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Entretien dans la montagne
Celan Paul
VERDIER
12,00 €
Épuisé
EAN :9782864323426
Daté d'août 1959, l'Entretien dans la montagne, l'un des très rares écrits en prose publiés par Paul Celan, occupe une place centrale dans son oeuvre. Sa rédaction intervient quelques mois après la parution de Grille de parole, son troisième recueil de poèmes ; sa publication l'année suivante précédera de peu l'attribution à Celan du Prix Büchner. L'Entretien dans la montagne est, d'abord, la commémoration d'une rencontre manquée avec Theodor W. Adorno. Celan définit ce texte comme un chemin "de moi vers moi". Et Stéphane Mosès montre comment il accomplit, sur l'horizon de cette absence, "un trajet à travers la forêt des mots, trajet au cours duquel un langage anonyme se transforme peu à peu en parole de sujet, un il en je et tu, un récit en discours." Par-delà cette métamorphose dont le traducteur dégage les enjeux grâce à l'analyse précise du statut linguistique des énoncés qui composent l'Entretien, ce dont il s'agit ici, c'est de répondre à la fameuse formule d'Adorno qui estimait que le poème était devenu impossible après Auschwitz. "Pour Celan au contraire, écrit Stéphane Mosès, le langage frappé au plus intime de ses pouvoirs peut renaître, mais à condition d'assumer jusqu'au bout sa propre culpabilité."
C'est après la publication de La Rose de personne, Die Niemandsrose, en 1963, que Paul Celan écrit les poèmes du présent livre. Cette période coïncide avec une phase particulièrement difficile de sa vie, après une première hospitalisation dans un établissement psychiatrique. En avril 1967, quelques mois avant la parution de Renverse du souffle, Atemwende, Celan écrit à son fils : "Tu sais, je pense, qu'un nouveau recueil de poèmes doit paraître en septembre aux Editions Suhrkamp (mon nouvel éditeur à Francfort), c'est une date importante dans ma vie, car ce livre, à plusieurs égards, dont, avant tout, celui de sa langue, marque un tournant (dont les lecteurs ne pourront pas ne pas se rendre compte)". Atemwende paraît pour la première fois en français.
Commençant et finissant par deux longs poèmes en forme de suite, dont le bouleversant Strette, rendu célèbre par un commentaire de Peter Szondi, Sprachgitter, Grille de parole, appartient à l'oeuvre du centre de Paul Celan. Le titre évoque la grille du langage de Saussure, mais c'est aussi un mot de Jean-Paul, qui désigne la grille du parloir des couvents. D'un lyrisme sans aura, ce livre où s'installe un paysage neigeux et pétrifié jette un pont vers l'oeuvre tardive, c'est la première apparition dans l'oeuvre de Paul Celan de ce qu'Adorno nomme son "caractère anorganique", langage minéral de la douleur, de ce qui est mort dans les étoiles et les pierres.
Celui qui marche sur la tête, Mesdames et Messieurs, celui qui marche sur la tête, il a le ciel en abîme sous lui. Mesdames et Messieurs, il est aujourd'hui passé dans les usages de reprocher à la poésie son "obscurité". Permettez-moi, sans transition, - mais quelque chose ne vient-il pas brusquement de s'ouvrir ici ? - permettez-moi de citer un mot de Pascal que j'ai lu il y a quelque temps chez Léon Chestov : "Ne nous reprochez pas le manque de clarté puisque nous en faisons profession !" Sinon congénitale, conjointe au moins et adjointe à la poésie en faveur d'une rencontre à venir depuis un lieu lointain ou étranger - projet de soi-même peut-être -, telle est cette obscurité.
Dans un Paris dévasté par une catastrophe (accident nucléaire, cataclysme naturel, guerre de religion ?), un groupe de jeunes gens arpentent les rues, tentent de survivre en mangeant ce qu'ils trouvent, chantent des airs de John Holiways et fuient la violence de leurs ennemis en cherchant un ailleurs. Car ce monde en lambeaux, il s'agit malgré tout de l'habiter, de s'y vêtir et d'y trouver des raisons d'espérer. Comment tenir ? Comment trouver en soi de quoi réjouir la vie quand tout a sombré? Ce sont les questions que se posent, avec humour et cruauté, les protagonistes de cette aventure.
Il y a d'un côté le colosse unijambiste et alcoolique, et tout ce qui va avec : violence conjugale, comportement irrationnel, tragi-comédie du quotidien, un « gros déglingo », dit sa fille, un vrai punk avant l'heure. Il y a de l'autre le lecteur autodidacte de spiritualité orientale, à la sensibilité artistique empêchée, déposant chaque soir un tendre baiser sur le portrait pixellisé de feue son épouse ; mon père, dit sa fille, qu'elle seule semble voir sous les apparences du premier. Il y a enfin une maison, à Carrières-sous-Poissy et un monde anciennement rural et ouvrier. De cette maison, il va bien falloir faire quelque chose à la mort de ce père Janus, colosse fragile à double face. Capharnaüm invraisemblable, caverne d'Ali-Baba, la maison délabrée devient un réseau infini de signes et de souvenirs pour sa fille qui décide de trier méthodiquement ses affaires. Que disent d'un père ces recueils de haïkus, auxquels des feuilles d'érable ou de papier hygiénique font office de marque-page ? Même elle, sa fille, la narratrice, peine à déceler une cohérence dans ce chaos. Et puis, un jour, comme venue du passé, et parlant d'outre-tombe, une lettre arrive, qui dit toute la vérité sur ce père aimé auquel, malgré la distance sociale, sa fille ressemble tant.Notes Biographiques : Née en 1974 en banlieue parisienne, Anne Pauly vit et travaille à Paris. Avant que j'oublie est son premier roman.
Qu'est-ce qu'un grand peintre, au-delà des hasards du talent personnel ? C'est quelqu'un sans doute dont le trop violent appétit d'élévation sociale s'est fourvoyé dans une pratique qui outrepasse les distinctions sociales, et que dès lors nulle renommée ne pourra combler : telle est l'aventure du peintre qui dans ces pages porte le nom de Goya. Ce peut être aussi un homme qui a cru assouvir par la maîtrise des arts la toute-puissance du désir, à ce divertissement noir a voué son oeuvre, jusqu'à ce que son oeuvre, jusqu'à ce que son oeuvre, ou sa propre conscience, lui dise que l'art est là justement où n'est pas la toute-puissance : j'ai appelé cet homme par commodité Watteau. C'est encore quelqu'un qui tôt ou tard doit faire son deuil des maîtres, de l'art et de son histoire, et apprendre que tout artiste pour sa part est de nouveau seul, face à un commanditaire écrasant et peu définissable, dans ces régions arides où l'art confine à la métaphysique, sa pratique à la prière : et j'ai voulu qu'un obscur disciple de Piero della Francesca soit confronté à cela.
Dans un pays dont on ignore le nom, où se succèdent des dictateurs qui tentent de le moderniser, une soeur et son frère jumeau vivent à la ferme de leurs parents, au milieu des plaines. Marcio travaille aux champs avec le père, un homme violent, tandis que Léonora s'occupe de la maison avec sa mère. Ils ont douze ans à peine et leur complicité semble totale, leurs jeux interdits irrépressibles. Mais un soir, alors que leurs corps se rapprochent doucement dans le fenil, le père surgit et voit se confirmer ce qu'il a toujours suspecté. Tandis qu'un nouveau coup d'Etat vient de se produire, les parents décident de séparer les jumeaux. Commence alors un combat long et incertain, celui de la réinvention de soi et de la quête obstinée de liberté.