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Comme un nouvel atlas. D'un état meilleur que la puissance
Caye Pierre
BELLES LETTRES
31,01 €
Épuisé
EAN :9782251447322
Notre siècle se place sous le signe de la fin des totalités, de la dissémination, de la réalité atomisée, des multiplicités pures. Autrement dit, l'être prend congé de l'un. Mais il est aisé de constater que la domination n'a pas pris fin pour autant. La multiplicité à son tour impose son règne, qui a pour nom mondialisation. Ce n'est donc pas le multiple qui nous libère, mais au contraire l'un, si du moins celui-ci se libère de l'être comme l'être s'est libéré de l'un : une unité qui ne conduit donc pas nécessairement à l'unitotalité. A cette fin, Comme un nouvel Atlas noue le dialogue entre les trois grands philosophes (Plotin, Proclus, Damascius) du néoplatonisme, qui seul, dans l'histoire de la philosophie, a osé penser la différence radicale de l'un par rapport à l'être. Dans cette perspective, l'un apparaît comme une philosophie de la liberté, susceptible de répondre au primat actuel du monde sensible et du devenir autant et mieux qu'aux formes intelligibles et aux idées éternelles de la cosmologie antique à laquelle cette pensée originellement se rattache. Se définit alors un principe, qui tient et maintient le monde sans pour autant le déterminer et moins encore le dominer : un principe meilleur que la puissance.
Un ange vint visiter Bélisaire, le maître de Cavalerie de Justinien en campagne contre le Goth, pour lui révéler dans son sommeil la disposition et les plans de la forteresse ennemie. Son nom était Pallas. En son souvenir, Giangiorgio Trissino, l'auteur même de cette légende, baptisa son architecte Andrea della Gondola, Palladio. Car, comme son ange éponyme, Palladio, par sa parfaite maîtrise du plan, de l'élévation et de la coupe, révélait des édifices mystérieusement lumineux qui dans l'enclos de leurs limites précises se déployaient en des myriades de directions finies. C'est ce secret révélé à Bélisaire que cet ouvrage essaie de percer, le secret architectural de la disposition heureuse et sine impeditione qui ne dépend pas de l'art géométrique et de sa découpe réglée de l'espace, mais d'un savoir plus profond et plus abstrait encore qui substitue à la physique pondéreuse de la vieille fabrique le savoir éthéré des hommes, jusqu'à ce que l'édifice ne tienne que par la proportion harmonieuse de ses lignes, ainsi suspendu comme une arche entre le Ciel et la Terre, les Dieux et les Mortels. Ce secret, Daniele Barbaro (1514-1570), patricien vénitien pour qui Palladio édifia la villa Maser, le connaît. Car Daniele Barbaro n'est pas simplement un commanditaire cultivé et avisé ; il est aussi l'auteur du premier grand commentaire savant et raisonné au De architectura de Vitruve, qui fait de lui, aux yeux de la postérité classique, "le plus grand connaisseur d'architecture de son siècle" (Quatremère de Quincy), mieux encore "notre Vitruve moderne" (Fréart de Chambray). Nourri à la logique et à l'épistémologie de l'Université de Padoue, le commentaire du Barbaro constitue l'Architecture, selon le programme même de Vitruve, en science et raison poïétiques, appelées à juger et à corriger tous les ouvrages produits par les artisans sur le chantier. L'architecture devient alors question de la technique, mais d'une technique qui, loin de vouloir transformer le monde, le surédifie et le décore par l'eurythmie de ses fabriques. Tel est le secret ou plus exactement le savoir de Palladio.
Depuis deux millénaires, pour le moins, de nombreux textes : traités, livres, cours, leçons, manuels, manifestes, articles, ont été écrits sur l'architecture. Ils composent aujourd'hui le corpus de la théorie de l'architecture. L'usage scientifique actuel, qui dévalue toute production âgée de plus de cinq ans, condamne à l'obsolescence la majeure partie de ce corpus, promis à terme à ne satisfaire que les besoins de l'instruction ou les attentes de l'érudition. S'opposant à une science qui cultive ainsi l'amnésie, l'ouvrage Traités et autres écrits d'architecture a pour motif principal de rendre présent et actuel le corpus de la théorie de l'architecture, en montrant, par les contributions de divers spécialistes en histoire de l'architecture, ce qu'il contient comme ressources de pensée exploitables aujourd'hui en de nombreux champs de la connaissance et de l'action.
Le chaos définit notre siècle. Rien d'apocalyptique dans cette affirmation, qui ne condamne pas nécessairement le monde à l'état de cendre et de poussière. Le chaos définit simplement l'imprévisibilité, l'imprédictibilité et l'incertitude de nos sociétés complexes et instables dont l'homme maîtrise de moins en moins l'évolution. Jusqu'à aujourd'hui notre morale reposait essentiellement sur la maîtrise. Il nous faut maintenant apprendre à vivre autrement, c'est-à-dire en fonction de l'immaîtrisable. Ce qui ne signifie pas qu'il faut consentir au chaos comme s'il nous était destiné. Le chaos n'est ni bon ni mauvais, il n'est ni pour l'homme ni contre l'homme: il lui est étranger. Et c'est pourquoi il requiert au fond de nous une force qui, sans prétendre accéder à la maîtrise du monde, nous permette d'assumer et d'affronter son étrangeté. Cette force, je l'appelle "l'Empire de soi'. L'Empire de soi se distingue de la maîtrise de soi. Il s'agit non pas pour l'homme de dompter les énergies et les pulsions qui le traversent, mais, au contraire, de faire l'expérience initiale de son impuissance face au chaos du monde, afin de construire, à l'épreuve de sa faiblesse et de ses fragilités originaires, sa force la plus propre. Morale et chaos décrit ainsi les étapes de la constitution de cette force que le sentiment même de notre impuissance permet de constituer, sans fondement, mais par notre seule capacité à endurer le temps et à s'y maintenir pour mieux y passer et le faire passer à travers lui-même. Biographie de l'auteur Pierre Caye, ancien élève de l'Ecole normale supérieure, est directeur de recherche au CNRS. Il consacre ses recherches aux cultures de l'humanisme à la Renaissance et à leur transmission."
Résumé : Les transformations que réclame notre époque, face à l'épuisement de notre système productif, aussi bien qu'à la désagrégation de la vie commune, ne sont pas uniquement d'ordre économique, social ou politique. Il en va d'abord de notre rapport au temps, de la dimension philosophique et morale de son usage. La dépossession et l'oubli du temps, aussi bien existentiel qu'historique, qui caractérise notre époque, nécessitent de repenser notre "sens du temps ", de déterminer les conditions de possibilité d'une construction apaisée et maîtrisée de la durée. En dépend notre capacité à vivre et à agir avec responsabilité à l'égard de la réalité présente autant que des générations futures. C'est en interrogeant le paradoxe énoncé par Sénèque : "Seul le temps nous appartient", que Pierre Caye entend ici montrer le caractère fondamental de notre rapport au temps, repensé notamment à partir de la revalorisation du présent, d'un présent bien plus riche que ce qu'on dénonce aujourd'hui sous le terme de "présentisme" ; ce qui ne va pas sans une critique des grandes philosophies du temps qui ont inspiré et modelé le XXe siècle, le siècle même de la destruction créatrice.
Résumé : "Ce livre parle avant tout d'amour : le grec ancien a été l'histoire la plus longue et la plus belle de toute ma vie. Peu importe que vous connaissiez le grec ou non. Si c'est le cas, je vous dévoilerai des caractéristiques de cette langue dont personne ne vous a parlé au lycée, quand on vous demandait d'apprendre par coeur conjugaisons et déclinaisons. Si ce n'est pas le cas, c'est encore mieux. Votre curiosité sera comme une page blanche à remplir. Qui que vous soyez, cette langue recèle des manières de s'exprimer qui vous permettront de vous sentir chez vous, de formuler des mots et des idées qui ne trouvent pas d'expression exacte dans notre langue." Le grec est une langue géniale : voici neuf bonnes raisons d'en tomber éperdument amoureux.
Résumé : La Chine vient à nous : des textes prestigieux sont désormais traduits, des tournées théâtrales nous introduisent dans la légende et dans l'Histoire, le fengshui arrive en Europe. Mais que savons-nous de la civilisation qui leur a donné naissance ? La Chine classique est extraordinairement vivante sous ses habits modernes. La méconnaître serait voyager en aveugle là où il y a tant à voir.
Ordine Nuccio ; Flexner Abraham ; Hersant Luc ; He
Biographie de l'auteur Abraham Flexner (1866 - 1959) a enseigné à Harvard puis à l'Université de Berlin avant de rejoindre la Fondation Carnegie pour la recherche éducative. Il a étudié la question de l'enseignement médical et rédigé en 1910 le fameux « Rapport Flexner ». Nuccio Ordine (né en Italie, à Diamante, en 1958) enseigne la littérature italienne à l'Université de Calabre. Visiting professor dans diverses universités européennes (l'ENS, l'EHESS et l'Université Paris-IV-Sorbonne à Paris; le Warburg Institute à Londres; le Max-Planck Institut à Berlin) et américaines (Yale, NYU), il a publié plusieurs ouvrages sur Giordano Bruno et sur la Renaissance: Le mystère de l'âne (2005, 2e tirage), Le seuil de l'ombre (2003), Giordano Bruno, Ronsard et la Renaissance (2004), Le rendez-vous des savoirs (2009, 2e tirage), Trois couronnes pour un roi (2011). Avec Yves Hersant, il dirige trois collections d'ouvrages classiques aux Belles Lettres.