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Entretien dans la montagne
Celan Paul ; Jackson John E. ; Du Bouchet André
FATA MORGANA
9,00 €
Épuisé
EAN :9782851947765
Composé en août 1959, l'Entretien dans la montagne, l'un des très rares écrits en prose de Celan, occupe une place centrale dans son oeuvre. Sa rédaction intervient quelques mois après la parution de Grille de parole, son troisième recueil; sa publication en revue l'année suivante précédera de peu l'attribution à Celais du Prix Büchner, qui lui donnera l'occasion d'écrire le célèbre discours de Darmstadt intitulé Le Méridien. l'Entretien dans la montagne fut écrit en souvenir d'une rencontre manquée avec Theodor W Adorno, qui aurait dû avoir lieu en juillet 1959 à Sils Maria. Dans Le Méridien, évoquant le lien entre ce texte et le Lenz de Büchner, Celan le définit comme un chemin « de moi vers moi ». Dans l'étude qui accompagne la traduction que nous publions aujourd'hui, Stéphane Mosès montre comment ce bref texte accomplit, sur l'horizon de cette absence, « un trajet à travers la forêt des mats, trajet au cours duquel un langage anonyme se transforme peu à peu en parole de sujet, un Il en je et Tu, un récit en discours ». Avec cette métamorphose, ce dont il s'agit ici, c'est de répondre à la formule qu'avait risquée Adorno (et sur laquelle il fut amené à revenir), estimant qu'il était « barbare » d'écrire des poèmes après Auschwitz. « Pour Celais au contraire, écrit Stéphane Mosès, le langage frappé au plus intime de ses pouvoirs peut renaître, mais à condition d'assumer jusqu'au bout sa propre culpabilité. »
La figure de Paul Celan (1920 - 1970) est aujourd'hui au centre des débats et des enjeux qui se développent aux carrefours de la poésie et de la philosophie. Pavot et mémoire, paru en 1952, peut être considéré comme son premier recueil. On en trouvera ici l'édition intégrale, bilingue. Outre la Todesfuge qui est sans doute l'un des plus beaux poèmes jamais écrits, ce recueil donne à entendre la langue de Paul Celan telle qu'elle fut au commencement.
L'oeuvre de Paul Celan est aujourd'hui considérée, en Europe et en Amérique, comme l'une des tentatives les plus désespérées et les plus décisives qui ait donné langue à la seconde moitié du XXe siècle.·A l'effrayante question : comment écrire après Auschwitz ? Celan répond : en usant du langage de la mort. Car il eut à affronter et à vivre l'un des plus tragiques paradoxes qui soit : sa langue maternelle, l'allemand, est à la fois celle qui fonde sa culture et son identité, mais aussi celle qui régit le camp d'extermination où disparaissent ses propres parents. Et pourtant, Celan ne peut sans «mentir» (c'est lui qui le note) se soustraire à cette langue de l'enfance et de l'oppression mêlées.Ce volume est d'un intérêt tout particulier puisqu'il propose un choix de poèmes réalisé par Celan lui-même (un peu à la manière de Michaux avec L'espace du dedans, ou de René Char avec Commune présence). C'est le parcours de l'auteur dans son ?uvre.
Jean-Luc Parant, inlassablement, d'une obsédante manière, tourne autour de ce qui le hante au plus profond ? : les yeux et la sphère-monde. Tout est contenu dans cet incessant va-et-vient entre les yeux et les boules sur lesquelles vient chanter sa voix. Chant singulier, inimitable transe où les mots s'imbriquent et roulent, dévalent la pente. Le Facteur Cheval, tout aussi fabuleux personnage, chuta au cours d'une des ses tournées et trouva une pierre à l'allure bizarre ? : il venait de sentir la clef de voûte de son Palais idéal. Les boules et les rêves font l'Histoire ? : une seule pierre, travaillée par la pluie et le vent, lie un artiste à un autre et nous invite vers les plus hauts sommets de l'imaginaire.
Trois voyages : l'Andalousie, la Grèce et, tout récemment, l'Egypte, donnent naissance à trois proses qui sont, comme toujours avec Jaccottet, à la fois de poétiques notations d'instants privilégiés et de graves réflexions sur l'univers méditerranéen. Vignette de Pierre Tal Coat.
La coquetterie littéraire n'a point sa place ici. De cette attente "avant que l'horizontalité ne l'emporte sur tout le reste" , de cette agonie d'un homme sur le point de mourir, du quotidien d'un malade sans protection dans ce qu'il a de plus désarmant, décrits avec un prosaïsme délibéré, il ne reste que l'essentiel : une odeur evanescente ou une sensation diffuse.