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Hölderlin au mirador
Ch'Vavar Ivar ; Di Manno Yves
CORRIDOR BL
14,00 €
Épuisé
EAN :9782914033800
En 1995 Ivar Ch'Vavar trouve (comme sur son chemin) un titre, Hölderlin au mirador. Ce titre n'a pas de signification (et n'en a pas encore trouvée, après vingt-cinq ans) mais Ivar Ch'Vavar le prend comme un signal, celui qui lance la grande entreprise dont il rêve : écrire un poème au long cours sans rien en savoir d'avance, courant sa chance en prenant tous les risques, y compris celui de l'échec. Toutes règles seront abolies, sans parler des convenances". Mais deux options sont prises : que le poème soit marqué d'un esprit collectif ; qu'il soit fortement oral et musical : qu'il puisse être porté par la voix. Cependant, il faut qu'il fasse entendre un son vraiment nouveau, et pour cela Ivar Ch'Vavar va l'écrire dans un mètre radicalement arythmique, qui oblige à remettre la musique en jeu à chaque pas ; non seulement pour l'auteur, mais le lecteur aura à son tour à "interpréter" le texte un peu comme une partition, et qui dit "interprétation" dit qu'il aura, ce lecteur, des choix à faire, une difficile liberté à assumer. Ce mètre, c'est le vers arithmonyme, déterminé parle nombre des mots (tous les vers de Hölderlin au mirador ont onze mots). Nous espérons donc que cette troisième édition, présentée avec chaleur par Yves di Manno, sera l'occasion pour le poème de trouver avec de nouveaux lecteurs, de nouveaux proférateurs.
Le Marasme chaussé (l'auteur nous indique que ce titre renvoie au nom d'un champignon, mais il n'est pas interdit d'en faire une autre lecture) réunit une douzaine de séquences poétiques composées par Ivar Ch'Vavar au cours des trente dernières années. Il ne s'agit pourtant pas d'un simple regroupement, ni d'une anthologie arbitraire, mais de l'exposition d'une poétique délibérée: chacune de ces séquences obéit en effet à une "voix" spécifique, au passage d'un poète différent, selon le principe des hétéronymes cher à l'auteur - qui n'hésite pas à revisiter ici certaines oeuvres du passé, de Jules Verne à Rimbaud lui-même... De ces échos multipliés émerge peu à peu une sorte de chant commun, une étonnante polyphonie. Un poème court à travers l'ouvrage, en ouverture de chacune des sections, dédié à la grande fille, c'est-à-dire à la poésie en personne, dont Ch'Vavar réinvente à travers ce livre l'une des lois possibles, dans le paysage contemporain: avec toute la verdeur, le lyrisme et l'exigence formelle qu'on lui connaît.
A travers les reniements successifs d'un jeune étudiant molesté parce que son père est communiste, contraint de passer "de l'autre côté" puis, avec la guerre civile, revenu torturer ses anciens amis, Ch'oe Inhun a donné à la Corée son plus illustre classique de la division. On n'oublie plus Myôngjun, ce héros désenchanté qui entreprend, sur un navire chargé d'anciens prisonniers, un difficile voyage vers la neutralité. Accompagné par l'obsédante image de deux femmes, hanté par l'insupportable relativité des engagements, son trajet est en fait celui de tout homme en quête d'un lieu où ne plus être étranger à lui-même et au monde. Si profondément coréen qu'il soit, ce roman n'en fait donc pas moins écho à quelques chefs-d'?uvre de la littérature européenne.