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Le luxe de la peinture
Carraud Christophe
CONFERENCE
30,00 €
Épuisé
EAN :9782912771674
Le luxe de la peinture : ces mots veulent souligner que la société dite d'abondance où nous nous trouvons manque cruellement et paradoxalement d'objets véritables, et que ceux-ci se présentent en conséquence comme le luxe le plus simple qui lui fait défaut : simple parce que patient, artisanal, amoureux, exigeant, vivant et sensé - comme le travail de la peinture, de la gravure, de la sculpture. Peinture, gravure, sculpture ont toujours eu partie liée avec le luxe. Non pas d'abord pour des raisons "sociologiques" tenant à l'histoire de la commande, du mécénat ou de la protection des arts ; ni, au premier chef, parce que les oeuvres qu'elles constituent sont marquées par la rareté, ou prennent souvent pour thème, dans l'histoire, ce qui porte ce caractère ; mais parce qu'elles sont le luxe même, en ceci qu'elles portent l'expérience du monde à son plus haut degré d'intensité, et qu'elles invitent chaque individu à en enrichir sa propre humanité, à vivre par elles et avec elles. A cet égard, un art "non-industriel", un art qui n'est pas affaire de quantités (de visiteurs, de mentions, d'affaires, de réseaux), permet par sa mesure et sa modestie à la fois d'embellir le décor de la vie et de pénétrer dans la dimension la plus individuelle et la plus personnelle de l'expérience humaine : restaurant ainsi une richesse d'une autre nature - la seule qui vaille.
Carraud Christophe ; Tâche Pierre-Alain ; Debluë F
Il entre dans notre rapport à l'oeuvre beaucoup de notre rapport au monde. Que la technique soit devenue un processus poursuivi pour lui-même, un jeu de relations et de quantités comme en suspens, détaché de ses conséquences parfois brutales sur le monde, qu'elle ait donc cessé de ressortir simplement d'un métier comptable de la forme du réel, voilà qui nous éloigne de nos vies comme de la saveur des choses. Ce qu'il est convenu d'appeler l'art contemporain accroît le régime des quantités, celui des réseaux, des processus et des marchés : s'accordant parfaitement en ce sens à la désincarnation des vies où nos sociétés déchiffrent leurs symptômes mortifères. En sorte qu'il est précieux d'écouter la leçon d'attention d'autres contemporains : elle est faite de patience et de bienveillance à l'endroit du monde et des formes que celui-ci délègue jusqu'à nous par le travail et la justesse. Ce choix de l'oeuvre en son espace tout ensemble matériel et imaginaire fait plus qu'inscrire une éthique dans l'invention des formes : il autorise le libre déploiement de toutes nos strates d'existence en rien qu'un peu de belle étendue, et restaure notre respect à l'endroit de ce qui demeure le plus aimable et le plus énigmatique dans le lieu qui nous accueille. Lorsque la peinture revient aux choses, c'est notre responsabilité qui s'accroît ; et s'intensifie, s'élargit avec elle le goût du monde.
Résumé : Michel Simonet est cantonnier à Fribourg. Il parle de son métier, qui est aussi une vocation : rendre une ville présentable, veiller à sa propreté, permettre à ses habitants de jouir d'elle sans se poser la question des conditions nécessaires à leur bien-être. Succession de scènes et de portraits étonnamment proches de la poésie là où l'on ne pensait pas devoir la trouver, Une Rose et un Balai propose une réflexion amusée sur nos façons de vivre et de nous comporter. Ce petit livre plein d'humour et de sagesse invente, après les horizons parfois trop larges des épopées de la route et de l'aventure, une "poésie de la voirie", attentive à tous les gestes quotidiens et propice à des méditations inattendues.