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EQUIVOQUES ET TOURMENTS DE L UTOPIE
CAPDEVILA
PUB SORBONNE
22,00 €
Épuisé
EAN :9782859449278
L'histoire de l'Union soviétique a prétendu réaliser l'utopie avant d'en confirmer l'impossibilité. Le présent livre développe cette ambivalence en faisant jouer la polysémie de l'idée d'utopie (négativité, rêve, projet, illusion) et en reproduisant le conflit entre l'utopiste et l'anti-utopiste sous la forme des tourments de la conscience utopique, où la limite entre la libération et l'oppression devient énigmatique. Conceptualiser l'utopie, c'est construire un espace conflictuel de prises de position. Elle apparaît comme l'effet changeant des rencontres conjoncturelles entre des visions contradictoires du monde social et politique. Sa polarité dans l'imaginaire avec l'idéologie est le point d'articulation entre la politique et l'histoire comme processus ouvert, incertain et non totalisable. Elle existe alors sous la forme d'un travail de l'espérance, conçu comme une interprétation et une intervention dans des conjonctures jugées oppressives, même si son contenu reste indéterminé et controversé. L'incapacité où se trouve la conscience moderne de tracer une ligne de démarcation entre le possible et l'impossible, l'utopie, l'idéologie et le réel, explique qu'un concept d'utopie soit à la fois problématique et indispensable.
Une pochette contenant 8 silhouettes découpées à gratter grâce aux modèles et pas à pas fournis dans le livre ainsi qu'au stylet en bois. De beaux dessins multicolores de licornes pour jouer ou décorer sa chambre.
Quel est le rapport entre théorie et politique chez Tocqueville? Il veut analyser la démocratie "elle-même" de manière objective. Mais la démocratie est d'abord une "grande révolution" dont l'issue est indéterminée. Comment dès lors comprendre ce qu'elle "est" sans tenir compte des prises de position politiques qui ambitionnent d'en fixer les limites pour la distinguer de ce qui lui ressemble (la révolution, la démagogie ou l'anarchie)? Ce livre examine des interventions polémiques de Tocqueville aux frontières internes et externes de la démocratie à propos des inégalités entre gouvernants et gouvernés, entre les races, les classes et les sexes. Bien qu'elles nous paraissent parfois marquées par les préjugés de son temps, elles sont essentielles sur le plan théorique parce que Tocqueville y affronte d'autres démocrates autoproclamés qui prétendent eux aussi déterminer ce qu'est la "vraie" démocratie. Ces conflits pour l'usage légitime des mots "démocratie", "égalité", "révolution" ou "liberté" montrent, à l'encontre des proclamations d'impartialité de Tocqueville, qu'il ne peut étudier la démocratie sans mener une lutte politique parce que son "être" n'est pas donné mais construit.
Résumé : Peinture décorative, effets de matières, glacis, imitation marbre, collage, craquelures, cire, vernis, dorure... Voici des techniques simples, expliquées de façon détaillée, pas à pas, photos à l'appui, pour transformer le plus banal des objets de bois blanc en une pièce unique à offrir à ceux que vous aimez.
Dans cette étude, De l'esprit des lois est abordé sous l'angle théorique d'une science nouvelle ayant pour objet les institutions humaines, puis sous l'angle politique d'un recensement des moyens disponibles pour freiner le passage au despotisme.
Résumé : Comment définir la famille en Grèce ancienne ? Qui invite-t-on chez soi ? Suivant quelles modalités ? Pourquoi ? Longtemps, les historiens ont exclu la famille du champ d'étude de la sociabilité, considérant qu'elle relevait de la sphère privée. L'analyse de célébrations ritualisées et normées, le plus souvent festives (mariage, naissance, décès ; sacrifices, banquets, processions, danses, chants), entre parents, amis et voisins, autrement dit entre familiers (oikeioi), ainsi que des discours qui y font référence (tragédies, comédies, plaidoyers civils, discours philosophiques, lois), conduit cependant à éclairer des formes de sociabilité plus ou moins formelle propres à appréhender la composition de la famille grecque dans l'Antiquité, son ouverture, ses limites et à définir ses normes, sa cohésion et son identité par des comportements spécifiques et les liens créés. Elle permet également de situer les individus dans l'oikos en fonction de leur statut, de leur âge et de leur sexe. Les célébrations sont organisées et transformées en spectacle, les relations forgées sont théâtralisées. La famille est ainsi comprise comme un noeud de solidarités organiques et imbriquées, un espace de visibilité sociale aux frontières perméables et floues, plutôt que comme une structure juridique figée et un lieu d'expression du privé à l'intérieur de la cité grecque. Le livre met en lumière les liens qui se nouent et perdurent à l'intérieur de la famille et la manière dont ces relations tissées dans un cadre domestique façonnent des interactions plus larges de la famille à la cité, principalement aux époques archaïque et classique, dans le monde grec. Il pose en définitive la difficile question de la nature de la cité.
Résumé : La différence sexuelle de l'homme et de la femme est-elle un fait physiologique ou un effet des normes sociales ? En 1990, dans Trouble dans le genre, Judith Butler soutient que la catégorie de " sexe " ne décrit pas la différence naturelle de l'homme et de la femme mais la produit, par la répétition des normes du genre que nos discours et nos pratiques sociales véhiculent sans cesse. Pour déconstruire ces catégories naturalisantes d'homme et de femme, Butler inscrit sa critique du sexisme dans une critique globale de l'hétéro-sexisme, c'est-à dire de l'injonction sociale à l'hétérosexualité obligatoire. Trouble dans la matière part du contexte polémique de la réception de Butler en France, dans les cercles où l'on reproche aux études de genre de semer le trouble dans la lutte des classes. L'ouvrage entreprend de mettre en lumière la dimension matérialiste de la thèse butlerienne de la construction discursive du sexe, mais aussi d'interroger, en retour, la fécondité de son analyse du pouvoir des mots pour la critique sociale d'inspiration marxiste. L'exploration de la postérité inédite de Marx qui se dessine entre Althusser et Foucault, au prisme de l'épistémologie de Canguilhem, fait de la construction du " sexe " le point de départ d'une réflexion générale sur la production de la réalité sociale par les discours qui la ressaisissent. L'ouvrage envisage ainsi de penser la matérialité discursive de l'existence sociale, c'est-à-dire la manière dont le discours, esquissant les contours des sujets et des objets qu'il nomme, les constitue socialement comme tels. Il vise, à partir du problème de la construction discursive du sexe, à proposer des éléments pour une épistémologie matérialiste qui considère le pouvoir du discours de produire et de transformer la réalité sociale, et non simplement de la décrire ou de la refléter.
L'immigration algérienne des années 1950-1970 est souvent associée à un stéréotype, celui d'hommes seuls, débarqués par bateau à Marseille, logés dans des foyers Sonacotra ou des bidonvilles, à proximité de l'usine où ils travaillent. Ce cliché repose largement sur l'idée que le regroupement familial n'a été instauré qu'en 1976, après avoir mis fin à l'immigration de travail, et a conduit les partisans d'une politique migratoire restrictive à présenter l'immigration familiale comme l'origine des difficultés sociales qui affectent les banlieues populaires au début des années 1980. Pourtant, plus de 80000 familles algériennes vivaient déjà en France à cette époque. Au croisement de l'histoire coloniale, urbaine et des migrations, cet ouvrage retrace les trajectoires des premières familles algériennes installées en France, principalement à Nanterre et dans l'ouest de la région parisienne. Il mobilise à la fois des archives administratives, pour appréhender les politiques publiques mises en place à l'égard de ces familles, mais aussi des dossiers de regroupement familial, des entretiens ainsi que les archives privées de Monique Nerva ? une figure militante qui s'est installée dans le bidonville de la Folie à Nanterre dès 1959 ?, pour saisir l'expérience vécue par ces populations. Ces matériaux, en partie inédits, dessinent une autre image de l'immigration algérienne, où se côtoient les familles des bidonvilles, qui font pour certaines partie intégrante de la société de consommation, et les familles "invisibles", lesquelles, comme les ouvriers français, connaissent les logements trop petits, les taudis, mais aussi, parfois, les logements sociaux. Malgré tout, l'existence même des bidonvilles et de quelques segments du parc social concentrant des Algériens a servi de prétexte au développement d'une politique d'immigration spécifique, qui limite l'arrivée des familles algériennes après l'indépendance. A la fin des années 1970, les tentatives visant à exclure les Algériens du territoire échouent, mais le contexte de la crise économique, les discours hostiles et les pratiques discriminatoires à leur égard entraînent une rupture du processus d'intégration socio-économique amorcé au cours des années 1960.