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Le sentiment géographique
Chaillou Michel
GALLIMARD
10,10 €
Épuisé
EAN :9782070293995
Ecrire comme on tâtonne, frissonne, entrer par effraction dans la nuit de la langue, pressentir un espace, des sites à reconnaître de mémoire, c'est cela le sentiment géographique, sentiment que toute rêverie apporte sa terre, ici celle du Forez, basse plaine entre Roanne et Saint-Etienne, basse prose qui s'élabore à partir des trois premières pages de L'Astrée, roman dix-septième siècle d'Honoré d'Urfé, premier berger (j'allais dire écrivain) à s'engourdir de son troupeau (ne compte-t-on pas les moutons pour s'endormir ? ), à se couvrir de sa laine pour accéder au sommeil levant d'une fable dont l'herbe pousse, l'eau déborde (le rut des ruisseaux qui s'accélèrent), histoire de nous-même lisant, marchant, ruminant notre lecture dans un pays aussi un livre, région intime qu'écornent les pierres, le soupçon divagant d'un horizon reporté perpétuel à la phrase prochaine". Michel Chaillou.
Résumé : A la fois journal de voyage et journal intime, ce livre raconte les péripéties d'une randonnée sentimentale sur quatre roues à travers la France. Deux années de tribulations dans la secousse joyeuse des auberges des bords de route, des hôtels égarés par l'herbe des champs, cette façon de voler les chemins creux, de s'enquérir à la sacristie ou à la mairie de la clé sans serrure de la place des villages, de se laisser absorber par l'étrangeté d'une plaine, le soubresaut d'un mont, de ressentir longtemps après, jusque dans le désordre de ses idées qui alors déferlent, la commotion d'une plage, de courir à la recherche d'on ne sait quoi, d'on ne sait qui, de prêter attention à l'anodin, au peu digne d'attention, d'entendre battre son coeur. La France fuit aux portières de la voiture, sur les bas-côtés. Comment la retenir ? la dévisager ? cerner, décrire son émoi jupe étalée dans l'antique lavoir qui ne lave plus ? Faudrait-il conduire au rétroviseur ? Comment faire se retourner sur notre passage les personnages jaunis des vieilles cartes postales ? Et, a contrario, qu'espérer comme aventures du prochain virage, de la suite de lacets qu'on délace ? Une femme, un homme voyagent en France, en eux s'obstine le sentiment que ce pays aux, données repérables en contient d'autres, plus secrètes, qu'une cartographie de ce qui ne se livre pas au premier regard reste à établir.
Chad est inquiet. L'autre jour il a aperçu un visage qui l'observait derrière la vitre. Peu après, au cimetière, une silhouette a détalé à son approche. Et puis, il y a Tanguy le cafetier, ses amis, hommes taciturnes vivant en mare du village depuis qu'ils sont revenus des Kerguelen, cet archipel farouche de l'océan Indien. Chad évolue en plein mystère. Mais à qui se confier? Seul l'excentrique M. Benjamin prête l'oreille aux craintes de Chad... Que se passe-t-il donc de si épouvantable à Beg Rohu?
Tant d'années depuis cet improbable mystère! Un matin de vacances, Clémence dix ans se penche à une fenêtre plus âgée qu'elle. À trois étages au-dessous de sa personne ensommeillée, quelques touristes, sac au dos, errent, flânent sur les quais d'un petit port breton à l'ancre depuis les commencements du monde. Le soleil perce d'un grand trou jaune le firmament immensément bleu. La mer, sachant que c'est dimanche et lasse de jouer son rôle éternellement écumeux, se satisfait d'énoncer quelques vaguelettes à peine lisibles. De jolis voiliers amarrés le long de la jetée frémissent jusqu'à la pointe de leurs mâts, pris par l'émotion d'un tel beau temps, rare en effet pour une fin février. Soudain... Pourquoi sur les quais ce subit mouvement de recul de la part de si paisibles promeneurs? Clémence qui rêvasse toujours à sa fenêtre n'en croit pas ses yeux. Pourquoi? se répète-t-elle, interdite. Faudrait-il qu'elle descende quatre à quatre l'escalier de l'hôtel des Embruns pour en savoir "plus, apprendre de la bouche même de tous ces gens les raisons de leur trouble, de cette presque émeute? Ses dix ans hésitent..."
Je m'appelle Jonathan, j'habite une chambre louée, 50, rue Jacob. Encore deux semaines et une jeune fille se déshabillera dans mes bras. Je parle de choses et d'autres. Les collègues rue Monge ont un bruit d'hommes. Quand je parle beaucoup, je m'excuse d'y revenir, c'est à cause de la nuit, de son fracas. J'entends en fermant les yeux: petites vagues courtes, écume, déferlement. Oui, comme la mer. Une idée à moi. Cela aide mes souvenirs.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.
4e de couverture : Si saisissant de mouvements, si éclatant d'images, si envoûtant de sonorités arabes que soit le Coran, il reste toujours un langage clair. C'est pourquoi, bien qu'il soit intraduisible, on peut en tenter des traductions. Elles disent au moins le sens de l'étonnante prédication de Mahomet (570-632). Depuis des siècles il n'y avait plus de ces grandes révélations qui réveillent l'humanité et après Mahomet il n'y en aura plus. "Dieu seul est Dieu."Notes Biographiques : Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.