Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
SAVOIR TRADITIONNEL, DROITS INTELLECTUELS ET DIALECTIQU
CARNEIRO DA CUNHA M.
ECLAT
10,20 €
Épuisé
EAN :9782841621989
Le vieil homme au corps imposant se leva. D'un air furieux, et regardant toute l'assistance de haut, il prit la parole et dit d'une voix indignée dans un portugais approximatif:"Est-ce que quelqu'un ici peut dire que le honi est la cultura (culture)? Moi je dis que non! Le honi n'est pas la cultura!"" L'énervement du vieux chef Yawanawa à propos de cette boisson hallucinogène qu'est le boni eut lieu en 2005, Tors d'un colloque réunissant plusieurs groupes ethniques amazoniens et dont l'objectif était de fixer le cadre juridique entourant les revendications des droits intellectuels sur les savoirs traditionnels, et sur la manière d'envisager les éventuels avantages dérivés de ces savoirs. Depuis la Convention sur la diversité biologique de 1992, qui s'interrogeait sur la régulation et l'accès aux ressources génétiques, les travaux se sont multipliés sur la nature des savoirs ("traditionnels" comme "scientifiques"), leur statut, leur production et leur circulation - avec en toile de fond, pour les anthropologues, ces questions: le honi, par exemple, fait-il partie (le la culture, ou bien de la nature? La définition occidentale de la notion de "culture" ne serait-elle pas en contradiction avec la manière dont certains peuples considèrent leurs propres régimes de savoir? Jusqu'à quel point le savoir traditionnel peut-il être brevetable, et par qui? À l'aide de nombreux cas concrets, et en analysant les décisions prises par l'ONU, l'UNESCO ou l'UNCED, Manuela Carneiro da Cunha retrace quinze ans de débats sur ces épineuses questions dont l'actualité - écologique comme politique - montre qu'elles n'ont pas toutes - loin s'en faut - trouvé de réponses satisfaisantes.
La Confession de Lúcio - Lúcio Vaz, poète de vingt-trois ans, emprisonné pour un crime qu'il n'a pas commis - demeure d'une extrême modernité. Lors d'une soirée à Paris, chez une étrange Américaine où l'entraîne son ami Gervásio Vila-Nova, il rencontre Ricardo et sa femme Marta. Ami de Ricardo, amant de Marta, Lúcio va se perdre dans une passion destructrice : "A travers sa jouissance, maintenant, c'était comme si, en baisers monstrueux, je possédais aussi tous les corps qui passaient sur le sien." La disparition mystérieuse de Ricardo et de Marta fera conclure au crime passionnel... mais Marta et Ricardo ont-ils une autre existence que fantasmatique ? "Confession sulfureuse, écrivait Michel Nuridsany dans Le Figaro Littéraire, très étonnante dans son raffinement, la complexité de ce qui est mis en oeuvre dans ce jeu des masques et des miroirs où les passions interdites se servent d'étranges détours pour parvenir peut-être à s'assouvir."
Sa-Carneiro Mario de ; Touati Dominique ; Chandeig
Le 26 avril 1916, à Paris, dans un hôtel de la rue Victor-Massé, Mario de Sâ-Carneiro s'habille en smoking, avale de la strychnine et attend la mort. Il a vingt-six ans et laisse un roman, deux recueils de nouvelles et de nombreux poèmes. De Mario de Sà-Carneiro, La Différence a publié Ciel en feu, La Confession de Lùcio et Prémices, c'est-à-dire l'ensemble de son ?uvre.
Depuis la parution de Eichmann à Jérusalem de Hannah Arendt en 1962, le concept central du livre, la « banalité du mal », a fait l?objet de très nombreuses polémiques et discussions, dont les pièces sont données en appendice de ce volume. Mais aujourd?hui, à l?occasion du 50ème anniversaire du procès Eichmann, des historiens, des psychiatres, des écrivains et des philosophes engagent un débat posthume avec l?auteur du « reportage», autour des destins de ce concept, qui a permis de méditer les écrits et dires des exécuteurs et des rescapés, mais n?a pas résolu l?énigme de cette banalisation des bourreaux, qui a transformé ces criminels exterminateurs en « hommes ordinaires ». Comment la banalisation de la « banalité du mal » a-t-elle joué contre le sens de la formule est au coeur de la discussion contemporaine.
Dans le domaine métaphysique, le philosophe et théologien médiéval Guillaume d'Occam énonça des préceptes de simplicité passés à la postérité sous le nom de " Rasoir d'Occam " et sous la forme d'une injonction: Il ne faut pas multiplier les êtres et les principes d'explication au-delà de ce qui est nécessaire. Le " Rasoir de Kant " fait jouer ce même principe d'économie dans le domaine moral, et permet ainsi de dessiner les contours d'une éthique minimaliste, mais non moins propre à la vie sociale. Plus de deux cents ans après Diderot, Ruwen Ogien repose, à sa manière, la question du Supplément au voyage de Bougainville concernant les " inconvénients d'attacher des idées morales à certaines actions qui n'en comportent pas ", et soumet la réflexion morale à un diagnostic qui décevra sans doute les amateurs de certitude, mais réjouira ceux qui se refusent à la réduire au moralisme ambiant.
Dans ce long inédit, Benjamin Fondane révèle les implications philosophiques révolutionnaires qui découlent des travaux de Lévy-Bruhl (1857-1939) sur la mentalité primitive. En mettant à jour les mécanismes d'une logique différente, Lévy-Bruhl fait voler en éclat l'universalité de la logique d'Aristote sur laquelle repose notre pensée occidentale. Dès lors cette logique n'est rien d'autre qu'une arme politique qui fonde l'hégémonie de la rationalité. La démonstration de Fondane est implacable et bouleverse notre conception de la philosophie. Il nous incite à reconsidérer nos manières de penser et de vivre sous la contrainte de la raison, faisant écho à une tradition non aristotélicienne qu'incarnent des penseurs comme Michelstaedter, Lukasiewicz ou Alfred Korzybski.
La géométrie non euclidienne fut non seulement un bouleversement sans précédent dans l'histoire des mathématiques, mais également une bouffée d'air pur pour les partisans d'une "vérité sans les dogmes". Par ce "non" augmentatif, elle affirmait l'existence d'un en-dehors de l'Être, vingt-quatre siècles après le Parménide de Platon, et plaçait, more geometrico, la philosophie dans l'espace de la spiritualité occidentale, ouvrant la voie à la liberté dans le domaine des sciences rigoureuses. C'est aux implications philosophiques de cette révolution mathématique qu'est consacré l'essai d'Imre Toth, qui étudie également certains aspects de la pensée de Gottlob Frege, farouche adversaire de la géométrie non euclidienne, pour en démontrer les impasses et les fourvoiements.