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Saint Augustin
Caron Maxence
CERF
41,80 €
Épuisé
EAN :9782204080583
La figure de saint Augustin est aujourd'hui dans une situation particulière puisque cet homme immense intéresse un public toujours plus large, excédant amplement celui d'actives études universitaires - ce qui nous met en présence, d'un côté, de travaux ou traductions peu sérieux, tandis que, de l'autre, certaines études réduisent le rayonnement augustinien à mesure qu'elles l'enferment dans ce qu'on imagine être spécialisation. Notre collectif fut dirigé de sorte à éviter de périr contre l'un de ces deux écueils, c'est pourquoi il regroupe des études dont le sérieux n'assèche pourtant pas la pensée et qui constituent pour cette raison, dans leur belle exigence, une voie privilégiée d'accession à la philosophie de saint Augustin. S'y trouvent également, et évidemment dépassées, les habituelles et incompréhensibles traînées de clichés concernant le libre arbitre et la grâce, la question du corps, la prétendue opposition à saint Thomas, etc., tous les thèmes abordés l'étant en une finesse proportionnée à la subtilité du propos augustinien réel. Et c'est ainsi, en toute la puissance de ce décisif propos, qu'apparaît la pensée qui, avec celles de Platon et d'Aristote, demeure la plus importante et la plus influente de tous les temps. En annexe de ses nombreuses contributions, ce livre comporte une importante oeuvre de saint Augustin lui-même, aujourd'hui introuvable. L'on y verra aussi publiés deux textes augustiniens, inédits en français, de celui qui allait devenir Benoît XVI.
Le De Trinitate est un ouvrage central de la pensée augustienne, au même titre que La Cité de Dieu ou que les célèbres Confessions. Mais il s'agit aussi d'une oeuvre majeure de l'histoire de la pensée, qui détermine plus d'un millénaire d'activité intellectuelle et que ne saurait ignorer sans dommage toute tentative de penser la consistance de cet être qui, fond abyssal où s'origine l'émergence du monde, appelle mystérieusement l'âme humaine à l'aimer. Réconciliant la philosophie et la profondeur de la Révélation biblique. Augustin élabore une pensée essentielle déployant cet élément ontologique trinitaire où l'être et l'homme s'atteignent au sein de ce même Amour par et pour lequel l'âme a été prononcée. Amour et Trinité sont synonymes, et constituent le fond de cette "beauté si ancienne et si neuve à la fois" que nous aimons toujours trop tard mais dont l'inhérent amour nous est manifesté afin que ce retard soit infiniment rattrapé en Celui qui, dit Claudel, "a ensemencé le monde de Sa ressemblance".
Lorsque la sublime insolence de Maxence Caron se penche sur le monde et sur notre temps, ce ne sont pas eux qui gagnent. Les faciles facéties où s'ébattent les légions de petits pamphlétaires nerveux, ou les ironiques grincements dont se nourrit le ressentiment n'ont pas leur place ici : Maxence Caron les abandonne aux trottoirs du siècle. Dans ce Bloc notes de haute littérature, aussi noble qu'implacable, dans cette oeuvre dont la généreuse puissance et l'humour magnifique participent de ce "grand éclat de rire divin" qu'aimait Claudel, l'auteur de L'Insolent et des Fastes déploie la force jubilatoire d'un style illimité. Au terme de l'ouvrage figure également le premier texte autobiographique publié par un écrivain qui vit caché et qui fut toujours particulièrement discret sur sa vie.
Quand un homme, écrit Yeats, fait une oeuvre de génie, quand il invente une nouvelle façon de créer, n'est-ce pas parce qu'une connaissance ou une force venue de par-delà son esprit a fécondé son esprit ? " Ces paroles du grand poète irlandais nous aident à prendre la mesure de l'acte créateur mis en oeuvre par Maxence Caron, et qui est certainement le plus important vu depuis longtemps en philosophie. Ce bouleversement et cette renaissance de la langue et de la pensée étaient aussi désirés qu'inespérés en notre temps.
Résumé : Oeuvre fulgurante d'un jeune homme de vingt-neuf ans, considérée par certains, y compris à l'étranger, comme l'un des plus beaux textes de prose en langue française, La Vérité captive est le premier volume du monumental Système auquel Maxence Caron a donné naissance. Lorsque parut la première édition de cette oeuvre révolutionnaire, la critique la plus exigeante parla du "plus important ouvrage de philosophie de ces dernières décennies" . Il est ici publié dans une toute nouvelle édition. Un tel livre bouleverse les idées reçues. Long regard fertile, il donne à voir tout autre chose que ce que nous croyons connaître. Il dépasse les oppositions entretenues par les habituelles conceptions du monde. Il écrase les "phénoménologies" et autres "philosophies analytiques" . A contre-courant des gémissements passéistes à la mode, il ouvre et inaugure une autre époque : notre avenir, infiniment. Ce commencement à neuf de la philosophie impose d'emblée la personnalité démiurgique de Maxence Caron comme figure capitale de la littérature et de la pensée. Universel, virtuose et solitaire, il bâtit, incarne et porte leur renaissance. Admiratif de la force de cette renaissance, Marc Fumaroli en a ainsi écrit ces mots : "Maxence Caron suit son chemin de lumière comme si les ténèbres n'avaient pas de prise sur lui. Il nous conduit dans son sillage".
La science manipule les choses et renonce à les habiter. Elle s'en donne des modèles internes et, opérant sur ces indices ou variables les transformations permises par leur définition, ne se confronte que de loin en loin avec le monde actuel. Elle est, elle a toujours été, cette pensée admirablement active, ingénieuse, désinvolte, ce parti pris de traiter tout être comme «objet en général», c'est-à-dire à la fois comme s'il ne nous était rien et se trouvait cependant prédestiné à nos artifices.Mais la science classique gardait le sentiment de l'opacité du monde, c'est lui qu'elle entendait rejoindre par ses constructions, voilà pourquoi elle se croyait obligée de chercher pour ses opérations un fondement transcendant ou transcendantal. Il y a aujourd'hui - non dans la science, mais dans une philosophie des sciences assez répandue - ceci de tout nouveau que la pratique constructive se prend et se donne pour autonome, et que la pensée se réduit délibérément à l'ensemble des techniques de prise ou de captation qu'elle invente. Penser, c'est essayer, opérer, transformer, sous la seule réserve d'un contrôle expérimental où n'interviennent que des phénomènes hautement «travaillés», et que nos appareils produisent plutôt qu'ils ne les enregistrent. De là toutes sortes de tentatives vagabondes. Jamais comme aujourd'hui la science n'a été sensible aux modes intellectuelles. Quand un modèle a réussi dans un ordre de problèmes, elle l'essaie partout. Notre embryologie, notre biologie sont à présent toutes pleines de gradients dont on ne voit pas au juste comment ils se distinguent de ce que les classiques appelaient ordre ou totalité, mais la question n'est pas posée, ne doit pas l'être. Le gradient est un filet qu'on jette à la mer sans savoir ce qu'il ramènera. Ou encore, c'est le maigre rameau sur lequel se feront des cristallisations imprévisibles. Cette liberté d'opération est certainement en passe de surmonter beaucoup de dilemmes vains, pourvu que de temps à autre on fasse le point, qu'on se demande pourquoi l'outil fonctionne ici, échoue ailleurs, bref que cette science fluente se comprenne elle-même, qu'elle se voie comme construction sur la base d'un monde brut ou existant et ne revendique pas pour des opérations aveugles la valeur constituante que les «concepts de la nature» pouvaient avoir dans une philosophie idéaliste.
Résumé : La notion de l'autorité a été écrit en 1942, peu avant l'Esquisse d'une phénoménologie du droit, avec lequel il entretient d'étroits rapports. "Chose curieuse, le problème et la notion de l'autorité ont été très peu étudiés" , note Kojève en ouverture de ce qu'il appelle lui-même un "exposé sommaire" . "L'essence même de ce phénomène a rarement attiré l'attention". Soixante ans après le constat garde sa validité, en dépit de quelques contributions notables. C'est ce qui fait le prix de cet essai d'élucidation philosophique. Kojève procède à la décomposition du phénomène, en dégageant quatre types purs d'autorité humaine qu'il met chacun en correspondance avec une théorie : le Père (la scolastique), le Maître (Hegel), le Chef (Aristote), le Juge (Platon). Les formes concrètes de l'autorité représentent des combinaisons de ces types purs. Loin des circonstances qui ont présidé à son élaboration, et que François Terré rappelle dans sa présentation, ce petit livre arrive à point nommé dans le débat d'aujourd'hui autour de la disparition de l'autorité dont la nature reste toujours aussi énigmatique.
Résumé : L'irruption récente de la notion de "post-vérité", désignée comme mot de l'année 2016 par le dictionnaire d'Oxford, a suscité d'innombrables commentaires journalistiques, notamment sur le phénomène des fake news, mais peu de réflexions de fond. Or, cette notion ne concerne pas seulement les liens entre politique et vérité, elle brouille la distinction essentielle du vrai et du faux, portant atteinte à notre capacité à vivre ensemble dans un monde commun. En questionnant les rapports conflictuels entre politique et vérité, Myriam Revault d'Allonnes déconstruit nombre d'approximations et de confusions. Elle montre que le problème majeur de la politique n'est pas celui de sa conformité à la vérité mais qu'il est lié à la constitution de l'opinion publique et à l'exercice du jugement. L'exploration du "régime de vérité" de la politique éclaire ce qui distingue fondamentalement les systèmes démocratiques, exposés en permanence à la dissolution des repères de la certitude, à la tentation du relativisme et à la transformation des "vérités de fait" en opinions, des systèmes totalitaires, où la toute-puissance de l'idéologie fabrique un monde entièrement fictif. Loin d'enrichir le monde, la "post-vérité" appauvrit l'imaginaire social et met en cause les jugements et les expériences sensibles que nous pouvons partager. Il est urgent de prendre conscience de la nature et de la portée du phénomène si nous voulons en conjurer les effets éthiques et politiques.
Lorsque ces Réflexions sur la peine capitale sont parues, en 1957, la guillotine fonctionnait encore en France, pour les crimes de droit commun, et plus souvent encore pour ceux liés à la guerre d'Algérie. Quand ce livre a été mis à jour pour la dernière fois, en 1979, presque vingt ans après la mort d'Albert Camus, la peine de mort était encore en vigueur en France. Moins de deux ans plus tard, Robert Badinter, nommé garde des Sceaux, fit voter l'abolition par le Parlement le 9 octobre 1981. Pour autant, le débat ne s'est pas interrompu. Il s'est déplacé et il s'est élargi, en devenant international. Si l'abolition a prévalu en Europe et gagné du terrain partout dans le monde, la peine de mort est encore appliquée dans de nombreux pays, parfois à grande échelle. Il nous a paru intéressant d'apporter au débat ces Réflexions d'Arthur Koestler et d'Albert Camus qui n'étaient plus disponibles.