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La Tragédie spéculative de Racine
Cavallin Jean-Christophe
HERMANN
35,90 €
Épuisé
EAN :9782705688219
Racine, le "Divin Sot", ne composa jamais d?ouvrages théoriques. Peut-on en conclure pour autant qu?il n?existe pas de théorie racinienne du genre tragique ? L?hypothèse de ce livre est que l?émule d?Euripide spéculait per actiones comme son grand modèle antique et ne cessa jamais d?écrire "la tragédie des tragédies". Ses héros personnifient des styles et des idées ; ses intrigues sont des périphrases de débats spéculatifs et de conflits d?archétype ; le noeud, l?agôn et la conduite de ses tragédies successives allégorisent les querelles qui se succèdent au XVIIe siècle autour du modèle tragique : querelle des cornéliens et des "doucereux", querelle des règles, querelle des anciens et des modernes, querelle des dévôts ou "des Visionnaires". D?Andromaque à Iphigénie et de Bérénice à Phèdre, Racine s?avance caché sous le masque de ses héros et sous le voile de ses intrigues. Ce sont ses argumentations que cet ouvrage déchiffre sous l?argument des tragédies.
C'est aux abords de la nuit que les hommes racontent des histoires. Des Guayaki de Pierre Clastres au chanvreur de George Sand et de Shéhérazade aux parents d'aujourd'hui, il existe un lien atavique entre l'usage du récit et la peur d'un univers livré aux puissances nocturnes. Ou plutôt : il existait. La domestication du monde a fini par dispenser l'imagination des hommes d'opérer la catharsis de l'effroi des lieux qu'ils habitent. Affranchie de son ancien rôle, la littérature ne célèbre plus que son propre office. Mais voilà que le monde change. Voilà qu'un nouveau contexte — hostile, inhospitalier — fissure nos systèmes de climatisation. Les désordres climatiques nous remplissent de terreur, l'agonie de la vie sauvage nous accable de pitié. Nous pleurons pour la planète et tremblons pour le futur. Ce nouveau sentiment tragique invite la littérature à sortir de sa réserve et à reprendre du service. Court-circuiter le réel n'est plus une solution. Licencier l'imaginaire n'est plus une solution. La hantise du contexte travaille de nouveau sous le plaisir du texte. L'économie de la fiction se réouvre aux cycles longs d'une écologie du récit.
Résumé : L'homme des Mémoires a deux vies. Dans la première, il est " l'homme des faits ", personnage positif et public ; dans la seconde, " l'homme aux songes ". Les Mémoires d'Outre-Tombe retracent aussi le récit de cette seconde existence, soit de l'initiation de leur héros aux mystérieuses chimères de la faculté poétique. Cette voie des mystères se compose d'un cycle de trois initiations successives que le mémorialiste configure respectivement sur la geste de trois personnages mythologiques. Au bord de l'étang de Combourg, le jeune François-René renouvelle les infortunes d'Hermaphrodite en se fondant à un fantôme de femme dont l'incorporation dérange à jamais sa nature. Ce sont l'épisode de la Sylphide et l'inoculation de la poésie. Des casernes de Cambrai aux salons littéraires de Paris, le jeune chevalier de Combourg renouvelle l'aventure d'Achille travesti parmi les filles de Lycomède. Ce sont le bivium de son existence et le choix de la poésie. Dans les déserts américains, enfin, le jeune voyageur égaré renouvelle les vicissitudes d'Attis, connaît la folie dans l'antre des nymphes et se mutile afin d'achever son initiation aux arcanes de l'enfantement. Ce sont sa mort au monde viril et sa renaissance mystique à la vie Ce livre retrace le cycle de ces trois initiations, afin de déchiffrer le mythe de cette faculté des songes qui doue l'homme des Mémoires de caractères féminins et dont la " maladie sacrée " enveloppe le double mystère de sa dégénérescence et de sa régénération.
Résumé : Pourquoi nos lieux de culture n'ont-ils pas la culture des lieux ? Pourquoi, les pieds sur terre, nous sommes dans la lune ? Confrontant la pensée et l'action de Malraux aux souvenirs fragmentaires d'un traumatisme infantile, Nature, berce-le défend l'hypothèse que la culture occidentale offre tous les caractères d'une formation de défense. Erigée contre la vie en tant que milieu et pulsion, cette culture vide les lieux.
Cénat Jude Mary ; Cyrulnik Boris ; Dérivois Daniel
Même si, avec plus de 200 000 morts et des dizaines de milliers de blessés, le séisme du 12 janvier 2010 a déjà suscité nombre de réflexions sur l'histoire et la population haïtiennes, on a rarement l'occasion de lire des témoignages aussi poignants ainsi qu'une fine analyse des traumatismes et de la résilience des survivants. Tout le monde s'en souvient : isolés, sans abri, sans nourriture, débordés par la dévastation et dans l'attente des secours, les insulaires ont vécu parmi les morts et avec les morts pendant de nombreuses semaines. Ces témoignages de survivants nous font précisément entrer dans cet enfer, dans le récit d'une souffrance insupportable, mais qui refuse toute attitude condescendante. Par-delà blessures et amputations, le dialogue avec l'auteur laisse lentement apparaître les voies salutaires de la résilience, une sortie proprement humaine vers la vie, comme une renaissance que donne en partage le peuple haïtien à l'humanité entière. Cela nous donne un ouvrage touchant, rigoureux et engagé. Un ouvrage édifiant.
En quelques décennies, le jeu vidéo est devenu l'une des pratiques culturelles les plus prisées des adolescents. Sources de problèmes et d'inquiétudes pour les uns, simple loisir pour les autres, les pratiques vidéoludiques sont souvent l'objet de critiques et la cible de nombreux stéréotypes, malgré leur grande popularité. A partir d'enquêtes de terrain, cet ouvrage propose de déconstruire les présupposés sur le jeu vidéo afin de mieux comprendre sa relation avec ces adeptes singuliers que sont les adolescents et, depuis plusieurs années déjà, les adolescentes. De leur rôle dans la construction identitaire de jeunes joueurs aux représentations de l'adolescence dans les scénarios qu'ils proposent, les jeux vidéo révèlent alors leur complexité à la lumière des regards sociologiques et anthropologiques.
Dans son livre L'âme désarmée, essai sur le déclin de la culture générale, le philosophe Allan Bloom écrivait : "La question qui se pose à tout jeune être humain : "Qui suis-je ? " et le besoin puissant de se conformer à l'impératif de l'oracle de Delphes : "Connais-toi toi-même" qui est congénital en chacun de nous, signifient en premier lieu : "Qu'est-ce que l'homme ? "... La culture générale donne accès à ces réponses, dont plusieurs vont à l'encontre de notre nature et de notre époque. L'homme pourvu de culture générale est capable de ne pas s'en tenir aux réponses faciles... Il est certes ridicule de croire que ce qu'on apprend dans les livres représente l'alpha et l'oméga de l'éducation, mais la lecture est toujours nécessaire, en particulier à une époque où les exemples vivants de valeurs élevées sont rares". Inscrits dans la foulée de cette réflexion, Thomas De Koninck, Joseph Facal, Mathieu Bock-Côté et Louis-André Richard, professeurs engagés au service de l'éducation libérale, tentent de comprendre les chemins menant à une culture générale signifiante. Nous proposons, en songeant à la course effrénée des penseurs de l'école pour adapter celle-ci aux besoins immédiats du monde du travail ou aux tendances sociétales du moment, d'interroger les modalités de l'éducation supérieure : Remplit-elle son mandat ? Favorise-t-elle un milieu privilégié d'éducation libérale ? Qu'en est-il aujourd'hui de l'idée d'université ?
La dépression est-elle une vraie maladie, que seuls les psys et les docteurs savent diagnostiquer ? Peut-elle être traitée avec des médicaments efficaces ? Ou bien est-ce une sorte de "maladie imaginaire" dont ceux qui en souffrent sont des tire-au-flanc qui s'écoutent trop ? Les médicaments antidépresseurs marchent-ils, ou bien sont-ils une sorte de drogue légale qui rapporte beaucoup d'argent ? En somme, qu'est-ce réellement que la dépression, ce phénomène si répandu et pourtant si mal connu ? Dans ce petit livre ingénieux, Maël Lemoine nous aide à distinguer, à rebours des idées reçues, ce qu'est, et n'est pas, la dépression, quels sont les faits scientifiquement établis, loin du discours des philosophies feel good qui vendent un bonheur kitsch et irréaliste. Cette Petite philosophie de la dépression, qui prend au sérieux la réalité des phénomènes dépressifs, propose ainsi en creux une réflexion sur le véritable bonheur.