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L'ordre psychiatrique. L'âge d'or de l'aliénisme
Castel Robert
MINUIT
29,00 €
Épuisé
EAN :9782707301468
Sur la toile de fond de l'ordre contractuel que met en place la Révolution française, le fou, brusquement, fait tache. Déraisonnable, il n'est pas sujet du droit ; irresponsable, il ne peut être objet de sanction. Mais, foyer de désordre, il doit être administré, géré, neutralisé. Le problème : réduire, dans la légalité, des comportements indésirables qui échappent à la répression pénale. Ce défi de la folie, la société bourgeoise l'a relevé parce qu'il y allait de la crédibilité de ses principes et de l'équilibre de ses pouvoirs. Dans les failles des régulations administratives et des prescriptions légales, la médecine mentale a progressivement imposé un nouveau type de rapport social, la relation de tutelle. Le but : réinscrire la folie dans l'ordre social, mais selon un système de règles différentes de celles qui assignent à leur place et assujettissent à leurs tâches les individus "normaux". Le moyen : conjoindre les aspirations de la philanthropie et les lumières du savoir dans une première médecine sociale. Le résultat : la définition, par la loi de 1838, d'un statut complet d'aliéné, c'est-à-dire de mineur complètement assisté. Mais cet âge d'or de l'aliénisme représente seulement une figure de la combinatoire généralisée des dépendances que mettent en place les spécialistes de la prise en charge et les experts de la mise en tutelle. L'Ordre psychiatrique analyse la genèse et le développement de ce monde de gestion des antagonismes sociaux par les pouvoirs médicalement indexés.
Ce livre est présenté par Robert Castel, sociologue, directeur d'études à l'EHESS. Dernière publication: Changements et pensées du changement (La Découverte, 2012, avec Claude Martin).Ce livre a été coordonné par Nicolas Duvoux, sociologue, maître de conférences à l'université Paris Descartes (CERLIS). Dernière publication: Le nouvel âge de la solidarité. Pauvreté, précarité et politiques publiques (Seuil La République des Idées, 2012).
Résumé : L'abbé Sieyès, principal inspirateur de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, voit les travailleurs comme " une foule immense d'instruments bipèdes, sans liberté, sans moralité, ne possédant que des mains peu gagnantes et une âme absorbée ". Aux commencements de la modernité, la séparation de la propriété et du travail oppose deux manières contrastées d'être un individu. L'individu propriétaire est aussi comme le dit Locke " propriétaire de sa personne ", tandis que " la classe non propriétaire " est condamnée au mépris attaché à ceux qui, parce qu'ils n'ont rien, ne sont rien. Ces Entretiens s'interrogent sur la nature et les transformations des supports nécessaires pour exister et être reconnu comme un individu, accéder à la propriété de soi. A défaut de la propriété privée, la propriété sociale a représenté une innovation décisive qui a permis la réhabilitation des non-propriétaires en leur assurant sécurité et reconnaissance à partir de leur travail. De sorte que l'ébranlement de ces protections fait aujourd'hui émerger un profil inédit d'individus : des individus par défaut. Ils ont décroché des régulations de la société salariale qui leur permettaient d'être eux-mêmes au travers de leur participation à des ressources communes, et paraissent à présent condamnés à porter leur individualité comme un fardeau. Au moment où l'individu doté de la volonté d'entreprendre et du goût du risque est tenu pour la valeur ultime des sociétés démocratiques, il est salubre de rappeler qu'il y a individu et individu ; et que l'on ne peut être un individu au sens positif du terme qu'à la condition de disposer de ressources permettant de ne pas être réduit à payer de sa seule personne.
Robert Castel (1933-2013): Sociologue, il est l'auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels La Gestion des risques (Minuit, 1981), Les Métamorphoses de la question sociale (Fayard, 1995), L'Insécurité sociale (Seuil / La République des idées, 2003) et La Discrimination négative (Seuil / La République des idées, 2007).
Au cours des années soixante-dix, deux systèmes de représentations ont paru dominer le champmédico-psychologique: celui d?une psychiatrie sociale qui, s?arrachant au ghetto asilaire, allaitépouser enfin son siècle; celui d?une psychanalyse qui proposait un modèle indépassabled?exploration du sujet. Pendant que ces débats bruyants occupaient le devant de la scène, de nouvelles technologies s?installaient et prenaient date. Que nous entrions, d?une certaine manière, dans l?après-psychiatrie et dans l?après-psychanalyse ne signifie évidemment pas que les pratiques qu?elles inspirent encore soient périmées ou dépassées. Mais elles sont entrées en crise, leur systématicité se fissure, l?imaginaire qui les supportait s?affaisse, et leur apport est désormais banalisé au sein d?une nouvelle configuration qu?elles ont cessé de maîtriser. La psychiatrie rentre dans le giron de la médecine et la psychanalyse se noie au sein d?une culture psychologique généralisée qu?elle a contribué à promouvoir. Un réseau beaucoup plus complexe d?activités d?expertises, d?évaluations, d?assignations et de distribution des populations, mais aussi de travail sur la normalité est maintenant à décrire. Il représente une nouvelle formule de gestion du social organisé autour d?un pôle centralisé de prévention des risques et d?un pôle apparemment convivial de prise en charge des fragilités. A la limite, un couple fonctionnel informatisation-psychologisation. L?ordre post-disciplinaire qu?il dessine passe moins par l?imposition des contraintes que par la programmation de l?efficience. Une subjectivité travaillée par les nouvelles psycho-technologies n?a plus d?autre objectif que sa propre culture et se trouve de ce fait disponible pour toutes les planifications technocratiques. C?est sans doute le nouveau plan de gouvernementalité néo-libéral qui se dessine ainsi.
Juin 1940. Chartres, submergée par la foule des réfugiés du Nord, s'est simultanément vidée de ses propres habitants. Quelques unités combattantes en retraite la traversent encore, bientôt suivies par les premiers détachements de la Werhmacht. Resté à peu près seul à son poste, le jeune préfet est convoqué par le vainqueur, qui veut le contraindre à signer un document mensonger portant atteinte à l'honneur de l'armée française. Le dramatique récit de Jean Moulin, dont le dépouillement fait la force, ouvre, le 17 juin 1940, le grand livre de la Résistance.
Qu'est-ce que ça veut dire, moderato cantabile ? - Je ne sais pas. " Une leçon de piano, un enfant obstiné, une mère aimante, pas de plus simple expression de la vie tranquille d'une ville de province. Mais un cri soudain vient déchirer la trame, révélant sous la retenue de ce récit d'apparence classique une tension qui va croissant dans le silence jusqu'au paroxysme final. " Quand même, dit Anne Desbarèdes, tu pourrais t'en souvenir une fois pour toutes. Moderato, ça veut dire modéré, et cantabile, ça veut dire chantant, c'est facile. "
Dès la première phrase, vous entrez dans le livre, ce livre que vous écrivez en le lisant et que vous finirez par ramasser sur la banquette du train qui vous a conduit de Paris à Rome, non sans de multiples arrêts et détours. Le troisième roman de Michel Butor, paru en 1957, la même année que La jalousie d'Alain Robbe-Grillet, Le vent de Claude Simon et Tropismes de Nathalie Sarraute, reçut d'emblée un excellent accueil de la critique. Couronné par le prix Renaudot, traduit dans vingt langues, c'est encore aujourd'hui le plus lu des ouvrages du Nouveau Roman.