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Maurice Chappaz
Carraud Christophe
SEGHERS
22,50 €
Épuisé
EAN :9782232122521
Ah ! notre projet, quel étonnement... Quand je toucherai ce qui se prépare, ça sera comme quand j'arrivais dans une cabane avant la nuit ", nous écrivait Maurice Chappaz dans une lettre, tandis que s'ébauchait le présent ouvrage. Alpiniste, vigneron, grand voyageur, guetteur d'ombres et rôdeur des chemins de traverse, cet écrivain, né dans le Valais en 1916, est l'une des figures majeures de la poésie francophone. L'étude que lui consacre Christophe Carraud ressemble au Valais du poète : drue, robuste, ardente et boisée, d'une élévation sans arrogance, elle puise aux sources les plus anciennes pour suivre, par d'insondables voies souterraines, les résurgences d'une ?uvre qui frappe par sa diversité, sa virulence et son lyrisme. L'anthologie, que présente la seconde partie de l'ouvrage, donne à lire les grands textes en vers et en prose d'un écrivain injustement méconnu en France, pour qui notre langue est aussi une véritable patrie.
Carraud Christophe ; Tâche Pierre-Alain ; Debluë F
Il entre dans notre rapport à l'oeuvre beaucoup de notre rapport au monde. Que la technique soit devenue un processus poursuivi pour lui-même, un jeu de relations et de quantités comme en suspens, détaché de ses conséquences parfois brutales sur le monde, qu'elle ait donc cessé de ressortir simplement d'un métier comptable de la forme du réel, voilà qui nous éloigne de nos vies comme de la saveur des choses. Ce qu'il est convenu d'appeler l'art contemporain accroît le régime des quantités, celui des réseaux, des processus et des marchés : s'accordant parfaitement en ce sens à la désincarnation des vies où nos sociétés déchiffrent leurs symptômes mortifères. En sorte qu'il est précieux d'écouter la leçon d'attention d'autres contemporains : elle est faite de patience et de bienveillance à l'endroit du monde et des formes que celui-ci délègue jusqu'à nous par le travail et la justesse. Ce choix de l'oeuvre en son espace tout ensemble matériel et imaginaire fait plus qu'inscrire une éthique dans l'invention des formes : il autorise le libre déploiement de toutes nos strates d'existence en rien qu'un peu de belle étendue, et restaure notre respect à l'endroit de ce qui demeure le plus aimable et le plus énigmatique dans le lieu qui nous accueille. Lorsque la peinture revient aux choses, c'est notre responsabilité qui s'accroît ; et s'intensifie, s'élargit avec elle le goût du monde.
Conformément à l'allure propre de Conférence, ce numéro propose à son lecteur une promenade dans un ensemble de textes et d'images qui se font écho. Il ne s'agit pas seulement - comme toujours - de composer en un volume différentes manières d'aborder la réalité et d'en parler, de l'essai à la poésie et à la traduction de textes inédits de toute époque, de la gravure ou du dessin à la réflexion juridique ou politique, en tâchant ainsi d'être fidèle à la polyphonie du réel. Il s'agit aussi, cette fois, de s'interroger sur les lieux où nous vivons, les lieux qui nous font vivre, et le lieu que nous sommes nous-mêmes, capable ou non d'accueillir dignement cette réalité profuse ; d'où le thème principal se déclinant essentiellement selon trois guises : une réflexion sur le décor de la vie (où des images servent de guide), des notes sur Venise (comme pierre de touche particulièrement décisive de ce que peut être une ville), des questions de droit (comme instance difficile par laquelle s'organise la vie commune). A quelles formes, en nous et autour de nous, donnons-nous naissance, qui rendent le temps fécond ou infécond, vivable ou invivable, et quelles figures y prend l'humanité, qui la rendent digne d'elle-même ?
Le cinéaste Bertrand Blier est aussi un écrivain, ironique, tendre, insolite. Depuis 1972 (Les Valseuses), il a publié plusieurs livres. Trois d'entre eux ont connu un immense succès. Dans ce nouveau récit, il raconte une enfance à la fois réelle et réinventée, celle d'un futur cinéaste, un fils d'acteur... " fragile des bronches ". Jean-Michel Céleste est fils d'acteur. Sa mère, Gisèle, est malheureuse, elle est trompée par son mari, toujours en tournée, elle a même essayé de se jeter par la fenêtre, rattrapée in extremis. Souvent couchée, elle dépérit, le neurologue lui rend régulièrement visite. Jean-Michel, à quinze ans, grandit sans enthousiasme, malade un jour sur deux, des quintes de toux à n'en plus finir. Il aime écouter sa mère jouer du Chopin... Le médecin recommande qu'ils aillent passer quelques temps à la montagne, tous les deux, car à sa mère aussi le grand air devrait faire le plus grand bien. Ils prennent le train (encore à vapeur, dans les années 50), gare de Lyon direction Le Fayet. A la montagne, le taxi serpente à travers la forêt et les dépose devant l'établissement qui accueille Jean-Michel. Il voit avec une certaine tristesse sa mère partir ; puis découvre son chalet, et rencontre le directeur, un homme plus que sévère, injuste. Heureusement, il y a là une jolie fille, dans un second chalet, Nicole. Et heureusement, il peut retrouver sa mère, sur les pistes. Et déjeuner avec elle à l'hôtel Arbois Bettex. De la terrasse, les jours de beau temps, on peut voir le Mont-Blanc. Quand on y trouve une place... Un jour, un homme leur propose de s'assoir à sa table. Dès le début Jean-Michel sait qu'il va détester ce type de cinquante ans, trop bronzé, avec trop de dents, un type annonciateur de malheurs... De fait, une relation naît entre cet homme et sa mère. Et Jean-Michel voit des choses qu'il n'aurait pas dû voir... Il décide alors d'appeler son père à la rescousse... L'acteur débarque à la gare avec sa valise, comme un cowboy. Avec une certaine inquiétude, Jean-Michel s'interroge sur l'issue de l'affrontement, il ne peut imaginer que lui et son père finiront bientôt à Nice, aux studios de la Victorine, en compagnie d'un géant du cinéma, et que sa vie sera marquée à tout jamais par cette rencontre... Rentrée littéraire Seghers 2021.
Résumé : Le 22 octobre 2021, Brassens aurait eu 100 ans : un siècle de liberté, d'humour et de générosité, ça se fête. Brassens n'est pas seulement l'une des figures les plus influentes, les plus mythiques de la chanson française, il est l'un des membres de notre famille : c'est notre tonton Georges. Plusieurs générations d'auteurs, de compositeurs et d'interprètes ont grandi à l'ombre de sa moustache et de sa pipe. Tous savent que, derrière le personnage à la voix rocailleuse, derrière la pompe de sa guitare et la verdeur de son verbe, il est une intarissable source d'inspiration. Certains gardent en tête ce qu'ils doivent à son irrévérence, à son combat joyeux contre les conventions ; certains restent charmés par le poète de Sète, éternel amoureux des femmes ; certains célèbrent le copain d'abord, le bon vivant resté simple, fidèle, malgré les trompettes de la renommée. Tous sont prêts aujourd'hui à lui rendre hommage, en mots et en images. C'est le projet de cet album Brassens a 100 ans : donner la parole aux enfants et aux petits-enfants de Georges et faire vivre, encore, à travers leur voix, leur regard, ce géant de la chanson.
Résumé : " Vous entendrez la femme royale, la fille de la rue espiègle ; vous entendrez le prix de la survie de la femme noire et vous entendrez sa générosité. " James Baldwin Longtemps, Maya Angelou a été méconnue du public français, avant d'être célébrée à sa juste mesure depuis 2008 pour ses romans autobiographiques, dont le célèbre Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage. Activiste et écrivaine, Angelou l'était bien sûr, mais elle se considérait aussi comme une poète. Au début de sa carrière, elle alternait la publication de chaque texte autobiographique avec un recueil. Et pourtant je m'élève, son troisième opus publié en 1978, demeure l'un de ses plus emblématiques. Composé de 32 poèmes, divisés en trois parties, il révèle une Maya Angelou dans sa pleine maturité poétique, tour à tour sentimentale ou engagée, évoquant aussi bien des motifs intimes (l'amour, la maternité, la famille), que les thèmes ouvertement politiques (les difficultés de la vie urbaine, la maltraitance, la drogue, le racisme du vieux Sud). Ce qui caractérise sa voix est une détermination sans faille à surmonter les épreuves, quelle qu'elles soient, et la confiance, la force, la fierté qu'elle puise dans son identité de femme noire. Si Maya Angelou réjouit le lecteur d'aujourd'hui, c'est parce que son sens de la provocation et de la formule ne se départit jamais d'humour et ne verse jamais ni dans le désespoir, ni le communautarisme ou la haine de l'autre. Elle est cette femme phénoménale dont le poème éponyme brosse le portrait, et nous enjoint de le devenir à notre tour : Je dis / C'est dans le feu de mon regard / Et l'éclat de mes dents / Le balancement de ma taille / Et la joie de mes pieds. / Je suis une femme / In-cro-ya-blement. / La femme phénoménale / C'est moi.
En publiant ce livre, les éditions Seghers nous offrent un cadeau rarissime : une voix poétique que l'on peut classer parmi les plus grandes du XXe siècle, mais à peu près inconnue. " (extrait de la préface de Nancy Huston) Réunies pour la première fois en un seul volume, les poésies écrites par Grisélidis Real tout au long de sa vie (de l'âge de treize ans à sa mort) forment une oeuvre d'une cohérence et d'une force rares. A la mesure d'une vie hors du commun. Née dans une famille de bourgeois intellectuels de Genève, vite orpheline de père, révoltée contre sa mère et l'éducation rigide qu'elle lui fait subir, artiste peintre, mère très jeune de quatre enfants de quatre pères différents, elle emmènera deux d'entre eux en Allemagne, illégalement, pour suivre un amant qui la mettra sur le trottoir quand ils seront tombés dans la misère... Elle vivra encore de grandes amours, passionnelles, parfois violentes, sortira de la prostitution pour y retourner finalement de façon définitive et par conviction jusqu'à devenir dans les années 70 une porte-parole très remarquée des prostituées (dont elle défend le rôle social). Sa vie est aussi ponctuée de séjours au sanatorium (tuberculose dans sa jeunesse), en prison (un deal de shit qui tourne mal lors des années en Allemagne), et à l'hôpital (le cancer qui l'emportera). Ces expériences extrêmes seront le terreau de sa création poétique. On savait que Grisélidis Réal avait fait paraître un roman, des récits, des journaux, sa correspondance avec Jean-Luc Hennig (ses oeuvres sont principalement disponibles aux éditions Verticales). Mais quelques rares poèmes seulement étaient apparus au fil de certains ouvrages et dans un recueil partiel publié en suisse. Pourtant cette création poétique est peut-être son oeuvre fondamentale. Du symbolisme des débuts, au " récit " poétique poignant de la prostitution ou de la lutte contre le cancer, les poèmes de Grisélidis Réal racontent une vie, avec un art et une profondeur unique quand elle parle d'amour, de sexe, de maladie, de maternité... trouvant là la plus grande beauté. Son destin sera parachevé de façon étonnante : quatre ans après ses obsèques, sa dépouille est transférée au Cimetière des Rois à Genève (où seulement les personnalités qui ont marqué l'histoire de la ville ont leur place), entre Calvin (son ennemi préféré) et Jorge Luis Borges (son modèle poétique).