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Les cahiers du Rhône dans la guerre (1941-1945). La Résistance du "Glaive de l'Esprit"
Cariguel Olivier
AP FRIBOURG
24,70 €
Épuisé
EAN :9782940715022
Les Cahiers du Rhône contribuèrent au renouveau de l'édition suisse romande, véritable relais de l'édition française pendant la Deuxième guerre mondiale. Créés en 1942, ils furent dirigés par Albert Béguin et édités par Hermann Hauser, le directeur des Editions de la Baconnière. Divisés en trois séries - bleue, blanche, rouge -, résolument tournés vers la France occupée, ils ont accueilli de grands poètes et écrivains : Aragon y publia Les yeux d'Elsa, Eluard, Poésie et Vérité 1942 (avec le célèbre poème "Liberté"), Saint-John Perse, Exil. Parallèlement, des cahiers de doctrine, plus politiques, développèrent une vision personnaliste et humaniste de l'Homme pris dans l'étau des idéologies nazie et pétainiste. A travers la fabrication quotidienne et la diffusion tant légale que clandestine, l'aventure des Cahiers du Rhône fourmille de démêlés avec les censures suisse et française, victimes du jeu savoureux de "berne-censure". Armés du "Glaive de l'esprit", les Cahiers du Rhône participaient à ce qu'on a appelé en 1945 la "Poésie de la Résistance", à savoir "une résistance à l'air libre" qui s'accomodait des conditions légales de parution tout en ayant recours à une écriture codée. A partir des archives de la Baconnière, du fonds Albert Béguin et des documents de la censure fédérale, Olivier Cariguel a reconstitué l'histoire éditoriale et politique de la collection destinée aux jeunes générations dont Bernard Anthonioz, le secrétaire de rédaction, est le symbole. Ce fut un "refuge de la pensée libre" qui permet de découvrir une vigilance méconnue et exemplaire de la Suisse romande chez quelques-uns de ses citoyens, intellectuels opposés à toute compromission en dépit de la sacro-sainte neutralité officielle. "Tout ce que nous avons pu faire pour que la neutralité politique ne dégénérât pas en neutralité morale, il fallait le faire" tranchera Albert Béguin en 1946.
Cariguel Olivier ; Renaudot Patrick ; Bertrand Jea
Avant-propos de Jean-Paul Bertrand président des éditions du Rocher Le rocher historique par Olivier Cariguel Le nouveau rocher par Patrick Renaudot Annexes Liste des auteurs publiés aux éditions du rocher
Résumé : Arrivée à Petrograd au cours de l'été 1915, Marylie Markovitch, envoyée spéciale du Petit Journal et correspondante de la Revue des Deux Mondes, était probablement la seule journaliste française en Russie à ce moment-là. Elle a sillonné les tranchées et les lignes de fronts pendant plusieurs mois. De retour dans la capitale de l'empire des tsars, elle se trouve aux premières loges des sursauts de février 1917. Témoin privilégiée introduite auprès de la cour et des dirigeants, elle interviewe les ministres des gouvernements successifs et livre ce qu'elle voit. Affrontements entre la police, les militaires et les manifestants, défections des régiments, abdication de Nicolas II, perquisitions, mises à sac de bâtiments officiels, arrestations, rien de l'agitation insurrectionnelle n'échappe à cette reporter de guerre. Elle capte l'émotion politique, assiste à la première harangue de Lénine et s'entretient avec les socialistes français dépêchés en Russie. En dépit des censures russe et française, elle dépeint avec un don visionnaire la fièvre révolutionnaire et une inexorable glissade vers le chaos. Edition établie et présentée par Olivier Cariguel
Il fallait toute la malice d'un Louis Gillet pour parvenir à introduire un auteur interdit de publication aux Etats-Unis pour obscénité dans le bastion de la littérature officielle et académique. Le premier, il a parlé au grand public de James Joyce, depuis la tribune de la Revue des Deux Mondes où il tenait la chronique "Littératures étrangères". Recueil principalement constitué de trois études critiques, augmenté d'articles de presse, Stèle pour James Joyce décrit les étapes d'un voyage, une sorte d'odyssée. Louis Gillet explique ici l'ouvre d'un des plus grands romanciers du XXe siècle et en dégage toute sa beauté et sa grandeur. Un livre-clé écrit dans une langue souple qui est à la fois une biographie, une aventure intellectuelle de quinze années et surtout l'histoire d'une conversion - d'une froide suspicion à l'admiration la plus totale. Une introduction particulièrement claire à une oeuvre majeure du XXe siècle.
Disséminées sous l'Occupation sur trois continents, 85 revues littéraires légales et clandestines ont animé la vie littéraire française. Leur activité, leur fonctionnement et leur rôle restaient jusqu'à présent méconnus. Dans ce panorama, 85 fiches signalétiques et critiques donnent le sommaire intégral des numéros parus et parfois non parus. 48 000 pages ont été consultées pour une somme de 840 numéros. Chaque fiche est enrichie d'une notice historique inédite. Fondée sur les archives du ministère de l'Information et du ministère des Affaires étrangères ainsi que sur des archives allemandes et sur de nombreux témoignages d'animateurs de revues, cette étude ouvre les arcanes de la Résistance qualifiée de " littéraire ", entre clandestinité et légalité subversive.
Canton rural, Fribourg, sous la République chrétienne, vit néanmoins sa propre révolution industrielle, entraînant avec elle son inévitable contingent d'ouvriers. Ceux-ci ont-ils conscience de leur appartenance à une classe sociale ? Luttentils pour leur émancipation ? Désireux de répondre à ces questions, Pierre Jenny met en lumière un pan d'une autre histoire fribourgeoise, celle des premiers militants de gauche. Parmi eux, un homme : Joseph Meckler. Issu du prolétariat rural, il arrive à Fribourg en 1855. Après deux ans et demi d'école, il entre comme manoeuvre aux chemins de fer, poste qu'il occupera toute sa vie. Sensible aux idées de la Première Internationale, il décide de réagir à la précarisation du prolétariat et se lance dans le militantisme politique. Anarchiste, socialiste, syndicaliste, correspondant ou conférencier, cet ouvrier sera de tous les combats avec un seul objectif en tête : l'émancipation des travailleurs. En cadeau au jeune parti socialiste de Fribourg, il lègue ses mémoires de militant, si précieuses pour l'historiographie et pourtant longtemps oubliées. Le livre de Pierre Jenny offre une plongée passionnante dans le microcosme ouvrier fribourgeois au tournant du 20e siècle. Par de minutieuses recherches dans les archives ouvrières, la presse de l'époque et grâce au manuscrit de Meckler, il dépeint les balbutiements de ces premiers militants. Surveillés, encadrés, ceux-ci sont souvent malmenés, aussi bien par les conservateurs qui craignent de voir leur ville se teinter de rouge, que par les anciens alliés radicaux, mécontents de constater qu'une partie de leur électorat s'affranchit de la tutelle bourgeoise. Ces militants de la première heure peinent à trouver une cohésion. Ce n'est qu'en 1905 que le parti socialiste émerge de cette nébuleuse de sociétés ouvrières et prend en mains les destinées de la gauche fribourgeoise qu'on peut déjà qualifier de plurielle. Un siècle plus tard, Joseph Meckler et ses mémoires entrent dans l'histoire.
Le coucher de soleil est un classique des cartes postales. Mais pourquoi choisir une scène qui indique un déclin, un achèvement ? Parce que le spectacle émeut. Le soleil teinte le ciel une dernière fois, dans un mélange audacieux de couleurs. Il nous irradie avec ses rayons affaiblis, avant de céder la place à la nuit et à son immensité. Ainsi, la personne souffrant de la maladie d'Alzheimer quitte le monde de l'efficacité, de la rentabilité, de la promptitude, de la maîtrise. Mais elle se rapproche d'autres trésors : le silence, la fragilité, l'abandon confiant, la simplicité. Ce dépouillement imposé pourra enrichir son entourage, qui apprendra peut-être la patience, la persévérance, la générosité, la gratuité. La réalité qui s'impose au malade et à ses proches est celle d'une vie définitivement passée. C'est aussi celle de l'émergence d'une nouvelle vie. Pleine de sens cachés, réservée, plus obscure, cette vie rayonne également, à sa manière. Différente, déstabilisante, elle nous déconcerte et nous remet en question. Elle suscite parfois la déception et la nostalgie, dans son irréversibilité. Elle n'en demeure pas moins belle, marquante, émouvante et décisive. Comme toute vie, en somme. C'est ce que montreront des expériences et des témoignages (1re section), des études plus philosophiques et théologiques (2e section), et des réflexions plus personnelles (3e section et conclusion).
Dans les années qui suivent la mise au point de l'anesthésie (1846), la recherche médicale connaît une période de grande effervescence : les débuts de l'antisepsie (1867) et le développement de l'asepsie, l'identification des microbes par Louis Pasteur (1878) et la naissance de la bactériologie, la découverte des rayons X (1895) ou de la première vitamine (1897) contribuent à donner une image triomphante de la médecine. Mais qu'en est-il dans la réalité du terrain, loin des grands laboratoires où les progrès semblent se succéder à un rythme effréné? Répondant à cette question pour le canton de Fribourg, l'ouvrage d'Alain Bosson invite le lecteur à la découverte de la vie quotidienne des médecins de cette époque, et analyse les difficiles conditions de l'exercice de la médecine dans un canton rural : le manque chronique d'effectifs médicaux, l'inefficacité de certaines thérapies, la méfiance des patients, l'attachement de la population à des croyances et à des savoirs ancestraux, la concurrence des charlatans de grand chemin ou des guérisseurs et rhabilleurs locaux, rendent la tâche du médecin très délicate et contrastent avec l'image d'une médecine conquérante. Dans un style évitant le jargon, fluide et non dénué de pittoresque, l'auteur éclaire un domaine méconnu de l'histoire fribourgeoise, retraçant l'émergence d'une profession en pleine évolution, en lutte à la fois pour la reconnaissance de son statut et pour la cause de la médecine.
La Ligue marxiste révolutionnaire est intimement liée aux contestations politiques suisses des années 1970 et son organe, La Brèche, a marqué par ses écrits mordants toute une génération, membres ou non de la LMR. Grâce à des archives inédites de militants de la première heure, ce travail permet de reconstituer le processus de contestation au sein du POP vaudois qui mènera à la création de la LMR en automne 1969. Cette enquête palpitante retrace également les origines des sections en Suisse romande et au Tessin et analyse les structures et le fonctionnement de l'organisation trotskiste. La politique d'information et de publications de la LMR est abordée par une étude systématique de La Brèche qui souligne, non sans quelques surprises, l'évolution de certains thèmes sensibles (antimilitarisme, féminisme, écologie). Cette analyse fournit également des données extrêmement riches sur la vie et la stratégie de l'organisation, prise aux confluents de la réalité suisse et des contingences idéologiques. Dans la dernière partie de son ouvrage et sur la base d'une vingtaine d'interviews, Benoît Challand propose une lecture originale de la vie militante au sein de la LMR. Recrutement, qualité de la formation politique, flux et reflux des sections, succession d'une première et deuxième générations de membres, surcharges militantes, actions clandestines : autant de thèmes abordés ici qui jettent une nouvelle lumière sur cette organisation souvent entourée d'un halo de mystère. Le souci constant de comprendre et de faire comprendre la vie interne de la LMR est peut-être le trait le plus novateur de cette recherche. L'ouvrage, rédigé dans un style vif et concis, ouvre de nouvelles perspectives sur l'histoire du temps présent et espère susciter un écho dans d'autres études consacrées aux mouvements politiques organisés dans la Suisse contemporaine.