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Emmanuel Levinas et le christianisme
Capelle-Dumont Philippe
CERF
18,00 €
Épuisé
EAN :9782204174879
Le christianisme, plus qu'un thème de l'oeuvre levinassienne, fut un partenaire de son élaboration. Le présent ouvrage traduit ainsi un itinéraire d'exception où les déterminations philosophiques et religieuses se sont nouées dans l'hospitalité d'une altérité elle-même en mouvement. Emmanuel Levinas et le christianisme, ce fut d'abord un chemin spéculatif décisif où, sur la recommandation à la fois de Jean Héring, professeur de philosophie à la faculté de théologie protestante de l'université de Strasbourg, et de son collègue l'abbé Emile Baudin, professeur de philosophie à la faculté de théologie catholique, le jeune Levinas, alors étudiant, put s'approcher de Husserl et de Heidegger à l'université de Fribourg-en-Brisgau dès l'automne 1927, ouvrant avec et grâce à ses premiers maîtres un destin à la "phénoménologie française" . Resté pudique dans sa relation au christianisme, évitant les querelles théologiques abstraites, Levinas aura participé activement à maints événements judéo-chrétiens, notamment dans le cadre des "Amitiés judéo-chrétiennes" ou lors des "Colloques Castelli" de Rome, travaillant dans un compagnonnage assidu avec Paul Ricoeur, Michel Henry, Bernhard Casper et tant d'autres, à la compréhension renouvelée des phénomènes religieux, intervenant non moins aux séminaires philosophiques animés par le pape philosophe Jean-Paul II. Dans un contexte d'après-guerre singulièrement blessé, puisant dans les mémoires théoriques oubliées et s'exerçant par-delà les modes philosophiques successives, le regard du philosophe juif sur le christianisme tout comme la réception de son oeuvre chez maints penseurs chrétiens, ont suscité un moment inventif de la pensée contemporaine. Professeur émérite des universités, philosophe et théologien, doyen honoraire de la Faculté de philosophie de l'Institut catholique de Paris, chercheur associé à l'Université de Paris-Sorbonne (Collège des études juives-Centre Emmanuel Levinas) et ancien président de l'Académie catholique de France, Philippe Capelle-Dumont est l'auteur d'une cinquantaine d'ouvrages dont certains sont traduits en plusieurs langues. Il a reçu le Grand Prix Grente de l'Académie française pour l'ensemble de son oeuvre.
Résumé : L'oeuvre de Jean-Luc Marion de l'Académie française, s'est progressivement imposée sur la scène philosophique française et internationale depuis plus de trois décennies. Successeur d'Emmanuel Levinas à la chaire de métaphysique de Paris-IV Sorbonne (1995-2011) et successeur de Paul Ricoeur à l'University of Chicago (2003-2011), il occupe aujourd'hui, succédant à David Tracy, la chaire de théologie fondamentale de cette même université américaine, ainsi que la Chaire Domi- nique Dubarle : "Philosophie et théologie" de l'Institut catholique de Paris. Lorsqu'il récapitule son itinéraire de recherche, J-L Marion distingue trois "moments " : les études cartésiennes, la phénoménologie et la théologie. De nombreux travaux, plusieurs thèses de doctorat lui ont été déjà consacrés dans ces différents champs où elle continue cependant de s'élaborer, suscitant l'admiration, mais aussi, le plus souvent en raison de sa haute technicité conceptuelle, de lourdes incompréhensions. Le présent ouvrage, issu d'une séance publique de débats et intégrant les "réponses" du principal intéressé, n'a pas pour seule ambition de lever celles-ci ; en ouvrant les trois volets de l'oeuvre, il engage un dialogue direct avec l'auteur, interrogeant l'une des pensées philosophiques les plus fécondes de notre temps.
Nous présentons la première Anthologie des relations entre la philosophie et la théologie. Réalisée selon l'intention de la collection qui la recueille, elle s'est donnée pour objet de rassembler la mémoire ample et riche mais oubliée, parfois dissimulée, d'une détermination plurielle et fondatrice de l'histoire des idées et des pratiques occidentales. Réunissant de façon quasi exhaustive et critique les grands textes témoins, de la naissance de la philosophie à nos jours, d'une corrélation ainsi diversifiée mais continuée, elle voudrait contribuer à la tâche de clarification des thèmes et des concepts qui structurent notre épistèmê, inspirent notre travail de connaissance et informent nos logiques d'action. Les quatre tomes qui la constituent ont été élaborés selon les quatre grandes périodes historiques dont nous avons voulu assumer précisément les limites et les seuils. Ce premier tome, consacré à la période antique, débute ainsi avec le moment Platon (IVe siècle avant J.-C.) et s'achève avec "Jean Damascène" (VIIe-VIIIe siècle après J.-C.). Formé de vingt-neuf notices (Aristote, stoïciens, épicuriens, Justin, Irénée de Lyon, Tertullien, Clément d'Alexandrie, Origène, Plotin, Porphyre, Lactance, Grégoire de Nysse, Ambroise, Augustin, Proclus, Denys, Boèce...), il restitue, selon un ordonnancement chronologique et par une présentation critique des corpus fondamentaux, les premières théorisations, mais aussi les premières grandes métamorphoses d'une relation dont les traits paradigmatiques n'ont pas seulement orienté les âges scolastique et moderne, mais aussi nous délivrent une inspiration aujourd'hui encore inouïe.
Résumé : Les inquiétudes qui pèsent sur le destin européen et mondial du christianisme ont franchi le seuil de la dramatique : crise mordante de la foi, déficit culturel brutal de sa mémoire bimillénaire, déritualisation globale, dénaturation du sacerdoce, effets-retard d'un anti-intellectualisme exacerbé. L'auteur les décline lucidement, tout en relevant leur corrélation avec la marche vacillante des sociétés contemporaines : crise anthropologique inédite, emprise numérique, montée en puissance des oligarchies, communautarisation des comportements, hégémonies politico-religieuses. Les signes de l'alerte étaient depuis longtemps nombreux et convergents. Ils se manifestent aujourd'hui selon leur caractère aggravant, irréductible aux préoccupations qui avaient jusque-là traversé la grande histoire de l'Eglise et des peuples. En finir avec la rhétorique des consolations autant qu'avec les marchands du pire, dénoncer les effets du Malin en embuscade pour aiguillonner une espérance qui ne diffère pas : l'impératif est proportionné à l'exercice de discernement qu'impose, en plusieurs régions du globe, un contexte de dernière chance. A l'écart des réponses précipitées, alors qu'il est rivé entre périls et résistances, l'avenir du catholicisme se jouera non pas dans l'affichage candide d'une "proposition", mais dans l'énergie évangélique de l'"invitation". Sur cette voie seule, une renaissance spirituelle est pensable au sein d'une humanité qui attend, au milieu des troubles, une révélation.