bébés morts? Que nous suggère-t-il de la redéfinition contemporaine des identités?