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Médiactivistes. 2e édition revue et augmentée
Cardon Dominique ; Granjon Fabien
SCIENCES PO
14,00 €
Épuisé
EAN :9782724614312
En réaction à la concentration de la production d'information entre les mains de puissants conglomérats de presse, un "médiactivisme" s'est développé tout au long du XXe siècle jusqu'à nos jours. Dès l'origine, Il a pris deux voies parallèles : celle d'un combat contre l'hégémonie culturelle des médias traditionnels, et celle de la production d'un autre type d'information, sur des bases militantes, locales ou communautaires. Alternatif ou militant, ce médiactivisme n'a cessé de s'adapter aux mutations de l'espace journalistique et du répertoire de l'action collective. Cette histoire des médias alternatifs depuis les années 1960 met en lumière la grande diversité des expériences, qu'il s'agisse de la création de journaux révolutionnaires, de médias communautaires, de radios libres, d'agences de presse dans les pays du Sud, ou, plus récemment, d'un activime qui s'exprime sur internet.
L'entrée du numérique dans nos sociétés est souvent comparée aux grandes ruptures technologiques des révolutions industrielles. En réalité, c'est avec l'invention de l'imprimerie que la comparaison s'impose, car la révolution digitale est avant tout d'ordre cognitif. Elle est venue insérer des connaissances et des informations dans tous les aspects de nos vies. Jusqu'aux machines, qu'elle est en train de rendre intelligentes. Si nous fabriquons le numérique, il nous fabrique aussi. Voilà pourquoi il est indispensable que nous nous forgions une culture numérique.
Disparition de l'espace privé, incitation à la diffamation, menaces sur l'avenir de la presse: dans de nombreux débats, Internet fait figure de coupable. Mais, bien plus qu'un média de communication et d'information, Internet est une forme politique à part entière. En décloisonnant le débat et en l'ouvrant à de nouveaux participants, Internet renouvelle les possibilités de critique et d'action. Surtout, le web constitue à l'échelle planétaire un laboratoire d'expériences démocratiques: auto-organisation des citoyens, délibération élargie à de nouveaux publics, mise en place de collectifs transnationaux, socialisation du savoir, etc. Internet ne permet pas seulement de communiquer davantage; il élargit formidablement l'espace public et transforme la nature même de la démocratie. Avant de la célébrer ou de la dénigrer, il faut penser la révolution numérique.
Les couleurs, pour Antoine Janot, c'est son métier. Encore enfant, avec son père, il a appris à sentir l'odeur de la cuve de pastel, tâter le goût du bain avant d'y plonger le tissu pour le bleuir. Plus tard, il s'est musclé les bras à tourner les lourdes pièces de lainage dans les chaudrons bouillants des rougies de cochenille. Il est un de ces maîtres-teinturiers dont les couleurs éclatantes assurent l'engouement pour les draps du Languedoc aux Echelles du Levant. Alors, quand le nouvel inspecteur des manufactures nommé à Saint-Chinian vient lui confisquer une pièce d'écarlate sous prétexte que son rouge est affamé, Antoine Janot décide de ne pas se laisser faire. Il rédige un mémoire garni d'échantillons pour expliquer comment il obtient toutes ces couleurs, et il l'envoie à Montpellier, à l'Intendant du Roi en Languedoc, avec une lettre dénonçant les abus de pouvoir de l'inspecteur. Pavé dans la mare. Les remous provoqués vont faire repérer Janot jusqu'à Versailles comme un " aventurier sujet à caution, aussi inquiet, aussi haut et aussi dangereux qu'il est bon teinturier ". Le mémoire, enterré dans les archives, est ici édité, avec deux autres d'Antoine Janot : c'est le plus ancien ensemble connu de recettes de teinture des draps de laine, illustrées d'échantillons, organisées systématiquement dans l'ordre des opérations techniques permettant d'obtenir toutes les gammes de coloris grand teint avec les colorants naturels. Leur étude technologique et colorimétrique, proposée par Dominique Cardon, veut inspirer les passionnées et passionnés de couleur et ouvrir de nouvelles voies pour ressusciter les couleurs de l'ère des Lumières.
Extrait PREMIÈRE PARTIE L'ART DE LA TEINTURE Dans les parties suivantes de ce livre, on va trouver de nombreuses descriptions des méthodes de teinture mises au point, à diverses époques, par les teinturières et teinturiers de différents continents pour extraire de leur mieux les colorants des plantes et de certains animaux disponibles dans leur environnement et pour les fixer sur une grande variété de supports, principalement textiles. Ces recettes - on ne tardera pas à le remarquer - présentent souvent des parallèles étonnants d'une civilisation à l'autre. Comment l'expliquer ? Sans doute parce que ces virtuoses de la couleur qu'étaient les teinturiers ont, grâce à leurs dons d'observation, reconnu l'existence de groupes de substances qu'ils avaient avantage à préparer chacun d'une manière différente. Nous savons aujourd'hui que ces distinctions techniques correspondent à des différences de compositions chimiques. La teinture est, effectivement, un domaine de l'activité créatrice humaine où peut se vérifier rapidement, à l'oeil nu, la validité des procédés mis en oeuvre : la couleur apparaît ou n'apparaît pas, reste ou ne reste pas sur la fibre ou le tissu. Pourtant, il ne suffit pas de savoir pratiquer pour pouvoir expliquer tout ce qui se passe. Très tôt, des esprits curieux - pré-alchimistes mésopotamiens, alchimistes grecs et égyptiens - se sont intéressés aux phénomènes de la teinture et ont cherché à en percer les mystères. À l'avènement de la chimie moderne, ces problèmes sont toujours au coeur des préoccupations des chimistes européens des XVIIIe et XIXe siècles : Claude-Louis Berthollet (1748-1822), Michel-Eugène Chevreul (1786-1889), August Wilhelm von Hofmann (1818-1892), William Henry Perkin (1838-1907). Ces recherches mèneront, en fait, à l'invention des teintures synthétiques. À leur tour, les réactions de ces dernières avec les fibres, d'abord naturelles, puis synthétiques elles aussi vont être très étudiées et sont maintenant assez bien comprises. Mais la teinture par les colorants naturels est encore plus complexe. D'abord parce que ces colorants sont constitués de groupes parfois très nombreux de molécules dont beaucoup ne sont pas encore connues. Mais aussi parce que ces molécules colorantes n'ont souvent qu'une faible affinité chimique avec les fibres textiles et qu'il faut employer pour les fixer d'autres substances - «mordants», «adjuvants» - dont le rôle exact, c'est-à-dire les réactions avec les colorants et les fibres ne sont pas encore complètement élucidées. À notre époque où les hommes voyagent dans l'espace et finissent de percer les secrets de l'atome et du génome, il reste donc encore beaucoup de recherches interdisciplinaires à mener pour offrir une explication scientifique assurée de l'ensemble des processus qui permettent de fixer les colorants extraits de tel ou tel organisme vivant sur telle ou telle fibre textile. Parmi les voies d'approche, figure évidemment l'étude approfondie des méthodes traditionnelles de teinture. Aussi, pour permettre de mieux évaluer la validité des procédés anciens décrits dans la suite de ce livre, cette première partie offre d'abord un exposé synthétique des techniques de préparation des fibres textiles et de leur teinture par les colorants naturels, puis retrace les étapes de la découverte et de l'adoption des différents mordants. (...)
Les grandes puissances reprennent leur compétition stratégique, Donald Trump répand sa vision isolationniste du monde, le terrorisme s'internationalise, la Chine devient le nouveau géant, la Russie retrouve son agressivité, les guerres se font cybernétiques... Autant de signes que l'ordre international tel que nous le connaissons a vécu. Si un terme devait résumer la période charnière que nous vivons, ce serait celui du recul des relations internationales : recul de la sécurité, de la stabilité et du multilatéralisme. Pour mieux comprendre la reconfiguration en cours du système mondial, cet ouvrage de référence présente, de manière pédagogique et critique, les concepts fondamentaux des études de stratégie et de sécurité, et revient sur les mutations du caractère de la guerre, les possibilités de régulation des conflits et les stratégies de paix au XXIe siècle.
L'entrée du numérique dans nos sociétés est souvent comparée aux grandes ruptures technologiques des révolutions industrielles. En réalité, c'est avec l'invention de l'imprimerie que la comparaison s'impose, car la révolution digitale est avant tout d'ordre cognitif. Elle est venue insérer des connaissances et des informations dans tous les aspects de nos vies. Jusqu'aux machines, qu'elle est en train de rendre intelligentes. Si nous fabriquons le numérique, il nous fabrique aussi. Voilà pourquoi il est indispensable que nous nous forgions une culture numérique.
La terre prodigue ses ressources et confère la puissance à ceux qui se l'approprient. Les sociétés n'ont eu de cesse de se battre et de mourir pour elle : conquêtes, guerres civiles, autoritarismes, etc. Des fascismes européens aux dictatures latino-américaines, de la révolution chinoise aux guérillas colombiennes, combien de séquences politiques ont eu pour arrière-plan une terre mal distribuée ? Des Etats-Unis de la guerre froide à la Chine et la Russie d'aujourd'hui en passant par les pays du Golfe, combien de pays ont exprimé leur volonté de domination et de sécurité par une emprise foncière ? Des Kurdes aux Tibétains, des Palestiniens aux Ouïgours, combien de peuples ont vu leurs terres se dérober et leur rêve de reconnaissance s'évanouir ? Pierre Blanc réexamine l'histoire contemporaine en plaçant la question foncière au coeur des logiques de pouvoir.
Le rejet du Traité constitutionnel européen en 2005 par les peuples français et néerlandais, suivi du "non" irlandais de 2008 et du Brexit de 2016, a plongé l'Union européenne dans une crise grave. II a fait resurgir doutes et incertitudes quant à sa nature institutionnelle, à la répartition des pouvoirs, à la place des citoyens et des opinions et à sa capacité à faire face aux enjeux mondiaux actuels. Comprendre cette crise, et ses répercussions profondes sur la politique des Etats membres, exige d'affronter la complexité de l'Union, sans en exagérer la portée. Ce livre a pour ambition de mettre en évidence la cohérence et l'originalité du régime politique européen. Il analyse la nature de la "fédération d'Etats" et montre comment les conflits de compétence sont résolus en son sein. Il revient sur l'équilibre institutionnel original du "modèle communautaire" et sur les mécanismes de décision qu'il génère. Il se penche sur la "vie politique" qui s'ébauche dans l'Union et s'interroge sur la manière dont cette fédération d'Etats peut devenir pleinement démocratique. Dépassant les dichotomies classiques et posant le compromis comme principe constitutif de la vie politique européenne, cet ouvrage constitue une véritable référence qui permet de mieux saisir les enjeux de l'Union européenne.