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Toute peinture est un désir contrarié
Cena Olivier ; Traquandi Gérard
ATELIER CONT
24,99 €
Épuisé
EAN :9782850351099
Le dialogue entre Gérard Traquandi, peintre, et Olivier Cena, journaliste, s'ouvre à Venise, au coeur des merveilles de l'architecture italienne et à quelques pas du fourmillement de la Biennale d'art contemporain. Un semblable contexte, riche en significations esthétiques, sociales et politiques, est le point de départ d'une discussion libre qui aborde tour à tour les questions de la mondialisation et de la démocratisation de l'art contemporain, aussi bien que celle, déterminé par la problématique écologique, du rapport de la peinture à la nature, aux être et aux choses qui peuplent la terre. Les réflexions de Gérard Traquandi portent notamment sur la puissance de l'art et de la peinture à tisser ou non du lien, alors que sa dimension religieuse et sociale est mise en doute ? : "? 'art moderne avait pour but de réunir comme le faisait l'art religieux, c'était son utopie et ça n'a pas marché. ? " De fait, il distingue un art porté par une volonté d'autodépassement et par la foi en un monde nouveau, à l'image de la peinture abstraite russe et de ses élans utopiques ? ; et un art porté seulement par une croyance dans l'évidence mystérieuse de la peinture, à l'image de la peinture "? non figurative ? " que pratique Gérard Traquandi lui-même. Ainsi s'en remet-il à l'évidence du désir et du geste de peindre ? : "? Je crois que faire de la peinture aujourd'hui est absurde. Pourtant, bien que je le sache, je peins. ? " A la suite de leur dialogue, les "Souvenirs" de leurs rencontres retranscrits par Olivier Cena, en se replongeant dans ses carnets de notes, se lisent comme un récit, voire comme une "? fiction ? "? : "? Soudain pris d'un doute, je viens de relire mes carnets afin d'éclaircir le mystère de la première rencontre mais ce mystère demeure. Mes carnets n'en disent rien et laissent penser que ce que je viens d'écrire mélange plusieurs rencontres, plusieurs temps, plusieurs lieux peut-être. C'est donc une fiction. ? "
Boris Vian, né le 10 mars 1920, a eu plusieurs vies, au cours de ses trente-neuf ans d'existence. Romancier parfois incompris en raison même de son inventivité, joueur de jazz très entouré, chansonnier et critique musical, il a fait montre de tous ses talents, dans le Paris encore en noir et blanc de l'après-guerre. Six décennies après, on s'en souvient encore. La parole est ici à ceux qui l'ont connu - Jacques Bens, Arnold Kübler. Comme à ceux qui l'ont lu et continuent de le lire, à l'image de l'historien Marcel Bénabou ou de la romancière Chloé Delaume.
Chaque soir, dans son atelier, lorsqu'il avait fini de peindre, lorsqu'il reposait sa sainte palette, il enfilait sa redingote, coiffait son haut-de-forme, empoignait sa canne, et montait en boitant vers le Divan Japonais ou le Moulin Rouge, pour y retrouver des fils de famille, comme lui, qui touchaient des rentes, comme lui, et les dépensaient pour la fête.
Stimuler l'imaginaire par des fontaines miniatures ou des tapisseries fabuleuses. Concevoir un ventilateur super-efficace. Promouvoir l'économie circulaire par le "verre marin" ou le réemploi des matériaux de construction. Inventer une industrie numérique moins intrusive et moins polluante. Confier notre cadre de vie à des femmes autant qu'à des hommes. Créer des services publics avec les usagers. Dessiner des écoles, des rues et des places plus agréables... Le design, aujourd'hui, c'est tout cela à la fois. Nourri de réflexions historiques, philosophiques, éthiques, il renoue avec son engagement social et critique d'origine. Et il redevient passionnant. Un hors-série plein de bonnes idées pour prendre soin du monde
Chacun possède son musée imaginaire, humble et magnifique. Voici le nôtre composé de vingt natures mortes, vingt portraits, vingt tableaux religieux, vingt paysages et vingt tableaux de genre. Le choix est forcément subjectif, imparfait, incomplet, injuste.
Saillies rocheuses à l'aplomb du vide. Mers de rocaille noire, montagnes aux crêtes déchirées, falaises brisant la battue grise des flots. Heurts de vagues, chutes d'eaux, jaillissement de geysers où planent en silence des oiseaux impavides. Coulées de glaces, éboulis, moraines, routes fourvoyées, silhouettes énormes de plateformes pétrolières à l'abandon, jetées barrant vainement la mer, masures ruinées, carcasses d'avions. Figures emmitouflées et anonymes, de dos ou en profil perdu, s'éloignant, périssables, dans un désert de neige... Les images rapportées par le photographe Patrick Bogner de ses incursions aux abords du cercle arctique, dans les Orcades, les Féroé, à Saint-Kilda, en Islande ou en Norvège, mettent en scène le sublime écrasant de paysages déserts et déchaînés, inhabitables, où l'homme, fatalement de passage, vient rechercher un face-à-face avec des forces qui l'excèdent. Les sources de son inspiration sont à chercher au-delà du regain d'intérêt récent pour cette nature nordique, ou peut-être en-deçà, dans un sous-bassement culturel dont toutes les manifestations sont loin d'être taries : ce romantisme primitif dont accouche le Sturm und Drang. Dans son avant-propos, Patrick Bogner s'inscrit résolument dans la lignée de ces écrivains allemands, anglais et français - Goethe, Lenz, Tieck, Büchner, Blake, Chateaubriand, Hugo, Nerval... - dont les citations scandent l'ouvrage et pour qui le spectacle de la nature offre le répondant d'un état intérieur. Il se déclare, surtout, héritier de Caspar David Friedrich, plaçant ainsi son travail sous l'autorité d'une peinture de paysage dont l'ambition est de susciter une contemplation égale à celle des images sacrées. Et de fait, pour tempétueuses, heurtées et accablantes qu'elles soient, les photographies de ce recueil, Erdgeist - "esprit de la terre" , titre aux accents panthéistes - sont prises dans un silence assourdissant qui est en premier lieu celui de l'hiver. Le choix du noir et blanc, portant au paroxysme le contraste entre la terre et le ciel, le roc et la neige, le solide et le liquide, l'inerte et le mouvant, leur confère une dignité hiératique et les conduit à la frontière de l'abstraction, dans cette apparence de dépouillement et simplicité qui est, des mots de l'artiste, "ce qui requiert le plus d'effort" .
A l'appel d'une voix chère, une femme se réveille dans une chambre d'hôpital. Elle se met en chemin. Dehors, le monde sort d'un cataclysme ; la vie reprend ses droits, parcimonieuse, précaire. Guidée par son intuition et le désir de retrouver une présence qu'elle n'a peut-être que rêvée, cette femme amnésique gagne la campagne, fait de brèves rencontres, s'endort dans une forêt. Son voyage, de station en station, prend une allure initiatique. Le mystère qui traverse le premier roman de Livane Pinet n'est pas de ceux qui se résolvent au bout d'un récit à suspense ou qui s'éclairent d'une lecture par clefs. Ce mystère, poétique, est celui d'un face-à-face avec une présence qu'on ne sait déchiffrer et dans laquelle on devine cependant comme une traduction de l'essence même des choses. L'innocence de son héroïne ouverte à tous les signes, livrée à toutes les atteintes d'un monde au bord de la catastrophe, et s'avançant pourtant sans crainte à sa rencontre, ressemble à une page blanche sur laquelle s'inscrit la difficile leçon d'un univers dont se révèle surtout l'opacité.
des Forêts Guillaume ; Rabaté Dominique ; Bettenco
Prolongeant la publication en 2015 des oeuvres complètes de Louis-René des Forêts en "? Quarto ? ", ce livre collectif présente pour la première fois de manière exhaustive tout l'oeuvre peint et dessiné de l'écrivain. On connaissait déjà par des expositions dans les années 70 et par des publications en revue (notamment le "? Cahier du Temps qu'il fait ? " en 1991, certaines reproductions dans le "? Quarto ? ") l'activité picturale de Louis-René des Forêts, à laquelle il s'est consacré durant plusieurs années alors qu'il avait cessé d'écrire. Mais on en avait jamais eu que des vues partielles, plus ou moins bien reproduites. C'est donc un manque que vient combler cette publication collective, en permettant de reproduire en grand format les soixante et une peintures de l'auteur et la totalité de ses dessins. L'ouvrage sert donc de catalogue raisonné de toute cette oeuvre secrète pour la donner à voir de la façon la plus exacte et la plus agréable, de la découvrir enfin dans l'ampleur et l'originalité de ses compositions, dans la variété de ses réalisations plastiques. Reprenant son titre à celui d'un des tableaux de des Forêts, cet ouvrage propose aussi une véritable enquête biographique et critique de la constitution de l'oeuvre picturale, en reprenant patiemment la chronologie des dessins et des tableaux, pour établir précisément l'archéologie ancienne d'une activité qui remonte aux années de collège entre 1930 et 1932. On trouvera ainsi l'ensemble des dessins que le jeune des Forêts fait sous nom d'emprunt de ses camarades et de ses maîtres, et où il jette les bases de l'univers adolescent qui irrigue son oeuvre jusqu'à Ostinato. On découvrira aussi une série de dessins de facture plus réaliste, des choses vues prises plus ou moins sur le vif, comme lors d'un voyage en Angleterre en 1970. Il faut donc souligner que l'ouvrage donne accès pour la première fois à une part véritablement cachée de l'oeuvre, qui est ainsi mise en rapport avec les tableaux, eux aussi donnés à voir pour la première fois de façon exhaustive, et dans un format qui leur rend mieux justice. Cessant d'écrire entre 1968 et 1974, Louis-René des Forêts trouve dans la liberté du dessin et dans l'aventure de la gouache une autre manière de s'exprimer, sans doute plus proche d'un monde onirique auquel il donne libre cours, dans des compositions souvent baroques qui jouent des effets de redoublement et de miroir. Quand il entreprend à partir de 1975 "? Légendes ? " qui deviendra Ostinato, il pose définitivement crayons et pinceaux. Mais le détour par la peinture, par les visions qui s'imposent à lui pendant ces années, a nourri le retour à une écriture poétique et obliquement autobiographique. Pour accompagner ce voyage dans les tableaux et les dessins, l'ouvrage propose aussi plusieurs pistes de réflexion sur les liens entre écriture et dessin. L'introduction de Dominique Rabaté revient sur la puissance onirique des tableaux. Bernard Vouilloux établit avec soin la chronologie des dessins en commentant précisément leur évolution. Pierre Vilar déplie les trois temporalités qui fabriquent le pouvoir d'étrangement de visions qui consonnent avec celles de Klossovski ou de Bettencourt (dont les textes sont ici repris en fin de volume). Nicolas Pesquès suggère deux récits critiques qui rendent compte du hiatus et des liens entre littérature et peinture chez des Forêts.