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La Liturgie. Art et Métier
Cassingena-Trévedy François ; Le Gall Robert
AD SOLEM
29,15 €
Épuisé
EAN :9782884820974
Notre propos veut se situer à la source même de l'émerveillement de la liturgie. En prenant suffisamment de recul par rapport à certaines initiatives artistiques insuffisamment mûries, comme de certaines maladresses ou précipitations pastorales, il faut faire aujourd'hui, pensons-nous - car on ne la fera jamais assez -, une théologie de la liturgie elle-même car, dans sa richesse d'expression, la liturgie est à la fois le kaléidoscope qui prismatise toute rencontre avec le Mystère et l'indice de la Beauté le plus certain qui soit au monde. La méthode que nous suivrons ici ne sera pas cartésienne, sans doute, mais comment pourrait-elle l'être en de telles matières? Elle sera expérimentale, intuitive, méditative, impressionniste, circulaire, homogène à son objet, elle sera elle-même, en un mot, d'ordre artistique. Au commencement d'un siècle nouveau, un demi-siècle après le second concile du Vatican, nous espérons que, secrètement nourries par l'émerveillement devant "la Lumière qui divinise" et le Son qui nous parvient déjà, ces pages pourront susciter une réflexion, une admiration nouvelle pour la liturgie et, tout aussi secrètement, peut-être, réparer et préparer les formes artistiques dont elle a besoin.
Lors du premier et du second confinement, dans le silence de la vie bénédictine, et pourtant en lien étroit avec ses amis de l'extérieur, François Cassingena-Trévedy a consigné ses réflexions sur une situation qui a plongé le monde dans ta sidération. A bonne distance des controverses politiques, il interroge ici les chrétiens sur le sens de la foi, leur rapport à l'Eucharistie, dans des périodes où ils n'y ont plus accès, la relation au corps et à la sexualité, mais s'adresse aussi à tous les citoyens sur le danger du fanatisme religieux à la lueur des assassinats de l'automne 2020 et sur notre sens du commun. Ce livre, arraché aux heures sombres que nous traversons, interroge sur ce qui nous anime profondément pour rendre possible en chacun une renaissance intérieure.
La Voix contagieuse renoue avec la grande tradition de l'homélie, genre littéraire et spirituel à part entière. Dans une langue profondément incarnée, nourrie par la contemplation de la nature, ces textes déploient un commentaire des Evangiles d'une rare élévation qui vient rencontrer les aspirations souterraines de notre temps. Prenant la Parole à bras-le corps, François Cassingena-Trévedy, pétri de littérature spirituelle et de culture humaniste, évite de paraphraser le texte évangélique, et se garde plus encore de le dogmatiser ou de moraliser à son propos. Il le fait résonner avec ses propres mots qui le prolongent comme en écho, et suscitent chez le lecteur émerveillement et gratitude.
Résumé : La personnalité si singulière de l'Auvergne fait d'elle un monde d'une austère et fascinante majesté. Avec des paysages dont on ne revient pas, elle cache un peuple que l'érosion des vieux volcans, l'ascèse des longs hivers et la proximité du monde animal prépare à d'étonnantes tendresses. A l'automne 2015, François Cassingena-Trévedy, depuis longtemps familier de cette région, a arpenté en solitaire le massif du Cézallier, entre Monts Dore et Cantal. Il nous livre ici le récit de sa marche, accompagnée des premières neiges et comme étoilée de chaleureuses rencontres. Il y a ici bien plus qu'un simple récit de randonnée : un hymne de l'univers, un hommage au monde paysan et une profession de foi en l'amitié des hommes.
A force de paroles, il se fait au monde beaucoup d'obscurité. Mais il est une obscurité d'obsidienne, transparente celle-là, que donne la Parole, et c'est celle-là que l'on cherche ici. Commenter l'Ecriture est trop dire : annoter suffit. On ne trouvera ici que des annotations, comme des étincelles surgies du brasier du Verbe. Il s'écrit de par le monde beaucoup de textes, mais combien asphyxient l'âme de ceux qui les lisent, faute d'interstices ! Combien expirent, faute d'avoir laissé la parole à la Parole, et à ce Silence consubstantiel qui lui sert à la fois d'ambassade et de suite ? C'est pourquoi le texte des étincelles est aéré, ajouré.Leur unité de lieu est la cellule (celui qui les écrit voit tout de sa fenêtre qui résume l'espace autant qu'elle rassérène le regard) : leur unité de temps est, d'un avent à l'autre, cet an de grâce qu'il faut au Mystère pour se dérouler, pour nous enrouler à Soi, peu à peu, jusqu'à ce que nous basculions pour de bon dans cet Instant unique où tout est simultané, où tous sont contemporains, Intra in gaudium Domini tui (Mt XXV, 21). Alors il y aura de la joie dans le ciel (Lc 15, 7) : le livre d'étincelles aura transmis le Feu.
Résumé : "Tout pouvoir vient de Dieu" signifie non pas que toute autorité dispose d?un pouvoir divin mais que le fondement de cette autorité est invisible. Ce que saint Paul dénonce, c?est la confusion de ce fondement avec ces modes de sa manifestation. "Tout pouvoir vient de Dieu" renvoie dos à dos dans aussi bien une conception de l?autorité politique qui dériverait son pouvoir du "sacré" attaché à la personne de l?empereur (ou plus tard du monarque) comme à son fondement, que celle qui la fait dériver du peuple. Voilà pourquoi les chrétiens obéissent aux lois de la Cité et se soumettent aux autorités : parce que l?autorité politique manifeste ce fondement (toujours caché). Quand les lois de ce pouvoir vont à l?encontre du Logos (et donc du Bien commun), les chrétiens ne s?opposent pas au pouvoir comme un corps politique mais rappellent aux gouvernants que leur pouvoir ne repose pas sur eux mais sur Dieu ? le Logos, c?est-à-dire la Raison, à laquelle tous les hommes participent par leur propre raison. Le livre prend notamment l?exemple que donnent les Pères apologistes : Justin, Tertullien, puis Augustin, dont la Cité de Dieu s?inscrit dans le sillage des grandes apologies. En ce sens, il n?y a pas deux cités (des hommes et de Dieu), mais une seule, et c?est la mission ? critique ? des chrétiens (comme citoyens et non pas comme un contre pouvoir) de rappeler ce fondement invisible du pouvoir quand la Cité s?en affranchit. Un livre de discernement capital aujourd?hui.
De 1938 (quelques mois avant son départ en Inde) à 1957 (quelques jours avant sa mort), les lettres de l'Abbé Monchanin rassemblées ici et destinées à celles qu'il appelait ses "dirigées" , permettent de découvrir la personnalité et la spiritualité de celui que le Père de Lubac qualifiait de "prêtre génial" . Ce livre révèle les vies cachées de femmes venues d'horizons religieux et culturels divers. Missionnaires partant aux périphéries préfigurer la vocation de leurs peuples, ces femmes demeuraient au coeur de l'Eglise. "Le lien entre amis devrait être la conspiration des vocations" écrivait le P. Monchanin. Les vocations singulières de ses filles spirituelles étaient exactement les vocations chrétiennes de chacun de leur peuple - leur "lieu irremplaçable dans le Corps mystique" . Ainsi, la communion qui les unissait par delà les mers et que soutenaient les échanges épistoliers et la prière, préfigurait le Plérôme du Christ, signe lui-même de la circumincession du Père, du Fils et du Saint-Esprit, source et consommation de toute communion humaine et ecclésiale. A travers l'amitié, c'est d'une expérience de la vie trinitaire dont parlent toutes ces pages. Chacun se découvre un don fait à l'autre dans le mystère de l'Eglise et le mystère de la Trinité. De l'amitié à la Trinité : c'est ainsi écrit le P. Monchanin que "nous avons à vivre en circumincession avec tous nos frères. Et ce sera la gloire intarissable, lorsque nous sentirons que nous sommes tous intérieurs les uns aux autres" . L'abbé Jules Monchanin (1895-1957) a été prêtre (à Lyon) et ermite en Inde. C'est un acteur important d'un dialogue oecuménique et interreligieux fondé sur l'idée du "plérôme du Christ" . Ami très proche du P. Henri de Lubac, attentif à la culture - il fréquente notamment Picasso, Cocteau, Max Jacob à Paris -, c'est aussi un mystique, dont la pensée trinitaire s'accompagne d'intuitions fulgurantes dont on commence à mesurer aujourd'hui la richesse.