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Traversées des logiques sexuées
Chaboudez Gisèle
HERMANN
22,10 €
Épuisé
EAN :9791037040633
Après son étape freudienne, la psychanalyse a dû mettre à jour sa pensée du sexe. Son étape lacanienne en a réorienté quelques conceptions : la logique oedipienne toute phallique n'était pas une voie normale, mais une "norme mâle" . Certaines femmes l'adoptent, mais d'autres lui préfèrent une logique pas toute, qui se prête en partie à cette fonction du discours, et leur permet un supplément de jouissance autre. Nos structures restent, à cette étape, organisées en partie par la fonction phallique, mais elle n'est plus exclusive, et son étendue ne cesse de reculer. Une pratique analytique accompagne ce recul pour chacun, élabore une voie pour s'en passer. D'aucuns "se retranchent" encore dans une logique toute, dans "l'îlot phallus" , tandis que d'autres s'en séparent, "s'en retranchent" . S'orientant vers l'une ou vers l'autre, parfois de l'une à l'autre, chaque être sexué s'autorise de lui-même, en effectuant ce que l'on peut appeler des traversées. Au "tout phallique" des logiques patriarcales peut faire suite un "pas tout phallique" qui y objecte en partie. La clinique analytique du sexuel s'avance sur cette voie nouvelle, qui est une issue hors de la névrose.
Concevoir ce qui noue le corps au langage est un enjeu majeur pour la pensée. Le sexe fait défaut à inscrire un rapport entre les deux moitiés sexuées de l'humanité, la jouissance sexuelle ne s'y prêtant pas. Or cet échec est fondateur, car il appelle dans le langage toutes sortes de fabrication de plus-values de jouissance, de plus-de-jouir pour s'y substituer. Ainsi, corps et langage se trouvent noués ensemble par l'intermédiaire d'une jouissance, dont l'accès passe par tout ce qui en tient lieu. Pour cela, d'autres objets du corps prêtent leur logique, orale, anale, scopique, vocale, au lieu de celle qu'il n'y a pas, l'inceste et son interdit concourent à y suppléer par d'autres voies, et ce qui se conserve de l'Oedipe initie chacun à une fonction phallique organisatrice de l'Un du sexe, au lieu du deux. Le rêve sans cesse fait passer à l'inconscient formant les images en lettres, ce qui vient des jouissances inassimilables, il noue continûment entre eux ces différents registres, en produit une écriture. Autant de points-noeuds qui tiennent corps et langage arrimés l'un à l'autre par ce mode de jouir qui est celui du corps parlant Ce livre déploie ainsi quelques clés décisives pour penser le corps et la psyché autrement qu'en territoires séparés.
Un débat n'a pas vraiment eu lieu entre les féminismes et les grandes étapes de la pensée du féminin en psychanalyse. Les oppositions formulées donnèrent souvent lieu à rupture, sans compromis, et elles furent, de ce fait, fondatrices de mouvements distincts sans possibilité de dialogue. Gisèle Chaboudez explique ce hiatus par les logiques contradictoires dont l'un et l'autre relèvent : - l'une pense dans les termes que sa pratique exige, selon un " pas tout " laissant ouvertes la singularité, l'altérité, la pluralité des sens, la discontinuité d'un hors discours ; - l'autre se resserre progressivement autour d'un " tout ", de l'Un et du toutes, d'un pourtout que l'efficacité politique semble appeler. L'auteur en déchiffre quelques éléments et quelques concepts en termes de logique. Elle montre que le discours analytique peut éclairer nombre de discours féministes et, à l'inverse, bien qu'opposés dans leurs nécessités, ces derniers rendent fécondes certaines zones de la logique analytique. Elle soutient que la psychanalyse a en réserve, à son insu, une pensée encore à déchiffrer, dont la portée féministe est vaste.
Résumé : Depuis toujours les discours ont construit des mythes universels du féminin. Ils parlent de la femme qui n'existe pas, non de celle qui existe : nulle femme n'est comme Eve sortie d'un homme, nulle n'a conçu comme Marie sans semence. Ces figures ont une fonction de symptômes, elles soutiennent le système symbolique en inscrivant ses points d'impossible, d'absurde, d'achoppement mais elles ne disent rien des féminités. Longtemps dessinée avant d'être dite, longtemps dite avant qu'elle ne se dise, la féminité reçut de Freud le nom de "continent noir". Pourtant elle n'habite pas l'Afrique, mais se situe tout près des discours. La conception d'un féminin en défaut est une grille de lecture historique, elle laisse maintenant place à ce qui prend en compte l'évolution des faits. Parce qu'une femme n'est pas toute dans la fonction phallique du discours, parce qu'elle ne veut pas tout de son offre et de sa prise, elle y intervient du dehors et travaille à tresser autrement les noeuds de l'amour. L'Histoire recèle les féminités comme jouissances hors langage des corps qui habitent le langage, la mystique a approché la logique féminine d'une manière qui fait énigme, la littérature en articule parfois des termes singuliers, l'expérience réelle les rencontre une à une.
Cénat Jude Mary ; Cyrulnik Boris ; Dérivois Daniel
Même si, avec plus de 200 000 morts et des dizaines de milliers de blessés, le séisme du 12 janvier 2010 a déjà suscité nombre de réflexions sur l'histoire et la population haïtiennes, on a rarement l'occasion de lire des témoignages aussi poignants ainsi qu'une fine analyse des traumatismes et de la résilience des survivants. Tout le monde s'en souvient : isolés, sans abri, sans nourriture, débordés par la dévastation et dans l'attente des secours, les insulaires ont vécu parmi les morts et avec les morts pendant de nombreuses semaines. Ces témoignages de survivants nous font précisément entrer dans cet enfer, dans le récit d'une souffrance insupportable, mais qui refuse toute attitude condescendante. Par-delà blessures et amputations, le dialogue avec l'auteur laisse lentement apparaître les voies salutaires de la résilience, une sortie proprement humaine vers la vie, comme une renaissance que donne en partage le peuple haïtien à l'humanité entière. Cela nous donne un ouvrage touchant, rigoureux et engagé. Un ouvrage édifiant.
Dans son livre L'âme désarmée, essai sur le déclin de la culture générale, le philosophe Allan Bloom écrivait : "La question qui se pose à tout jeune être humain : "Qui suis-je ? " et le besoin puissant de se conformer à l'impératif de l'oracle de Delphes : "Connais-toi toi-même" qui est congénital en chacun de nous, signifient en premier lieu : "Qu'est-ce que l'homme ? "... La culture générale donne accès à ces réponses, dont plusieurs vont à l'encontre de notre nature et de notre époque. L'homme pourvu de culture générale est capable de ne pas s'en tenir aux réponses faciles... Il est certes ridicule de croire que ce qu'on apprend dans les livres représente l'alpha et l'oméga de l'éducation, mais la lecture est toujours nécessaire, en particulier à une époque où les exemples vivants de valeurs élevées sont rares". Inscrits dans la foulée de cette réflexion, Thomas De Koninck, Joseph Facal, Mathieu Bock-Côté et Louis-André Richard, professeurs engagés au service de l'éducation libérale, tentent de comprendre les chemins menant à une culture générale signifiante. Nous proposons, en songeant à la course effrénée des penseurs de l'école pour adapter celle-ci aux besoins immédiats du monde du travail ou aux tendances sociétales du moment, d'interroger les modalités de l'éducation supérieure : Remplit-elle son mandat ? Favorise-t-elle un milieu privilégié d'éducation libérale ? Qu'en est-il aujourd'hui de l'idée d'université ?
Lapointe Pascal ; Dupont Christophe ; Boileau José
L'information est un service public essentiel. Sans information, comment prendre des décisions éclairées sur les enjeux de société de l'heure ? La question est devenue encore plus importante à l'heure des réseaux sociaux, qui fournissent de l'information en abondance, mais sans vérifications ni préférences pour des sources crédibles. Pour ce faire, il faut des journalistes et des médias dignes de ce nom. Comment la nouvelle génération de journalistes va-t-elle réussir à se sortir de cette situation ? Comment trouver du travail et des contrats lucratifs tandis que les médias peinent à survivre et à trouver un "modèle d'affaires " ? Que signifie concrètement devenir journaliste indépendant, ou pigiste, ou entrepreneur, dans la crise actuelle des médias ? Quelles sont les habiletés dont un "nouveau journaliste " a besoin, au-delà des compétences de base qu'on enseigne dans les écoles de journalisme ? Comment la nouvelle génération de journalistes va-t-elle réussir à maintenir la liberté de la presse à travers ce dédale ? S'ils peinent à trouver du boulot, qu'ils deviennent journalistes indépendants, les nouveaux journalistes tireront-ils leur épingle du jeu ? Cet ouvrage s'adresse aux journalistes indépendants, pigistes ou blogueurs ou aux équipes qui songent à créer un nouveau média. Il leur apportera ce temps essentiel de réflexion pour mieux saisir les enjeux de la profession et relever leurs manches, à l'heure de la communication planétaire, des algorithmes et des inquiétudes sur l'avenir de la profession.
L'amour virtuel, un amour véritable ? Certains affirment tomber amoureux en ligne. Mais est-ce là de l'amour véritable ? L'amour, soutient-on, est désir du bien de l'autre. Il nécessite l'amour de soi, il amène à vouloir être près de l'être aimé, il exige une reconnaissance mutuelle et vise une personne concrète et autre que soi. On le décrit également comme étant inconditionnel, durable, voire incontrôlable (c'est lui qui nous contrôle), toujours pauvre et irrationnel. Que signifient et qu'impliquent ces caractéristiques ? Surtout, les retrouve-t-on toutes dans les relations d'amour virtuelles ? Plus encore, quelle vision de l'amour le virtuel pousse-t-il à adopter ?