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Langue
Canut Cécile
ANAMOSA
9,00 €
Épuisé
EAN :9782381910123
Dans cet essai, il s'agit de comprendre pourquoi la prévalence de la langue est avant tout un outil du pouvoir afin de discréditer toute forme d'émancipation langagière et donc politique. En France, la " langue française " a été construite par une élite à partir du XVIIe siècle afin de devenir à la fois un objet de culte national et un instrument de domination sociale. Ainsi homogénéisée, fixée, sacralisée, la notion de langue a totalement évincé une autre manière d'envisager le langage et les pratiques langagières, définissables à travers le terme de parole. Au nom de sa domination, " la langue " a entraîné des hiérarchisations visant à dévaloriser des formes non institutionnalisées ou non écrites auxquelles on a collé des étiquettes telles que patois, dialectes, pidgins, mélanges, petit-nègre, etc. Bien entendu, ces hiérarchies ont été exportées pendant la colonisation afin d'imposer la langue supposée " civilisée " du colon face aux langues africaines uniquement appréhendées à l'aune de cette vision politique du langage : sans écriture, sans complexité, sans flexion, les langues africaines n'étaient pas considérées comme de vraies langues. Pourtant " kan " en bambara, ou " làkk ", en wolof, ne désigne pas plus la " langue " que " le parler " ou toute autre manière de communiquer dont dispose un ensemble de personnes afin de vivre, de philosopher ou de créer, à un moment donné dans un espace donné... C'est à une tout autre façon de penser le langage que nous portent les pratiques langagières. Observer la vie du langage en société à partir de la notion de " parole " change la manière même d'appréhender la société et l'histoire. A travers les particularités liées aux interactions, aux dialogues, aux échanges que suppose ce terme, nous souhaitons inverser la perspective : parler est avant tout un outil d'émancipation, et c'est ce qui dérange actuellement les tenants de ce que certains nomment la " novlangue ". En cheminant à travers l'éclosion d'une parole libre en 1968 ou plus récemment en 2019-2020 avec les Gilets Jaunes, jusqu'à l'invention d'une parole libre notamment avec l'exemple du nouchi de Côte-d'Ivoire, ce livre se veut un retour à la parole comme force vive des rapports humains face aux rapports de pouvoir qu'instaure " la " langue. Enfin, un dernier détour par l'examen de l'imposition d'un discours managérial à dominante autoritaire nous permettra de comprendre pourquoi la prévalence de la langue est avant tout un outil du pouvoir afin de discréditer toute forme d'émancipation langagière et donc politique.
Les discours coloniaux français sur les pratiques langagières en Afrique procèdent de l'idée selon laquelle la langue devrait servir l'unification d'un Etat-nation, considéré comme le seul modèle de société moderne. Ces discours s'articulent autour de deux injonctions. La première commande l'évincement des langues africaines au profit de la langue coloniale. La seconde fait de la notion-même de "langue" un objet de valorisation sociale ; elle se traduit par une tentative de standardisation des langues africaines et l'instauration de l'école de type européen comme seul moyen d'instruction, de culture et d'élévation sociale. Mais cette politique coloniale a fait l'objet de fortes résistances. La plupart des pays colonisés par la France n'ont jamais abandonné la multitude d'autres langues qu'ils pratiquaient. Et à la différence de ce qui s'est passé en France métropolitaine, ils n'ont jamais cessé d'appréhender le langage comme une élaboration intrinsèquement hétérogène de pratiques langagières placée sous le signe de la création, de l'inventivité et du plaisir du jeu avec les mots. Pour Cécile Canut, saisir un tel mouvement implique de penser autrement notre rapport au langage, en renonçant à se demander si les gens parlent conformément à des normes pour chercher à comprendre ce qu'ils font quand ils parlent. Son étude des pratiques langagières et des imaginaires linguistiques d'Afrique de l'Ouest invite à provincialiser non pas seulement la langue française mais la notion même de "langue" , la "langue standard" imposée comme modèle d'une supposée modernité. Car provincialiser la langue, c'est retrouver la parole, le dialogue et la vie du langage.
Les ouvrages de cette collection ont pour objectif de faciliter l'acquisition et la maîtrise des notions fondamentales du programme. Le but est de faire en sorte que chacun sache "quoi faire", même lorsqu'il pense se trouver face à un obstacle insurmontable. Chaque fiche de ce livre est conçue de la façon suivante : - Quand on ne sait pas ! Les raisons expliquant pourquoi on ne sait pas, avec parfois des rappels de cours et les premières pistes à explorer afin de s'en sortir. - Que faire ? Les méthodes permettant de solutionner le type de problème étudié, assorties des rappels de cours essentiels à leur mise en oeuvre. - Conseils : Les conseils de rédaction et une ou deux astuces pratiques. - Exemple traité : Mise en pratique et en lumière de ce qui a été vu précédemment. - Exercices : Enoncés choisis soigneusement afin de balayer largement le thème étudié, certains étant extraits de sujets de concours. - Pour vous aider à démarrer : Les idées permettant de démarrer sereinement les exercices proposés. - Solutions des exercices : Les solutions complètes et détaillées des exercices.
L'intérêt des travaux sur le mélange des langues (alternance codique ou codeswitching) n'est plus à démontrer. Pourtant ce champ d'étude est apparu bien tardivement en France, le jacobinisme français n'y étant sans doute pas totalement étranger. Tout en essayant de faire le point sur les enjeux théoriques liés à l'appréhension du mélange de langues, les auteurs présentent des études qui sont une illustration de travaux faits en France sur des situations variées s'appuyant sur des corpus issus de différentes zones linguistiques (Maroc, France, Turquie, Pérou, Rwanda, Madagascar et Nouveau-Brunschwick) et portant sur un grand nombre de langues(arabe dialectal, espagnol, turc quetchua, judéo-espagnol, français, chiac, anglais, kinyarwanda, kiswahili, etc.).
Résumé : Des bateaux qui volent ? Avec les Ultims, ces trimarans géants dotés de foils leur permettant de s'élever au-dessus de l'eau, ce rêve insensé devient possible ou presque. Pour la première fois, un ouvrage leur est consacré, sans oublier les hommes, architectes et marins, qui se sont lancés dans cette épopée. "Il faut être monté un jour à bord pour comprendre l'équilibre ténu qui fait craindre la catastrophe à chaque manoeuvre. Il y en a sous le capot, on sent la fureur, l'animal sauvage qui pourrait se cabrer, mais fait tout pour se contenir. Et nous, nous tenir, à tout ce qui ne bouge pas, comme ces barres autour du cockpit. Dans l'attente d'un rodéo inopiné, se planquer derrière le boss à la barre, dont on s'étonne des imperceptibles mouvements. Très vite, une accélération inattendue, latérale, déstabilisante, même pour qui connaît le comportement habituel de ces bateaux volants. Toute cette énergie à dompter pour ne pas la subir... Regarder vers le bas, entre les filets, cet Atlantique qui défile à Mach 2, tranché par des foils qui le fendent et soulèvent les coques. Retenir son souffle à chaque virement de bord. Une heure et demie pour faire 90 km. Sur un voilier classique, il faut une demi-journée pour parcourir une telle distance... Ce n'est pas pour rien que lorsqu'on est sur un Ultim, les autres bateaux, on les appelle "les piétons"." Patricia Oudit. La longue histoire de l'architecture navale n'avait pas projeté qu'un jour des voiliers immenses s'élèveraient au-dessus des vagues de l'Atlantique ou du Pacifique. Désormais, la chose est constatée. Véritables Formule 1 des mers, les Ultims, ces trimarans géants dotés de foils, vont écrire un chapitre inédit de l'aventure maritime qui ne sera pas sans conséquence sur la façon dont nous concevrons et pratiquerons la voile à l'avenir. Autant se mettre à la page. Ce livre invite donc à mieux comprendre ce que cachent les exploits des marins qui se sont lancés dans cette odyssée, tel François Gabart capable de faire le tour du monde en 42 jours. Il s'agit aussi de mettre en évidence l'exceptionnel travail d'architectes, d'ingénieurs, de techniciens, d'équipes entières vouées à s'affronter dans la course au large et rivalisant aussi de secrets invisibles à l'oeil nu. La voile au point ultime. Un ouvrage dirigé par Olivier Villepreux. Avec des textes de Frédéric Augendre, Dino Di Meo, Antoine Grenapin, Jean-Louis Le Touzet, Patricia Oudit, Pierrick Pourchasse, et les paroles de Franck Cammas, Charles Caudrelier, Thomas Coville, François Gabart, Yves Le Blevec et Armel Le Cléac'h.
Comment lutter dans un monde — le nôtre — qui n'aime rien tant que décréter le bouleversement de tout ? Même les mots paraissent devoir perdre leur sens. La "révolution" est devenue l'étendard des conservateurs, la régression se présente sous les atours du "progrès", les progressistes sont les nouveaux "réactionnaires", le salaire est un coût, le salariat une entrave, la justice une négociation et le marché une morale. Tout ce détournement n'est pas le travail secret d'une propagande. Il appartient à la dérégulation générale qui fait l'ordre d'aujourd'hui, vidant les mots de leur sens, les euphémisant et prenant appui sur l'ombre creuse qu'il met à leur place. Pour aller contre ce monde, il n'est alors peut-être pas de meilleur moyen que de le prendre aux mots, que de refuser, comme disait Orwell, de capituler devant eux. C'est toute l'ambition de cette série d'ouvrages courts et incisifs, animés d'un souffle décapant : chaque fois, il s'agit de s'emparer d'un mot dévoyé par la langue au pouvoir, de l'arracher à l'idéologie qu'il sert et à la soumission qu'il commande pour le rendre à ce qu'il veut dire.
Si le "dire vrai" et le "faire science" sont vitaux dans nos sociétés traversées par de multiples crises, des controverses sur les innovations technologiques au Covid-19, les mésusages de la science prolifèrent pourtant. Assumant à la fois sa charge polémique et un attachement à la connaissance scientifique pour elle-même, cet essai renoue avec un idéal éthique de la science. La " science " évoque des réalités très contrastées. Le mot est encore doté d'un certain prestige dans les sociétés où sa pratique a été mise en avant à raison. En ce sens, il dénote une recherche de la vérité qui, depuis l'essor des institutions scientifiques modernes tout au long du 19e siècle, n'ont pas cessé d'inspirer des communautés savantes toutes disciplines confondues. Ce sens n'en est pas moins relativisé aujourd'hui, car il sert à tout et n'importe quoi, notamment à faire passer des opinions pour plus vraies qu'elles ne le sont ou à faire prospérer le commerce d'usurpateurs. Sociologue des sciences et techniques, Arnaud Saint-Martin rétablit la pertinence de lieux communs et d'idées fondatrices de la science telle que nous devrions l'entendre. A partir d'exemples choisis, de la pratique de l'astronomie et d'autres sciences, il explique pourquoi il n'a jamais été aussi important de défendre l'établissement de vérités et de connaissances robustes sur le monde qui nous entoure. Cette recherche revêt en plus une grande valeur culturelle et appelle un certain sens du partage, les connaissances scientifiques constituant un patrimoine commun à entretenir quoi qu'il en coûte. On comprendra à la lecture que la défense et illustration de cette recherche sans fin est solidaire d'une politique de la science.
Résumé : Pour sa 8e livraison, Sensibilités interroge les relations que nos sociétés contemporaines entretiennent avec la mort. Qu'elle emporte un être cher ou tue aveuglément, la mort écartèle nos affects et consciences entre des réalités antagonistes que les articles envisagent, chaque fois, à travers des situations incarnées : peau tatouée, vêtement de deuil, minute de silence ou traversée attentive d'un cimetière de quartier, sont quelques-unes des explorations d'un lien aux morts trop souvent pensé, à la suite de Philippe Ariès, comme distancié, médicalisé sinon dématérialisé. Il sera notamment observé comment la chair des vivants souffre de ses morts et montre sa souffrance au regard social pour lui conférer un surcroît de sens. Comment elle se plie à des injonctions de deuil pour accompagner la mémoire des absents, autant que pour retenir en elle les corps disparus.