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Les capitaines du port de la Lune. Bordeaux des Lumières, l'appel du large
Candelon-Boudet Frédéric
MOLLAT
40,00 €
Épuisé
EAN :9782358770293
Je dirais seulement qu'après le port de Constantinople la vue de celui-ci est en ce genre ce qu'on peut admirer de plus beau". Lorsqu'il séjourne dans le port de la Lune en 1721, le duc de Saint-Simon ne tarit pas d'éloges face aux centaines de vaisseaux et à l'activité fébrile faisant de Bordeaux une cité maritime d'envergure. Joseph Vernet, peintre des marines de Louis XV, immortalise quelques décennies plus tard cet affairement portuaire sous le ciel aquitain aux nuances subtiles, laissant échapper quelques rayons de soleil à la lumière chaude réfléchie par la pierre de taille d'une ville devenue, sous l'égide de ses intendants, monumentale. Nombreux furènt au siècle des Lumières les récits et carnets de voyage louant la prospérité bordelaise, l'art de vivre des élites locales ou les embellissements de la cité qu'autorise son expansion et dont les maîtres d'óeuvre sont issus de la fine fleur des architectes du royaume. Les capitaines au long cours, en première ligne dans les échanges accomplis aux Antilles, en Afrique ou sur le continent asiatique au XVIII' siècle, méconnus des Bordelais à la différence des négociants, sont au centre du livre. Il étudie uneprofession longtemps négligée et ressuscite ces navigateurs ayant concouru à la fortune de la capitale de la Guyenne, tout en tirant bénéfice du système esclavagiste dans les colonies et en s'adonnant à une traite négrière en plein essor. Aujourd'hui, l'animation du port de Bordeaux n'est plus qu'un lointain souvenir ; elle conserve toutefois une forte charge symbolique et mémorielle, survivance d'un passé mythifié et représente, pour les historiens, un inlassable terrain de recherche scientifique.
Hélène Samia Lapérade, une Franco-Algérienne vivant d'expédients et de ses charmes, est amoureuse de Raymond Rossi, un juge de paix du milieu. L'intrigue court du 8 février 1960 au 2 juillet 1962. La jeune femme est une figure allégorique d'une décolonisation accouchée au forceps, et de la dérive, de part et d'autre de la Méditerranée, de filles et de fils de la Toussaint déboussolés et bafoués, marinant dans la rancoeur, le ressentiment et l'insupportable ressassement de leurs illusions. Sur le pont du Ville-de-Bordeaux, un navire de la Compagnie générale transatlantique, elle quitte sa terre natale pour disparaître de l'horizon de celles et ceux qui l'ont exploitée et maltraitée. Parvenue sur le sol métropolitain elle s'évapore sans laisser de traces, passée à la trappe de l'empire. Tout en se remémorant certains de ses propres souvenirs, les uns ayant trait à son enfance à Bal el-Oued, les autres à trois années passées comme professeur de français à Biskra, de 1980 à 1983, l'auteur examine un pan douloureux de l'histoire contemporaine de la France, la guerre d'Algérie, un des deux points aveugles de sa conscience collective (avec la période de l'Occupation et du gouvernement de Vichy), lequel continue de travailler ses contradictions, notamment quand la République, confrontée, dans ses institutions, ses principes et son mode de vie à un fondamentalisme et à un terrorisme musulmans, ignore qu'elle a moins mal au monde arabe qu'à l'Algérie, ou, ce qui revient au même, que c'est principalement à travers son rapport à l'Algérie qu'elle souffre du monde arabe.
Résumé : C'est pour célébrer le centenaire de la faculté de médecine et de pharmacie que Jacques Latrille, président de l'université de Bordeaux II à l'époque, proposa à Albert Rèche de retracer l'histoire de la médecine et de la pharmacie bordelaises dans cet ouvrage aujourd'hui réédité. Plus de trente ans plus tard, nous avons demandé à son auteur d'imaginer une deuxième édition en prolongeant de quelques années cette magnifique histoire multiséculaire, où beaucoup d'entre nous trouvent leurs racines. Aidé par les documents rassemblés par des amateurs contemporains, notamment des médecins, Albert Rèche s'est plongé dans ces collections privées, les bibliothèques et les archives pour nous procurer des inédits qu'il nous restitue parfois dans des vestiges, le plus souvent dans le contexte de notre vie quotidienne. Avec tout son talent de journaliste, il nous présente l'histoire comme une rubrique du passé qui lui permet de faire dire aux vieilles pierres, chez nous si merveilleusement conservées, une partie de ce qu'elles ont vu et entendu.
Résumé : Pour Michelet, il était "la voix de la Gironde", son "homme de génie", et encore : "la plus grande âme" de la Révolution. Hugo, Jaurès ne l?aimaient pas moins. "Il était de ces hommes dont on attend tout, même l?impossible", assure Lamartine. Héros aujourd?hui méconnu, éclipsé par les figures antagonistes de Danton et de Robespierre, mais aussi personnalité insaisissable, Pierre Vergniaud eut un rôle décisif dans la chute de la monarchie et les débuts de la République. Quelques mois après avoir prononcé la suspension de Louis XVI puis sa condamnation, il fut guillotiné à son tour, inaugurant par sa mort une année sanglante qui mettrait fin à la Révolution. Né à Limoges en 1753, avocat à Bordeaux, Vergniaud fut, de l?avis de ses contemporains, "l?orateur le plus éloquent, peut-être, qui se soit fait entendre à la tribune française". Cette puissance oratoire en fit l?un des chefs de file d?une Gironde que les élections de 1791 envoyèrent siéger à Paris, et que la Terreur jacobine transformerait, pour la postérité, en un vaste parti. Vergniaud mena la gauche de l?Assemblée législative, contre Feuillants et royalistes. Il fut parmi la droite de la Convention, face à la Montagne, contre la dictature de la Commune et l?anarchie. Première victime de la Terreur, accusé de royalisme et de fédéralisme avec plusieurs députés de ses rangs, envoyé à l?échafaud en octobre 1793, il se trouva réhabilité par la réaction thermidorienne, exalté par le romantisme, puis violemment dénigré par l?historiographie marxiste, pour finir généralement oublié. Ce livre rassemble pour la première fois la grande majorité des discours de Vergniaud dans leurs versions intégrales. Alternant chapitres historiques et textes originaux, il tente d?en éclairer le contexte et de rendre compte de la polyphonie révolutionnaire. Du premier mandat de Vergniaud, en octobre 1791, à son arrestation en juin 1793, il retrace ainsi le parcours d?un homme dont on ignore qui il fut en dehors de la tribune, une existence politique qui ne dure pas deux ans, essentiellement oratoire, du radicalisme révolutionnaire à la modération républicaine. L?histoire s?y lit, celle de la Gironde, celle de la Révolution.